«Charlie Hebdo», dernier rempart de nos libertés

En 2007, Élisabeth Badinter fit partie des rares intellectuels à oser défendre l’hebdomadaire satirique.
Photo: Éric Piermont Agence France-Presse En 2007, Élisabeth Badinter fit partie des rares intellectuels à oser défendre l’hebdomadaire satirique.

En 2007, lors du procès intenté par des organisations musulmanes à Charlie Hebdo, la philosophe Élisabeth Badinter fit partie des rares intellectuels à oser défendre l’hebdomadaire satirique. Dès cette époque, on entendait murmurer, comme aujourd’hui, que Charlie Hebdo l’avait bien cherché. Bref, qu’il y avait des limites à la liberté d’expression.

« À l’époque, j’avais été terriblement frappée d’entendre autant d’hommes politiques condamner Charlie Hebdo, dit-elle. À gauche comme à droite, on traitait les caricaturistes d’irresponsables. Moi, en toute naïveté, vivant dans ma bulle du XVIIIe siècle avec Voltaire, je me suis dit que les politiques étaient devenus fous. C’est là que j’ai compris qu’on était vraiment seuls. »

Élisabeth Badinter n’en revenait tout simplement pas, que dans le pays de Voltaire, Charlie Hebdo se retrouve seul devant les tribunaux. Car, dit-elle « en France, on publie des caricatures depuis toujours. C’est notre tradition ».

Sitôt terminée la gigantesque manifestation du 11 janvier, en France comme au Québec, les mêmes murmures se sont remis à monter. La liberté d’expression n’avait-elle pas des limites ? Et Charlie n’avait-il pas exagéré ? « C’est là que je me suis dit qu’on n’avait vraiment rien compris, dit la philosophe. Car, dans une société démocratique et républicaine, on a le droit de blasphémer. »

Pas de limite pour les idées

Selon la spécialiste des Lumières, « la liberté d’expression ne doit connaître aucune limite lorsqu’il s’agit des idées. Il est évidemment interdit d’attaquer et d’insulter des personnes. Mais lorsqu’il s’agit des idées, des idéologies, donc des religions, tout doit être permis. On peut donc se moquer de Mahomet comme du Christ, et Dieu sait que, pour ce dernier, on ne s’en prive pas. »

Pour Élisabeth Badinter, les caricaturistes ont fait la même chose que Voltaire à son époque. Ils ont traité l’islam comme n’importe quelle religion. Jamais Charlie Hebdo n’a ridiculisé l’ensemble des musulmans, comme l’ont reconnu les juges en 2007 en acquittant le journal. Ils n’ont jamais non plus ri d’un génocide, comme le fait régulièrement avec la Shoah un humoriste comme Dieudonné, plusieurs fois condamné pour antisémitisme.

« Ce qu’il faut expliquer continuellement, dit Élisabeth Badinter, c’est que les caricatures peuvent être cruelles, ressenties comme insultantes ou même agressives. Mais, en République, il faut apprendre à supporter même ce qui ne nous fait pas plaisir. Sinon, où cela s’arrêtera-t-il ? »

Élisabeth Badinter a évidemment constaté la censure qui s’est abattue sur ces mêmes caricatures dans le monde anglo-saxon, où pratiquement aucun média ne les a publiées. La semaine dernière, la journaliste Caroline Fourest a même été bâillonnée sur Sky News lorsqu’elle a brandi le dernier numéro de Charlie Hebdo.

« Finalement, il n’y a pas tellement de pays où on a le droit de blasphémer, déplore la philosophe. Les médias anglophones sont plus communautaristes que voltairiens. Pour eux, la communauté est sacrée. Quitte à céder au chantage, on ne doit pas la choquer. À nouveau, je voudrais savoir où ça s’arrête. »

Et les salafistes ?

