Solidaires face à la terreur

À Paris, les manifestants se sont réunis place de la République, certains prenant d’assaut le monument représentant Marianne.
Photo: Loïc Venance Agence France-Presse À Paris, les manifestants se sont réunis place de la République, certains prenant d’assaut le monument représentant Marianne.

Jamais les potaches de Charlie Hebdo, dont le journal survivait de peine et de misère, n’auraient imaginé faire descendre dans les rues plus de trois millions de personnes avec, en prime, une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement. Quatre jours à peine après la tuerie de Charlie Hebdo et deux jours après la prise d’otages dans une épicerie juive, une marée humaine sans précédent a submergé la France d’est en ouest et du nord au sud. Aucune ville ni aucun village ne semblent avoir échappé à cette mobilisation historique digne de la Libération. Selon le ministère de l’Intérieur, il s’agissait d’un rassemblement « sans précédent ». Peut-être la plus grande manifestation jamais recensée en France. Ni après le 11-Septembre ni après les attentats de Madrid, on n’avait assisté à une telle mobilisation.

À Paris seulement, plus d’un million de personnes ont défilé tout l’après-midi de République à Nation. Au-delà du cortège officiel ouvert par les proches des victimes et suivi par une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement, au moins deux défilés parallèles se sont lentement dirigés vers la place de la Nation.

Le cortège officiel, sur le boulevard Voltaire, avait des allures de G20. Place Léon Blum, derrière les familles des victimes, François Hollande ouvrait la marche. Il avait tenu à être encadré d’Angela Merkel et, surprise, de Boubacar Keïta, président du Mali, un pays musulman récemment libéré des islamistes par la France. À sa droite, on distinguait les premiers ministres britannique et israélien, David Cameron et Benjamin Nétanyahou. À sa gauche, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et du Conseil italien, Matteo Renzi. Personne ne manquait à l’appel.

Le peuple de 1789

Les grands de ce monde n’ont pas fait 200 mètres devant les caméras de télévision avant de remonter dans leurs autocars. Seul François Hollande s’est ensuite dirigé vers les familles des victimes pour leur serrer la main. C’était la première fois qu’un président français descendait dans la rue pour manifester depuis que François Mitterrand avait protesté contre la profanation du cimetière juif de Carpentras, en 1990.

« Ils nous ont un peu volé notre manif », disaient des manifestants bloqués depuis deux heures sur la place de la République à cause de la sécurité exceptionnelle. Une fois prises les photos officielles, c’est le peuple français, celui de 1789, de 1848 et de la Libération qui a littéralement pris possession des pavés. Face à l’ampleur de la foule, un second défilé avait été prévu plus au sud. Devant l’engorgement, un troisième s’est improvisé plus au nord sur l’avenue de la République. Pas une rue entre République et Nation qui n’était envahie par cette foule bon enfant.

Dans cette marée humaine, on pouvait aussi bien croiser le Prix Nobel Patrick Modiano, les chanteurs Arthur H et Jean-Jacques Goldman que tous les leaders politiques français, à l’exception de Marine Le Pen, dont le parti n’avait pas été invité. « C’est une erreur de ne pas avoir invité le Front national », nous a déclaré Serge Grouard, député UMP et maire d’Orléans. « Aujourd’hui, on dépasse les clivages politiques. C’est à l’évidence le peuple de France qui est debout dans le calme et la dignité. Il montre que, face à l’épreuve, il en sortira plus fort. » Narguant les élites parisiennes, la présidente du Front national a défilé à Beaucaire, où elle a été acclamée par un millier de personnes.

Le droit de blasphémer

Devant le cimetière du Père-Lachaise, des pancartes disaient « Je suis juif. Je suis Charlie », en référence aux morts de l’épicerie cachère de Vincennes. De nombreux manifestants étaient venus avec leurs enfants. Beaucoup brandissaient des drapeaux tricolores. Partout, on chantait La Marseillaise. Des Femen, exceptionnellement habillées pour l’occasion, lançaient le slogan « Charlie Akbar ». Denise, une Haïtienne de 40 ans, était venue avec une bougie. « Je suis française parce que je parle français », disait-elle.

