Plus de 50 actes antimusulmans en France depuis l’attentat à Charlie Hebdo

Un bref début d’incendie, probablement d’origine criminelle, est survenu dimanche soir dans une mosquée en construction à Poitiers, et un dispositif policier permanent a été mis en place par la préfecture pour assurer sa sécurité.
Photo: Guillaume Souvant Agence France-Presse Un bref début d’incendie, probablement d’origine criminelle, est survenu dimanche soir dans une mosquée en construction à Poitiers, et un dispositif policier permanent a été mis en place par la préfecture pour assurer sa sécurité.

Paris — Plus d’une cinquantaine d’actes antimusulmans ont été recensés en France depuis l’attentat djihadiste contre Charlie Hebdo mercredi, selon l’Observatoire contre l’islamophobie du Conseil français du culte musulman (CFCM), qui appelle l’État à « renforcer la surveillance » des mosquées.

Les 5000 policiers et 10 000 militaires annoncés lundi pour protéger notamment les écoles juives et synagogues du pays surveilleront aussi les lieux de culte musulmans, a précisé dans la soirée le ministère de l’Intérieur.

Selon le président de l’Observatoire, Abdallah Zekri, citant des chiffres émanant du ministère de l’Intérieur, 54 actes antimusulmans ont été comptabilisés depuis mercredi, dont 21 « actions » (tirs de pistolet à grenaille, explosion dans un kebab jouxtant une mosquée…) et 33 « menaces » (insultes notamment).

Ce décompte ne comprend pas Paris et sa banlieue, ni le début d’incendie survenu dimanche soir sur le site de la mosquée en construction de Poitiers (centre), a précisé le responsable musulman.

« Je suis scandalisé par cette montée de l’islamophobie alors que nous avons marché hier [dimanche] dans le calme et la sérénité, tous côte à côte, dans la diversité des manifestants, et que nous avons clairement condamné le terrorisme », a-t-il ajouté.

Selon lui, de tels chiffres en seulement cinq jours constituent « du jamais vu ». De fait, les dernières données disponibles faisaient état d’un total de 110 actes (actions et menaces) pour les neuf premiers mois de 2014, en baisse par rapport à la même période de 2013 (158).

Impacts de balles, inscriptions racistes : plusieurs mosquées ont été prises pour cible depuis l’attentat contre le journal satirique Charlie Hebdo mercredi suivi d’une prise d’otages meurtrière vendredi par des djihadistes revendiqués.

Dernier incident en date, une « maison de prières » musulmane de Moselle (est) a été l’objet d’actes de vandalisme dans la nuit de dimanche à lundi, notamment de tags nazis réalisés à la peinture rouge, a-t-on appris lundi auprès du président de l’association qui gère le lieu.

À la mosquée de Poitiers, déjà vandalisée par une inscription, « Mort aux Arabes », un dispositif policier a été mis en place dimanche après un début d’incendie.

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé lundi la nomination d’un préfet pour coordonner la sécurité des sites confessionnels. Il « sera bien sûr également chargé de surveiller les mosquées », a-t-on précisé dans l’entourage du ministre.

1 commentaire
  • André Chevalier - Abonné 13 janvier 2015 04 h 59

    Clarifions les termes

    Les attaques contre les mosquées sont tout à fait abjectes.

    Par contre, si on définit l'islamisme comme étant une idéologie à visée politique visant à supplanter les règles de la démocratie, il est tout à fait justifié de s'y opposer. Ce n'est pas de l'islamophobie, une phobie étant une peur irrationnelle, ce qui n'est pas le cas ici. C'est de l'anti-islamisme auquel j'adhère.

    Ceci étant dit, la vaste majorité des musulmans n'ont aucune visée politique en ce qui concerne la pratique de leur religion. On n'a qu'à se souvenir des manifestations massives lors du printemps arabe et de lalutte du peuple algérien contre la tentative des terroristes islamistes pour prendre le pouvoir. Il est donc tout à fait odieux de faire l'amalgame entre les musulmans et les islamistes tels que définis plus haut.

    Toutefois les musulmans devraient cesser de parler d'islamophobie et plutôt utiliser le terme anti-islamisme, ce qui est plus approprié, et s'associer ouvertement à cette forme d'anti-islamisme comme ils l'ont fait lors du printemps arabe.