Au fond, ce qui surprend le plus la philosophe dans les récents événements, c’est la rapidité avec laquelle, depuis 2007, on est passé de la menace au meurtre. « La haine est montée tellement vite. Il y a là quelque chose que nous n’avons pas compris. Car, il faut être lucide, ces assassins sont aussi de jeunes convertis qui habitent la Creuse et qui viennent d’honnêtes familles françaises. Ça, je n’y croyais pas. »

Élisabeth Badinter est aussi préoccupée de ce qui se passe dans certaines écoles de banlieue, où des élèves ont boycotté la minute de silence qui a suivi les attentats. « Lorsque des enfants s’opposent à ce point à la loi commune en refusant de chanter la Marseillaise, ils font un geste de solidarité avec leurs parents. C’est donc que, chez eux, on pense exactement le contraire de la communauté nationale. »

La philosophe s’inquiète de plus qu’on n’ait pratiquement pas prononcé le mot salafisme depuis deux semaines. Or, dit-elle, l’intégrisme musulman est le terreau sur lequel se développe la violence. « Les salafistes ne sont évidemment pas tous des terroristes en puissance. Mais ils sont l’intermédiaire entre une religion musulmane qui s’accorde avec la République et ceux qui franchissent le pas vers le terrorisme. » À Chanteloup-les-Vignes, où la crèche laïque Baby-Loup a été persécutée par les islamistes avant de déménager, ce sont les salafistes qui avaient pris le contrôle de la nouvelle mosquée.

Pour combattre ces idées, il eût fallu d’abord ne rien céder, estime Élisabeth Badinter. Or, dit-elle, « nous avons beaucoup cédé. » La philosophe situe le début de cette capitulation à Creil, en 1989, quand deux jeunes filles s’étaient présentées voilées devant leur collège. La direction, qui avait jugé cette marque religieuse incompatible avec un établissement laïque, avait été désavouée par le ministre de l’Éducation, Lionel Jospin. Avec Régis Debray, Alain Finkielkraut et Catherine Kintzler, Élisabeth Badinter avait signé une lettre ouverte pour soutenir les professeurs.

La gauche coupable

« Je peux vous dire qu’à l’époque, la gauche nous a vomi dessus parce qu’elle était communautariste et croyait que nous étions des intolérants racistes. À l’époque, on ne disait pas encore islamophobe. C’est la gauche, qui s’était pourtant battue pour la laïcité, qui a mis la première le genou en terre au nom de la tolérance. Je pense qu’il y a beaucoup de mauvaise conscience dans cette attitude. Si des intégristes catholiques avaient brandi des croix dans les écoles, il n’y aurait pas eu la même pudeur. »

Ce faisant, Élisabeth Badinter n’hésite pas à reconnaître que la gauche a fait un énorme « cadeau » au Front national. « C’est Marine Le Pen qui s’est emparée de ce thème qui appartenait traditionnellement à la gauche. Jamais son père n’en avait parlé. »

Depuis, la philosophe constate le développement d’un nouvel antisémitisme dans les banlieues françaises. Une réalité attestée par plusieurs enquêtes. « C’est la première fois depuis la guerre qu’on entend “mort aux Juifs” dans des manifestations », comme ce fut le cas à Sarcelles et à Paris en juillet dernier.

Aujourd’hui, selon Élisabeth Badinter, la mauvaise conscience à l’égard des musulmans est telle qu’on les a transformés en intouchables. « Dès qu’on s’interroge sur l’islam, on est immédiatement taxé d’islamophobe, de raciste et de salaud. Les seuls qui peuvent parler, ce sont des hommes et des femmes originaires des pays musulmans. Eux, on ne peut pas les traiter de racistes. Et encore. »

Mais les gigantesques manifestations qui ont suivi l’attentat ne lui redonnent-elles pas espoirs ? « Oui, ça fait du bien. Il est rare de se sentir une patrie comme ce fut le cas ce jour-là. Je m’attends à un sursaut. Mais il faut du temps pour que les écoles et les professeurs fassent mieux leur travail. J’ai peur que d’ici là, le soufflé soit retombé. »

Élisabeth Badinter en cinq dates

1944 L’arrière-petite-fille d’Édouard Vaillant, député socialiste et communard, naît à Boulogne-Billancourt.

1972 Elle est agrégée de philosophie.

1980 L’amour en plus, une histoire de l’amour maternel l’impose comme une des voix majeures du féminisme français.

1989 Elle signe avec Régis Debray, Alain Finkielkraut, Élisabeth de Fontenay et Catherine Kintzler le manifeste intitulé Foulard islamique : « Profs, ne capitulons pas ! ».

