Les ingérences du prince Charles en politique

Le prince Charles, héritier de la couronne, ici dans son rôle de colonel en chef du régiment canadien des Black Watch. Selon la hiérarchie royale, Charles doit devenir le prochain roi du Canada. 
Photo: Archives Le Devoir Le prince Charles, héritier de la couronne, ici dans son rôle de colonel en chef du régiment canadien des Black Watch. Selon la hiérarchie royale, Charles doit devenir le prochain roi du Canada. 

Après dix ans de bataille judiciaire, le gouvernement britannique a finalement rendu publiques mercredi des lettres confidentielles du prince Charles adressées au gouvernement de Tony Blair.

Pour le journal The Guardian, qui réclamait ces documents, les lettres de l’héritier du trône révèlent son penchant pour les archaïsmes, une tendance à faufiler des points supplémentaires et un ton volontairement dépréciatif qui ne l’empêche pas de donner la leçon aux ministres importunant.

Depuis 1689, la Déclaration des droits impose en Angleterre une limite à la monarchie au profit d’un régime de monarchie parlementaire. Il est convenu implicitement que la monarchie ne se mêle pas du contrôle de l’État.

Ces lettres promettaient d’être embarrassantes pour l’héritier qui doit en principe observer une neutralité face aux affaires de l’État.

De quoi parlent les lettres du prince Charles adressées à des membres du gouvernement ? La pêche illégale, le régime alimentaire dans les écoles, la rénovation de bâtiments historiques, et le sort des albatros figurent au nombre des sujets traités parmi la trentaine de lettres échangées avec Tony Blair et sept de ses ministères, entre 2004 et 2005.

Dix de ces lettres ont été écrites par le prince Charles, quatorze par les membres du gouvernement Blair et trois par des secrétaires.

« La correspondance publiée aujourd’hui reflète l’étendue des inquiétudes et des intérêts du prince de Galles pour son pays et le monde en général », a immédiatement réagi le service de presse du fils aîné d’Elizabeth II.

Le quotidien The Guardian note que le Prince Charles s’exprimait presque exclusivement au sujet de « questions qui lui tiennent notoirement à cœur ».

C’est en 2005, que le Guardian avait essayé d’en savoir plus sur le contenu des échanges du prince Charles avec Tony Blair et sept ministères, dont ceux de la Santé, de l’Environnement et de la Culture.

La justice a d’abord donné son feu vert avant que le procureur général ne s’y oppose en 2012. En mars dernier, la Cour suprême britannique en a finalement autorisé la publication contre l’avis de l’actuel gouvernement qui avait mis son veto.

Mercredi matin, un porte-parole du gouvernement a confirmé que le premier ministre conservateur David Cameron n’avait pas changé d’avis et qu’il allait faire en sorte que son veto s’impose à l’avenir sur de telles publications.

 

6 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 13 mai 2015 17 h 13

    Image surréaliste

    Charles aux grandes oreilles ne sera jamais roi. Je pense qu'il va passer la main à son fils si, comme c'est plausible, sa mère vit aussi longtemps que la sienne. Et elle ne renoncera probablement jamais à ses fonction de potiche officielle.

    • Loraine King - Abonnée 13 mai 2015 19 h 29

      La reine ne peut renoncer, et Charles ne peut pas passer la main à son fils sans l'autorisation du parlement.

  • Loraine King - Abonnée 13 mai 2015 18 h 31

    Un gros mot

    "Ingérence" semble être un bien gros mot pour qualifier la correspondance entre le prince et le gouvernement.

    La reine ne donne pas une audience au premier ministre tous les mercredis pour lui parler de la santé de ses corgis. Non seulement la famille royale a le droit mais elle a une obligation d'exprimer ses opinions au gouvernement sur les affaires du pays.

    Ce que la famille royale ne peut pas faire c'est participer activement à la vie politique. Les membres de la famille royale ne peuvent pas se porter candidat à une élection. Ils ne peuvent pas non plus s'exprimer publiquement sur des projets de loi à l'étude, ou des lois adoptées par le parlement, ou exprimer une préférence envers un parti etc.

  • - Inscrit 13 mai 2015 18 h 55

    En Angleterre...

    ... les membres de la famille royale sont les seuls Anglais à ne pouvoir faire de la politique (participer aux débats, se présenter aux élections ...).

    Le prince Charles deviendrait, dans l'order monarchique, Charles III. Or, Charles II, pour avoir trop fait de politique a subit un sort que Charles III ne peut envier !

    • Loraine King - Abonnée 13 mai 2015 21 h 21

      Après sa défaite contre Cromwell (bataille de Worcester), Charles II trouva refuge sur le continent, en France, entre autre.

      Après l'instauration de la république, Cromwell devint un dictateur redoutable, détesté par le peuple. Cromwell mourru de causes naturelles. Le peuple était tellement insatisfait de la république que le parlement demanda à Charles II de revenir en Angleterre en tant que roi. Charles II fit un retour triomphal. On le surnommait The Merry Monarch, tant pour son caractère jovial que pour le soulagement que ressentit la population suite au retour de la monarchie.

      C'est plutôt Cromwell qui a subi un sort que personne ne peut envier. En 1661, trois ans après son décès, le parlement ordonna que la dépouille de Cromwell soit exhumée pour lui faire subir un procès; condamné, son cadavre fut pendu, sa tête coupée et accrochée au Palais de Westminster pendant 25 ans. Puis la tête de Cromwell fut frappée par la foudre. Elle fut vendue, maltraitée, oubliée jusqu'à ce qu'on la retrouve en 1960.

      http://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%AAte_d|#

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 13 mai 2015 19 h 31

    Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas.

    habituéEs que nous sommes à d'autres écritures de la part de ce journaliste...toute une surprise aujourd'hui...Mais ce qui m'a fait rire, en lisant la phrase sous la photo, c'est ceci:"... le prince Charles doit devenir le prochain roi du Canada".

    C'était peut-être une prédiction de Nostradamus...