La Grèce souffre

Depuis Athènes, où il a séjourné comme observateur de la crise socio-économique, foulant les rues avec les militants grecs, Gabriel Nadeau-Dubois écrit un texte exclusif au Devoir.

On ne s’habitue jamais vraiment à la misère, mais avec le temps, les sociétés apprennent à l’administrer. « Nous avons appris à gérer la pauvreté », raconte Theodora Kotsaka, politologue. « Mais la précarité reste une réalité concrète pour une partie importante de la population grecque. » Il y a une dizaine de jours, preuve que le désespoir et l’austérité font encore des victimes, une mère de 68 ans et son fils de 32 ans se sont suicidés. Pris à la gorge, fatigués de se battre pour le peu de dignité qu’il leur restait encore, ils se sont jetés, ensemble, du haut de leur appartement. Les apparences sont parfois trompeuses : la Grèce souffre.

Venetia, 22 ans, fait partie d’une génération qui sait que son avenir est sombre et qui a décidé de rester pour se battre. À l’été 2011, lorsque sa famille a été happée de plein fouet par les mesures d’austérité imposées par la troïka, elle est descendue dans les rues avec des milliers d’autres Grecs de tous les âges et de tous les milieux, occupant les places publiques pendant des semaines. Depuis, elle n’a plus jamais arrêté de militer. Membre de l’aile gauche de Syriza, elle critique sévèrement son chef, Alexis Tsipras : « Il sous-estime le peuple grec. Dans chaque maison, il y a un chômeur. Nous sommes prêts à faire ce qu’il faut pour sortir de la politique des mémorandums. »

Un texte à lire dans notre édition de demain samedi.

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