2003 Dans Fausse route, elle fustige un féminisme victimaire.
32 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 19 janvier 2015 05 h 09

    Merci Monsieur Rioux pour ce texte

    Je suis Charlie.
    Pourtant, je n'ai jamais apprécié le contenu du journal Charlie Hebdo. Celui-ci, que je n'ai acheté que deux fois "pour voir", m'a toujours semblé d'un goût discutable de traitement.
    J'ai donc toujours choisi de ne pas adhérer au genre d'humour qu'il s'y faisait, en le privant simplement de mon argent.
    Toutefois, non seulement je refuse le meurtre en réponse pour n'importe quelle opinion, mais il en est de même de la simple menace.
    La liberté d'expression ne doit avoir comme limite, que l'incitation à la haine ou au crime. Et encore, par des condamnations pénales jamais capitales.
    On ne fait jamais pousser un arbre en lui tirant dessus, au sens propre comme au figuré.
    Alors oui, moi aussi je suis Charlie.
    Charlie, libre d'aimer ou pas Charlie Hebdo, mais refusant qu'on tente de tuer ces autres Carlie qui, lorsqu'ils irritent mes convictions, défendent à leur manière ma propre liberté.
    Celle-là qui, justement, me fait condamner tous ceux qui délirent sur la foi ou sur la justification de l'assassinat.
    Ni le mauvais goût, ni l'irritation d'un blasphème ne peut justifier les actes commis et dont il est question.
    Les gens qui "comprennent" les meurtriers, devraient clairement se questionner mieux sur leur niveau de connaissances réelles, plutôt que de se contenter de se réfugier dans une apparence d'intelligence qu'apportent les stéréotypes et la théorie du complot. Individus généralement auto-proclamés lucides au début de leur discours et surtout, très rapidement manipulés par des groupes qui sont toujours extrémistes et racistes.
    Que leurs racisme et extrémisme soient discrets, maquillés ou bien ouvertement revendiqués, la chose n'y change rien. Rien, sauf la catégorie de personnes qui se fait prendre aux pièges par les groupes en question : individus soucieux ou pas de paraître tolérants aux yeux des autres. Pour quelques-uns, se donnant même inhumainement fierté d'être intolérants...
    Merci de m'avoir lu.

  • Jocelyne Lapierre - Inscrite 19 janvier 2015 06 h 34

    Le phare

    Chaque fois que je sens le désespoir m'envahir face à la désinformation et aux mensonges véhiculés par les médias contrôlés par une propagande culpabilisante et aliénante, je ressens un très grand soulagement en lisant les articles de Christian Rioux, entre autres. Tel un phare éclairant le rivage, il nous montre que nous ne sommes pas seuls, que nous avons encore la possibilité d'éviter le naufrage. Une fois de plus, merci monsieur Rioux.

  • Robert Beauchamp - Abonné 19 janvier 2015 07 h 14

    Et le Kébec

    Les caricaturistes québécois ont manifesté le même esprit républicain en solidarité avec leurs collègues français. Les journaux francophones n'ont pas hésité à manifester dan cette mer anglo-saxonne qui a pratiqué une auto-censure honteuse, allant même jusqu'à condamner la manifestation de cette libetté d'expression pourtant enchassée dans la constitution canadienne.. Cet événement vient confirmer par sa spontanéité et son ampleur, que nous sommes vraiment différents face à de mèmes événements. Une tolérance curieusement et souvent réclamée par les uns mais le plus souvent pratiquée par l'autre.
    Robert Beauchamp

    • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 19 janvier 2015 09 h 30

      Deux grilles de lecture incompatibles.

      « Les médias anglophones sont plus communautaristes que voltairiens. Pour eux, la communauté est sacrée. Quitte à céder au chantage, on ne doit pas la choquer. À nouveau, je voudrais savoir où ça s’arrête. » (Elizabeth Badinter)

      Le responsable de CNN Worldwide,a fait valoir l'argument de la sécurité de ses employés et de la peur des représailles pour ne pas montrer la caricature en page titre du dernier Charlie Hebdo: « D’un point de vue journalistique, nous sentons que nous avons envie et que nous devrions utiliser ces images. Mais de mon point de vue de responsable, la sécurité de nos équipes de par le monde est plus importante pour l’instant.» Ce même argument avait été mis en avant le 12 janvier par le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest. On peut expliquer cette frileuses situation par le fait que beaucoup d'États sont profondément religieux, notamment dans le centre et le sud des États-Unis, contrairement à d'autres États du Nord-est et de la côte du Pacifique. En général, les athées sont encore stigmatisés dans la société américaine.

