La droite se démarque au premier tour

Des partisans du Front National, à l'annonce des résultats, dimanche soir. 
Photo: Boris Horvat Agence France-Presse Des partisans du Front National, à l'annonce des résultats, dimanche soir. 

L’opposition de droite de l’ex-président Nicolas Sarkozy est sortie vainqueur dimanche en France du premier tour d’un scrutin départemental, faisant échec au pari de l’extrême droite de s’afficher première force du pays, deux ans avant la prochaine présidentielle.

La gauche au pouvoir a mieux résisté que prévu mais le Parti socialiste (PS) du président François Hollande essuie un quatrième revers de suite, après les municipales, les européennes et les sénatoriales de 2014.

Le scrutin est considéré comme un avant-dernier tour de chauffe avant des régionales fin 2015 et la présidentielle de 2017.

« L’alternance est en marche, rien ne l’arrêtera », a clamé M. Sarkozy. « Si nos compatriotes se sont massivement détournés de la gauche, c’est parce qu’ils ont le sentiment que, depuis trois ans, on ne cesse de leur mentir », a-t-il estimé.

« Les formations républicaines ont tenu leur place, l’extrême droite n’est pas la première formation politique de France », a noté le premier ministre socialiste Manuel Valls, en se réjouissant que les Français aient voté « plus que prévu ».

 

L’UMP et UDI en tête

Le parti UMP dirigé par Nicolas Sarkozy, et ses alliés centristes de l’UDI, sont arrivés en tête avec entre 29,7 % et 32,5 % des suffrages, selon les estimations des instituts de sondage. L’ensemble des listes de droite (UMP-UDI et divers droite) recueillerait 36,3 % à 40,3 % des voix.

Les socialistes et leurs partenaires à gauche oscillaient entre 23,2 % et 31,7 %, mais le PS seul n’a obtenu qu’entre 19,7 % et 24 % des voix.

Le Front national (extrême droite), crédité avant le scrutin d’au moins 30 % des intentions de vote par les instituts de sondage, n’a recueilli finalement qu’environ un quart des votes, entre 24,5 % et 26,4 %, selon les mêmes sources.

Manuel Valls a appelé « tous les républicains à faire barrage à l’extrême droite au deuxième tour », dimanche prochain, pour lequel le parti de Marine Le Pen devrait être qualifié dans de nombreux cantons, la plupart du temps face à des adversaires de droite.

La dirigeante a répliqué en estimant qu’au vu du score du PS, le chef du gouvernement, qui s’était investi dans la campagne en tirant à boulets rouges contre le FN, devrait « avoir la décence de remettre sa démission ».

« Le FN réussit l’exploit de dépasser son score des européennes [24,85 %] », a-t-elle affirmé, en se félicitant que son parti « s’enracine élection après élection » en France.

Alliances troubles

À droite, Nicolas Sarkozy a affirmé que l’UMP et ses alliés ne concluront « aucun accord local ou national avec les dirigeants du FN ». Là où les candidats de l’UMP « ne seront pas présents au second tour », le parti « n’appellera à voter ni pour le Front national ni pour la gauche », a-t-il précisé.

Le scrutin de dimanche a été marqué par une forte abstention, estimée autour de 50 %, mais la participation a été supérieure à celle des européennes de 2014 et du précédent scrutin local comparable en 2011.

La mobilisation plus forte des électeurs n’a pas profité à l’extrême droite, qui a échoué dans son ambition d’arriver en tête du scrutin pour la deuxième fois en moins d’un an après les européennes.

Le FN caracolait en tête depuis plusieurs mois dans les sondages pour ces départementales, mais l’écart avec l’UMP s’était resserré au cours des derniers jours, au point de mettre les deux formations à égalité à la veille du scrutin.

« Les résultats de ce soir seront le socle des résultats aux régionales », a affirmé dimanche soir Marine Le Pen. La patronne du Front national affiche l’ambition de partir ensuite « à l’assaut de l’Elysée », le palais présidentiel, en 2017.

À la tête d’une soixantaine de départements sur 101, la gauche divisée (socialistes, écologistes, communistes) est menacée d’en perdre près d’une trentaine.

L’UMP devrait profiter au second tour d’un report de voix de gauche pour contrer l’extrême droite et rafler la mise avec ses alliés centristes. « Dans un grand nombre de départements, les conditions d’un basculement massif en faveur de la droite républicaine et du centre sont réunies », a estimé Nicolas Sarkozy.

Le Front national, mené par Marine LePen, espérait un triomphe dimanche. Le parti a recueilli au final environ un quart des voix, entre 23 % et 26,3 %.
L’opposition de droite de l’ex-président Nicolas Sarkozy est sortie vainqueure du premier tour, faisant échec au pari du FN de s’afficher première force du pays.
Le Parti socialiste (PS) du président François Hollande essuie un quatrième revers de rang, après les municipales, les européennes et les sénatoriales de 2014.