Seize pays veulent relancer l’étiquetage des produits des colonies israéliennes

Bruxelles — Seize pays européens veulent que l’Union européenne « remette sur le métier » l’étiquetage de produits provenant des colonies israéliennes, a-t-on appris jeudi de source diplomatique, confirmant une information du journal israélien Haaretz.

« Nous vous remercierions de prendre la main au sein de la Commission, afin de terminer ce travail important sur l’étiquetage de produits des colonies », ont écrit les ministres des Affaires étrangères de 16 pays à la chef de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini. Parmi eux la France, le Royaume-Uni, l’Italie, l’Espagne et la Belgique, mais pas l’Allemagne.

Ils lui rappellent que « ceci est un pas important pour mettre en oeuvre la politique de longue date de l’UE », à savoir « la solution des deux États » israélien et palestinien.

« L’expansion permanente des colonies illégales israéliennes dans les territoires palestiniens occupés, et dans d’autres territoires occupés par Israël depuis 1967, menace la perspective d’un accord de paix final et juste », écrivent les ministres dans leur courrier, reproduit par Haaretz.

La Suède, l’Autriche, Malte, l’Irlande, le Portugal, la Slovénie, la Croatie la Finlande, le Danemark, les Pays-Bas et le Luxembourg sont également signataires.

La loi

 

À plusieurs reprises en 2012, les États membres de l’UE avaient publiquement affirmé leur intention d’appliquer pleinement la législation européenne et les accords bilatéraux concernant les biens produits dans les colonies, une initiative jugée discriminatoire par Israël.

« On ne peut pas faire commerce de produits qui viennent de territoires illégalement occupés », a estimé jeudi un diplomate européen, selon lequel ce courrier illustre « la détermination des Européens à mettre en oeuvre ce qui avait été convenu dès 2012 ». L’idée est d’inviter la Commission européenne, compétente en la matière, « à remettre la question sur le métier », a précisé une source diplomatique.

« Il faut prendre ces mesures », a plaidé le diplomate européen, soulignant que « la situation sur le terrain n’aide pas à faire oublier l’étiquetage », alors que les colonies ne cessent de grignoter du terrain en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est annexée.

Dans leur lettre, les ministres estiment qu’il faut « faire en sorte que les consommateurs ne soient pas trompés par de fausses informations. Les consommateurs européens doivent avoir confiance et connaître l’origine des produits qu’ils achètent ».

Selon un rapport d’ONG publié en 2012, l’UE importe chaque année 15 fois plus de biens en provenance des colonies israéliennes que des Territoires palestiniens.

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