      Dans les journaux britanniques, cette même frilosité relève plutôt du fait que la reine est aussi le chef suprême de l'église anglicane, l'exemple vient de haut. Difficile de séparer l'Eglise de l'État. Il n'y a pas de tradition ni de culture laïques en Angleterre, même si Voltaire y a bien séjourné, en exil, pendant un peu plus de deux ans.
      Jeanne Mance Rodrigue

    • Sylvain Auclair - Abonné 19 janvier 2015 09 h 53

      Pas si sûre, cette liberté d'expression. En effet, le code criminel dit:

      296. (1) Est coupable d’un acte criminel et passible d’un emprisonnement maximal de deux ans quiconque publie un libelle blasphématoire.
      (2) La question de savoir si une matière publiée constitue ou non un libelle blasphématoire est une question de fait.
      (3) Nul ne peut être déclaré coupable d’une infraction visée au présent article pour avoir exprimé de bonne foi et dans un langage convenable, ou cherché à établir par des arguments employés de bonne foi et communiqués dans un langage convenable, une opinion sur un sujet religieux.

    • Loraine King - Abonnée 19 janvier 2015 14 h 02

      Madame Rodrigue; Aucune comparaison possible : la France est beaucoup plus frileuse que le Royaume-Uni lorsqu'il s'agit de se moquer de son chef d'état. Vous trouverez en ligne une pluie torrentielle de caricatures de la reine et si vous voulez voir le chef d'état anglais manger toute une volée, je vous suggère la conclusion de l'excellent film Johnny English avec Rowan Atkinson (Mr. Bean). La reine fut le sujet de tellement de sketches de comédies de toutes sortes qu'il serait impossible de les compter. Elle se prête d'ailleurs au jeu elle-même, comme ce fut le cas lors de la cérémonie d'ouverture des derniers jeux olympiques de Londres. La reine et l'église n'ont rien à voir, mais absolument rien à voir, avec la démocratie anglaise. La reine comme l'église sont sujets aux décisions du parlement (du peuple).

      Je crois surtout que les éditeurs britanniques et américains ont pris la décision de protéger leurs employés devant une menace bien réelle.

    • Loraine King - Abonnée 19 janvier 2015 14 h 02

      Madame Rodrigue; Aucune comparaison possible : la France est beaucoup plus frileuse que le Royaume-Uni lorsqu'il s'agit de se moquer de son chef d'état. Vous trouverez en ligne une pluie torrentielle de caricatures de la reine et si vous voulez voir le chef d'état anglais manger toute une volée, je vous suggère la conclusion de l'excellent film Johnny English avec Rowan Atkinson (Mr. Bean). La reine fut le sujet de tellement de sketches de comédies de toutes sortes qu'il serait impossible de les compter. Elle se prête d'ailleurs au jeu elle-même, comme ce fut le cas lors de la cérémonie d'ouverture des derniers jeux olympiques de Londres. La reine et l'église n'ont rien à voir, mais absolument rien à voir, avec la démocratie anglaise. La reine comme l'église sont sujets aux décisions du parlement (du peuple).

      Je crois surtout que les éditeurs britanniques et américains ont pris la décision de protéger leurs employés devant une menace bien réelle.

    • Robert Lauzon - Abonné 19 janvier 2015 15 h 18

      Je suis d'accord avec M. Beauchamp, les québécois sont des laïcs refusant que l'Église se mêle des affaires de l'État. Le ROC est plutôt pour la suprématie de Dieu, tel que stipulé dans la constitution canadienne.

      Quand la parole divine guide les agissements de l'État c'est faire ouverture à la possibilité de toutes les dérives. Quand on agit supposément au nom d'un dieu ne devrait-on pas tout pouvoir se permettre?

      De devoir répondre de tous ses actes devant des pairs ou des électeurs est le seul rempart à la dérive sectaire. La théocratie c'est, en fait, remettre le pouvoir entre les mains d'un très petit nombre d'humains qui soi-disant interprètent la parole divine pour exercer ce pouvoir sur d'autres humains plus crédules.

      Force est de constater que seule la laïcité peut accepter la démocratie et la liberté d'expression. Interdire le blasphème, c'est interdire la démocratie et instaurer une forme de théocratie.

      Si des religieux veulent imposer certaines règles de conduite, ils ne peuvent le faire qu'avec leurs propres fidèles, sans pour autant contrevenir aux lois de l'État.