L’enseignant Patrick Touzet nous a confié ne pas être un habitué des manifestations. « Mais là, ça fait trop ! Il fallait réagir. Pour moi, le mot blasphème ne fait pas partie de mon vocabulaire. On a le droit de rire de tout le monde, de Jésus, de Mahomet ou des homos, peu importe. Sinon, où la censure s’arrêtera-t-elle ? »

Tous n’étaient pas de cet avis. Malika, une des rares femmes voilées croisées dans la manifestation, disait être révoltée par ces assassinats. « L’islam ne fait pas ce genre de choses, dit-elle. Il est propre. Mais ceux qui ont insulté le prophète auraient dû être mis en prison et le journal fermé », trancha-t-elle. Dès lundi, elle s’envolera pour La Mecque.

C’est ici que le bât blesse chez de nombreux musulmans. « Je n’ai pas de problème à vivre dans un pays où on a le droit de blasphémer, au contraire », disait son coreligionnaire Kirim, un architecte qui brandissait une pancarte affirmant : « Pas en mon nom ». Jeudi, dans de nombreuses écoles, de jeunes Maghrébins ont refusé de respecter la minute de silence parce que Charlie Hebdo avait insulté le prophète. « En France, le droit de blasphémer existe », renchérit Kirim. Ce débat, Alain Parize le vit dans sa propre famille, lui qui a travaillé toute sa vie en Afrique. « Mon gendre sénégalais n’accepte pas qu’en France on caricature le prophète. Je lui ai dit que ce n’était pas notre conception de la liberté d’expression. Ça, ce n’est pas négociable ! »

Sursaut national

Partout, cette mobilisation exceptionnelle a suscité un élan de solidarité nationale qu’on n’avait pas vu depuis longtemps. « Nous sommes un peuple », titre ce matin le quotidien Libération avant d’affirmer « Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas été si fiers d’être français ». L’écrivain Jean d’Ormesson parle, lui, d’un véritable « sursaut national ».

La mobilisation a été encore plus forte en région qu’à Paris. Jamais, depuis la Libération, les Lyonnais n’avaient vu autant de monde dans les rues (300 000 personnes). Même chose à Marseille (60 000), Montpellier (100 000) et Bordeaux (140 000). Dans la minuscule localité de Dammartin-en-Goële, où s’étaient réfugiés les frères Kouachi qui ont assassiné les dessinateurs, 10 000 personnes ont manifesté.

Place Beauvau, siège du ministère de l’Intérieur, s’est tenu un sommet sur la lutte contre le terrorisme. Douze ministres européens étaient présents ainsi que le ministre américain de la Justice, Eric Holder. Les ministres ont décidé d’un renforcement des contrôles aux frontières, quitte à adapter le traité de Schengen. Les ministres proposent aussi l’adoption d’un fichier européen des passagers aériens.

Après trois kilomètres de marche, en soirée, place de la Nation, les manifestants regroupés autour de bougies posées à même le sol semblaient ne plus vouloir partir. La soirée s’est close par un spectacle de solidarité diffusé sur France Télévisions. Le rédacteur en chef de Charlie Hebdo, Gérard Biard, a souhaité que « maintenant, tout le monde, toutes les institutions, tous les politiques, tous les intellectuels [soient] avec nous pour défendre la laïcité. Parce que c’est ça qu’on défend ! »

55 commentaires
  • Carole Jean - Inscrite 12 janvier 2015 01 h 16

    Solidarité, oui ! Mais attention à la récupération et à la propagande !


    La récupération des attentats sauvages du mercredi 9 janvier 2015 va bon train. La liberté d'expression et la liberté de presse doivent être défendues, et rien ne justifie des attentats à la Kalachnikov automatique dans une société ouverte et démocratique.

    Cependant, à voir comment certains politiciens tentent de récupérer ce massacre pour se faire du capital politique et faire oublier leurs propres politiques d'agression, il y a de quoi être songeur. Ainsi, voir François Hollande et Benyamin Nétanyahou côte à côte, ce dimanche 11 janvier, portant la kippa hébraïque, est quelque chose qui fait réfléchir, quand on sait combien l'État israélien ne se prive pas de faire usage d'un terrorisme d'état envers les Palestiniens.

    D'ailleurs, le président français François Hollande, malgré sa grande impopularité, n'en est pas moins un des présidents français le plus interventionniste et le plus guerrier, notamment en ayant fourni des armes aux djihadistes islamistes en Syrie et en Libye pour les aider à renverser le gouvernement de ces pays. Appuyer et aider les terroristes quand ils sont à l’étranger et les combattre quand certains d’entre eux rentrent au pays relève d’une certaine incohérence.

