Quelque 200 migrants se seraient noyés

Londres — Les quelque 370 migrants qui ont survécu au naufrage d’un navire de pêche plus tôt cette semaine ont indiqué aux enquêteurs qu’environ 200 personnes se sont probablement noyées dans la Méditerranée après avoir été enfermées dans la cale par les passeurs.

Les survivants sont arrivés jeudi en Sicile à bord d’un navire de la marine irlandaise. La police italienne a déclaré vendredi que leurs récits confirment des informations préliminaires selon lesquelles environ 600 personnes s’entassaient à bord du navire de 20 mètres.

La police croit maintenant que 650 migrants se trouvaient à bord quand il s’est renversé mercredi, au moment où les secouristes arrivaient sur place. Vingt-six corps ont été repêchés.

La police dit que cinq passeurs présumés — des Libyens et des Algériens — ont été arrêtés parmi les survivants, jeudi à Palerme. Ils sont soupçonnés d’appartenir à une organisation criminelle établie en Libye.

« Certains témoins disent que ces criminels présumés avaient chacun un rôle précis, peut-on lire dans le communiqué de la police italienne. Trois d’entre eux commandaient le navire ; les autres devaient contrôler les migrants, en les empêchant de se déplacer, même en ayant recours à la violence. »

Ces cinq individus « ont possiblement causé la mort confirmée de 26 personnes et la mort présumée d’environ 200 autres qui, selon des témoins, avaient été enfermées à bord du navire qui s’est renversé », ajoute la police.

Manque de sécurité ?

 

Par ailleurs, les autorités britanniques tentent de déterminer comment un migrant soudanais a pu franchir à pied la quasi-totalité des 50 kilomètres du tunnel sous la Manche, sans être repéré.

L’homme de 40 ans, Abdul Rahman Haroun, était parti de Calais, en France. Il fera maintenant l’objet de diverses accusations.

Il a vraisemblablement réussi à déjouer les gardiens de sécurité qui surveillent l’entrée du tunnel et à échapper à des centaines de caméras de surveillance avant d’être finalement intercepté par des gardiens britanniques mardi, près de Folkestone.

Les responsables du tunnel estiment que cette intrusion est extrêmement dangereuse, puisque les trains qui circulent sous la Manche atteignent une vitesse de 160 kilomètres/heure.

 

Les autorités ont resserré les mesures de sécurité pour empêcher les milliers de migrants qui se massent à Calais de traverser le tunnel pour rejoindre le Royaume-Uni.

L’Union européenne a demandé aux États membres, vendredi, de respecter les engagements pris de fournir des avions et d’autres équipements pour permettre à l’agence frontalière Frontex de surveiller les migrants qui tentent d’entrer en Grèce et en Hongrie.

Les leaders européens se sont engagés en avril à tripler le budget de Frontex et à lui fournir l’équipement nécessaire pour répondre aux milliers de migrants qui affluent vers l’Europe. Frontex a dit vendredi que 50 000 migrants sont entrés sur le territoire de l’UE en juillet par la Grèce, contre 41 700 l’an dernier, ce qui en fait le point d’accès le plus ciblé par les migrants. Les réfugiés arrivent principalement de Syrie et d’Afghanistan.

Un responsable de Frontex a prévenu que l’agence peinera à aider la Grèce et la Hongrie si elle ne reçoit pas l’aide promise. La Hongrie érige actuellement une clôture haute de quatre mètres le long de sa frontière avec la Serbie, pour empêcher les migrants d’entrer sur son territoire. Le projet devrait avoir été complété le 31 août.

L’Organisation internationale pour les migrations a dit vendredi que plus de 192 000 migrants étaient arrivés en Europe par la mer en date du 6 août.

Enfin, une nouvelle vidéo produite par le gouvernement allemand prévient les migrants que leurs chances d’obtenir l’asile sont très minces et qu’ils devront débourser les frais de leur rapatriement. Les autorités allemandes espèrent que la vidéo de quatre minutes sera diffusée en Albanie, en Bosnie, au Kosovo, en Macédoine, au Monténégro et en Serbie. Les images montrent des migrants être placés à bord d’un autobus de la police puis sur un vol pour rentrer chez eux.

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