      Aucun Dieu ne fait la guerre, aucun dieu ne demande de vies. Ce genre d'exactions n'est l'apanage que des hommes sans plus.

      La religion doit rester du domaine du privé et ne pas interagir avec l'État.

      @ Mme Rodrigue,
      Se cacher derrière la sécurité et tolérer, voir permettre, des exactions faites par des hommes au nom d'un dieu c'est une aberration totale, c'est se faire complice, c'est donner raison à des illuminés. C'est nous affaiblir, nous mettre à genoux et renoncer à nous défendre.
      Vous aurez compris que la frilosité de la presse anglo-saxonne est, pour moi, bien plus un geste de lâcheté qu'acte réfléchi.

      Le lien qui unit la majorité des communautés du Québec et celles d'Europe explique sûrement le fait que nous nous soyons solidarisés. Une fois de plus nous avons pu constater que le Québec peut et mérite mieux.

  • Cyril Dionne - Abonné 19 janvier 2015 07 h 38

    La liberté de critiquer des idéologies

    On peut critiquer, se moquer et rire des idées puisque les religions ne sont qu'un amalgame de concepts plus au moins cohérents. On ne parle pas de diffamation puisque on s'interroge sur des idéologies et non sur des personnes. La religion musulmane, qui rime avec le sionisme, est une idéologie politique qui fait la promotion de l'obscurantisme tout comme la chrétienté, le sikhisme, le judaïsme et les autres religions monothéistes. Et que dire des manifestions anti-Charlie Hebdo au Pakistan, au Niger et ailleurs ? Comment établir une communication mondiale saine et réaliste alors que le 85% de la population de la planète croit encore en des êtres magiques et surnaturels ? Et ce n'est pas tellement le fait de croire dans ces sornettes qui est dangereux, mais bien celui de vouloir tuer au nom de celles-ci.

    Peut-être que si les radicaux n'envisageaient pas de tuer tout le monde qui ne pense pas, n'agisse pas, ne s'habille pas selon les hadiths du prophète ou ne croit pas en des amis imaginaires, nous nous autoflagellerions avant de les critiquer. Ils se diabolisent eux-mêmes en démocratie. Les islamofascistes ont toujours cette qualité innée de se distinguer parmi la foule par leurs habitudes excessives.

    Et ce n'est pas Jorge Mario Bergoglio (pape François 1er) qui a affirmé qu'il serait prêt a frappé quelqu'un si celui-ci se moquait de sa foi et de sa religion. Pas fort les catholiques. J'imagine aussi, que l’infaillibilité du pape, un dogme de 1876 qui affirma pour la première fois que le pape ne peut pas se tromper, ne serait pas remise en cause aujourd'hui. Vraiment.

    Revenu sur terre, ils sont tous pareils.

  • Christian Bloch - Abonné 19 janvier 2015 07 h 55

    Pas Charlie du tout

    Dame Badinter, je ne vais pas revoir point par point ce que vous écrivez, car j'y adhère aussi. Sauf pour le passage concernant le blasphème. Votre petit traité d'histoire fait bien pâle figure face à la réalité du monde actuel. Avec la médiatisation surchargée qui prévaut aujourd'hui, avec Internet, avec la mondialisation économique, la France ne vit depuis très longtemps plus dans un cocon où les caricatures pouvaient faire rire. Je suis athée, mais j'éprouve du respect pour les religions et les religieux, et je suis incapable, même dans ma tête, de rire du symbole suprême de ces religions, qui est leur dieu. Il ne m'appartient pas, ce dieu. En caricaturant l'emblème des religions, il ne faut pas s'étonner de s'attirer la haine des croyants. Rien dans les caricatures différencie les salafistes des croyants. Rien. C'est une insulte, ou ressentie comme telle, par toute la nation de l'Islam. Et la fureur de la réaction n'a rien d'étonnant. Vous parlez comme une bobo depuis le bien-chaud de votre salon. Comme vous le reconnaissez d'ailleurs dans le texte, vous êtes loin de la réalité du terrain. Un animateur social expliquait à la télé il y a quinze ou vingt ans qu'on avait déjà perdu le contact avec plusieurs générations qui ont suivi les premières vagues d'immigrés. Ces premiers ont été gentils, ont accepté toutes les vexations et limites qui leurs étaient imposées pour avoir l'honneur de bosser dans des conditions pitoyables en France. Cet animateur prédisait déjà à l'époque que perdre une génération demanderait autant de temps pour la rattraper. Nous en sommes à six ou sept générations maintenant de jeunes immigrés de tous poils qui n'ont jamais été vraiment intégrés et qui ressentent une profonde rancœur envers leur patrie. Je vous laisse calculer le temps qu'il faudrait et le nombre d'animateurs qu'il faudrait juste pour redonner à cette importante frange de la population une confiance en leur avenir en France. Alors, imaginez la situation au Moyen-Orient où les