    Ces armes d'ailleurs reviennent à leur source et servent à des djihadistes français aujourd'hui dans les rues de Paris, après que ces derniers se soient entraînés à l'étranger et soient revenus en France sans trop de contrôle et de suivi par le gouvernement Hollande. Le gouvernement Hollande a des comptes à rendre sur ces faits.

    En conclusion, solidarité pour les journalistes lâchement assassinés et vigilance envers l'islamisme radical est une chose. Donner l'absolution à des politiciens qui mettent de l'avant des politiques de soutien aux terroristes à l'étranger en est une autre. Il faut faire le partage des choses et ne pas tomber dans le piège de la propagande.

    • Richard Bérubé - Inscrit 12 janvier 2015 08 h 36

      Oui Madame Jean vous m'avez volé les mots de la bouche...ou étaient tous ces millions de gens lorsque les habitants de la bande de Gaza assassinés par milliers par Israel se battaient eux pour leur liberté de respirer et de vivre dans le terrain de jeu que veut bien leur laisser Israel....je n'ai jamais vu l'Un des politiciens manifestant dans quelque partie du monde hier à part le chef d'état Palestinien se révolter contre les crimes de guerre d'Israel...ou était Denis Codelle ou le bouffon représentant Ottawa après une partie de ce génocide.....et des lois contre le blasfême (?) existent, parlez juste pour essayer contre les juifs.....vous verrez bien, c'est très dommage qu'il y est eu des morts dans l'épicerie juive à Paris, mais n'allez surtout pas nous ramenez l'hollocauste....l'Irak de G W Bush es centaines de milliers de morts causées par les américains qui étaient les terroristes? Au pardon c'étaient des combattants légitimes ces soldats américains, ils ne causaient pas la terreur.....bonne journée

    • Serge Lemay - Inscrit 12 janvier 2015 08 h 41

      Quand on dit attention aux amalgames et qu'au même moment on laisse participer des gens qui en font et qui dirige des états où les journalistes sont muselés, on est pas en train d'en faire des amalgames ?

    • Jean-Marc Simard - Abonné 12 janvier 2015 10 h 32

      Est-il possible d'y voir autres choses que de la récupération politique ? Serait-il possible que ces attentats aient fait naître un véritable mouvement de prise de conscience collective que la seule réponse possible à donner aux élans de haine soit des élans d'amour ? Est-il possible d'y voir une sincérité politique qui se rend compte qu'on ne peut combattre la terreur en usant de plus de terreur, ni la répression par plus de répression, ni le mépris par plus de mépris, et que les problèmes politiques, sociaux et économique à la base qui ont fait germer cette terreur doivent être enfin résolus ? Est-il possible de croire qu'enfin les politiques devront mettre au pas un régime de capitalisme sauvage à la base de tous les problèmes que vit l'humanité ? Est-il possible de croire que la seule croyance religieuse valable est celle qui renforce les liens de solidarité et de partage entre tous les individus, entre toutes les sociétés et entre tous les pays, et que le Divin est ni catholique,ni chrétien, ni Juif, ni Musulman, ni Boudhiste, mais tout simplement amour ? Et si cette fois-ci, c'était vrai ?

    • Raymond Labelle - Abonné 12 janvier 2015 10 h 53

      Si la France a aidé des groupes dissidents en Syrie, il s'agissait de groupes libéraux et démocratiques d'opposition, et non pas de djihadistes. De même pour la Lybie. Ce sont ces groupes libéraux et démocratiques qui avaient initié l'opposition aux gouvernements en place. Il s'agissait d'un appui à la lutte contre la dictature.

      Malheureusement, les fondamentalistes religieux ont en quelque sorte volé et détourné ces rébellions à leur profit. Comme on l'a vu dans les suites au printemps arabe.

      Par ailleurs, saluons l'intervention de la France au Mali, qui a écourté les souffrances terribles de plusieurs innocents sur ce territoire et en a prévenu bien d'autres.

      Quant à la présence de M. Netanyahou, sa présence s'explique par le caractère antisémite de la prise d'otages à la porte de Vincennes. La vie d'un juif ne vaut pas cher pour ces fanatiques. Je rappelle l'attentat en France d'un djihadiste qui s'est pointé à la cour de récréation d'une école juive pour tues les enfants froidement à bout portant. Quand ce genre d'individu prend des otages dans une épicerie cachère à quelques heures du sabbat, on peut craindre le pire.

