Des journalistes à l’origine des vols de drones

Paris — Les trois journalistes travaillant pour la chaîne de télévision qatarie al-Jazira, en garde à vue depuis mercredi après avoir fait voler un drone à Paris, ont été relâchés jeudi, a-t-on appris de source judiciaire.

Un seul, le pilote du drone, sera convoqué devant le tribunal la semaine prochaine pour entendre sa condamnation dans le cadre d’une procédure de « plaider coupable », a-t-on précisé de même source. Les survols de drones sans autorisation sont interdits à Paris.

Aucune poursuite n’a été engagée contre ses deux confrères arrêtés avec lui dans le Bois de Boulogne, près de Paris, selon la même source, qui a précisé que les gardes à vue des trois hommes — deux Britanniques et un Belge — avaient été levées jeudi matin.

Ces interpellations sont intervenues alors que la police française est en alerte depuis l’automne avec une multiplication de survols mystérieux par des drones de sites nucléaires (centrales, base militaire stratégique), de la présidence française.

Lundi et mardi, pendant deux nuits consécutives, des vols de drone au-dessus de Paris ont été signalés, donnant lieu à l’ouverture d’une enquête par la justice française.

« Aucun lien n’existe entre ces arrestations » au Bois de Boulogne des journalistes travaillant pour al-Jazira « et les survols des nuits précédentes », avait toutefois indiqué mercredi une source proche du dossier.

En reportage

Les trois journalistes, dont l’identité n’a pas été révélée, âgés de 34, 52 et 68 ans, avaient été interpellés mercredi vers 15h30 locales.

Le premier, un Britannique qui appartient au bureau de Paris d’al-Jazira, s’était fait remettre en novembre le drone par le bureau de Londres de la chaîne de télévision. Il avait recruté les deux autres reporters, des indépendants, pour les besoins de ce reportage. C’est lui qui pilotait le drone, tandis que l’un de ses confrères filmait l’engin et que le troisième devait parler dans le reportage. Le drone a été saisi.

« Notre équipe à Paris tentait d’illustrer un reportage sur les drones civils qui sont largement disponibles » sur le marché, a expliqué al-Jazira dans un communiqué. « Al-Jazira est fière de la fiabilité de sa production et s’efforce constamment de fournir une information complète et son contexte à son public », a-t-elle ajouté.