    • Colette Pagé - Abonnée 19 janvier 2015 09 h 28

      Précision : Sauf erreur, le Pape aurait déclaré qu'il n'hésiterait pas à frapper celui qui insulterait sa mère.

    • Sylvain Rivest - Inscrit 19 janvier 2015 09 h 44

      M. Bloch

      Ne vous sentez-vous pas manipulé?
      Comment un journal tiré à 60k copies et qui avait de la misère à payer ses comptes pouvait-il déranger le bon croyant? Ou pourquoi un bon petit croyant perderait-il son temps à lire un Charlie Hebdo?
      Combien y a t-il d'autre Charlie Hebdo dans le monde?
      Je veux dire, combien y a t-il d'autre lecture ou vidéo qui peuvent choquer, d'après vous? Est-ce que vous vous perdez votre temps à chercher ce qui pourrait vous choquer? L'islam est un terrain fertil pour la manipulation. Qui vient de loin a beau mentir. Comme ses deux fous qui ont tué des innocents sans vraiment savoir pourquoi. Juste parce que on leur aura dit que...

      L'insulte ici, n'est qu'une excuse ou l'appât pour attraper des martyres créduls. Qui a intérêt à ce qu'un conflit s'installe?

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 19 janvier 2015 11 h 41

      M. Rivest, tout endoctrinement idéologique est un puissant outil de manipulation des masses. N'est-ce pas de cette manière que les armées les plus puissantes ont été formées? Dido pour les hordes de croyants répondant impulsivement aux ordres des leaders de leur foi. L'endoctrinement crée une fissure, une division entre un groupe et le reste de la population qui est regardé comme l'ennemi, le corps étranger duquel se protéger. La religion est effectivement l'opium du peuple, et les dirigeants l'utiliser pour diviser et conquérir, mais comment voir sa propre folie lorsque l'esprit est endoctriné?

      L'attentat à Charlie Hebdo, tout comme l'attaque du 11 septembre, ont pu être complotés par les services secrets, peu importe, car un fait devient indéniable même pour les bobos gauchistes purs et durs : l'islamisation de l'Occident progresse à vitesse grand V.

    • Michel Vallée - Inscrit 20 janvier 2015 13 h 08

      @Jocelyne Lapierre

      « [...] Un fait devient indéniable même pour les bobos gauchistes purs et durs : l'islamisation de l'Occident progresse à vitesse grand V.»

      ... Ce qui, pour des questions identitaires, va entraîner l'émergence d'une extrême-droite paneuropéenne, laquelle va fédérer même les gauchistes, parce que l'islamisation est la négation du progrès social.

      D’ailleurs, je suis convaincu que d’ici quelques années il faut s’attendre en Occident à un renforcement des lois sur l’immigration et à un accroissement des expulsions du territoire européen.

      Ces désordres seront le prix que l’Europe va payer, pour avoir favorisé l’immigration d’une main d’œuvre bon marché, mais dont la culture n’est pas miscible avec celle de la terre d’accueil.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 20 janvier 2015 14 h 25

      M. Vallée, j'ose espérer que vous avez raison, à l'effet que les peuples européens sortiront de leur stupeur et leur gouvernement n'auront d'autre choix que de réagir enfin. Cependant, j'ai peine à me laisser aller à l'optimisme, surtout en voyant la première ministre allemande manifester aux côtés d'islamistes et condamner les manifestations pacifistes de citoyens qui en ont ras-le-bol des islamistes. Mais aussi parce qu'on se demande parfois si immigration incontrôlée est délibéremment voulue par les gens au pouvoir, peu importe les conséquences sociales... cela expliquerait les discours horrifiants et insensés que l'on entend ces jours-ci, comme ce ministre de l'Intérieur qui a déclaré que prôner le djihad n'est pas un délit. Cela expliquerait aussi pourquoi on a la forte impression que nos gouvernements d'Occident n'écoute plus leurs peuples.