      Cette manifestation était saine et ne visait en rien à nier les souffrances des autres victimes sur la planète. Au contraire, je crois que le ras-le-bol contre ce cancer partout dans le monde n'en fera que s'accroître, y compris en France.

      Quant à ce que l'on peut faire pour éliminer ce cancer qui tue partout dans le monde, je suggère de lire les excellentes recommandations de M. François Ricard, émises en réponse à l'intervention suivante.

    • Raymond Labelle - Abonné 12 janvier 2015 10 h 54

      Si la France a aidé des groupes dissidents en Syrie, il s'agissait de groupes libéraux et démocratiques d'opposition, et non pas de djihadistes. De même pour la Lybie. Ce sont ces groupes libéraux et démocratiques qui avaient initié l'opposition aux gouvernements en place. Il s'agissait d'un appui à la lutte contre la dictature.

      Malheureusement, les fondamentalistes religieux ont en quelque sorte volé et détourné ces rébellions à leur profit. Comme on l'a vu dans les suites au printemps arabe.

      Par ailleurs, saluons l'intervention de la France au Mali, qui a écourté les souffrances terribles de plusieurs innocents sur ce territoire et en a prévenu bien d'autres.

      Quant à la présence de M. Netanyahou, sa présence s'explique par le caractère antisémite de la prise d'otages à la porte de Vincennes. La vie d'un juif ne vaut pas cher pour ces fanatiques. Je rappelle l'attentat en France d'un djihadiste qui s'est pointé à la cour de récréation d'une école juive pour tues les enfants froidement à bout portant. Quand ce genre d'individu prend des otages dans une épicerie cachère à quelques heures du sabbat, on peut craindre le pire.

      Cette manifestation était saine et ne visait en rien à nier les souffrances des autres victimes sur la planète. Au contraire, je crois que le ras-le-bol contre ce cancer partout dans le monde n'en fera que s'accroître, y compris en France.

      Quant à ce que l'on peut faire pour éliminer ce cancer qui tue partout dans le monde, je suggère de lire les excellentes recommandations de M. François Ricard, émises en réponse à l'intervention suivante.

    • Raymond Labelle - Abonné 12 janvier 2015 11 h 33

      Si la France a aidé des groupes dissidents en Syrie, il s'agissait de groupes libéraux et démocratiques d'opposition, et non pas de djihadistes. De même pour la Lybie. Ce sont ces groupes libéraux et démocratiques qui avaient initié l'opposition aux gouvernements en place. Il s'agissait d'un appui à la lutte contre la dictature.

      Malheureusement, les fondamentalistes religieux ont en quelque sorte volé et détourné ces rébellions à leur profit. Comme on l'a vu dans les suites au printemps arabe.

      Par ailleurs, saluons l'intervention de la France au Mali, qui a écourté les souffrances terribles de plusieurs innocents sur ce territoire et en a prévenu bien d'autres.

      Quant à la présence de M. Netanyahou, sa présence s'explique par le caractère antisémite de la prise d'otages à la porte de Vincennes. La vie d'un juif ne vaut pas cher pour ces fanatiques. Je rappelle l'attentat en France d'un djihadiste qui s'est pointé à la cour de récréation d'une école juive pour tues les enfants froidement à bout portant. Quand ce genre d'individu prend des otages dans une épicerie cachère à quelques heures du sabbat, on peut craindre le pire.

      Cette manifestation était saine et ne visait en rien à nier les souffrances des autres victimes sur la planète. Au contraire, je crois que le ras-le-bol contre ce cancer partout dans le monde n'en fera que s'accroître, y compris en France.

      Quant à ce que l'on peut faire pour éliminer ce cancer qui tue partout dans le monde, je suggère de lire les excellentes recommandations de M. François Ricard, émises en réponse à l'intervention suivante.

    • Olivier Mauder - Inscrit 12 janvier 2015 13 h 25

      Le problème est que les terroristes en question étaient français comme ceux qui ont sévi ici étaient canadiens. Tous les conflits du globe ne peuvent pas être importés dans nos pays.

      Cela voudrait dire que tous les Ukrainiens et les Russes de Paris ou de Montréal se mettraient aussi à se taper dessus, etc.

      Cela fait plusieurs années que la France redoute par exemple l'importation du conflit israelo-palestinien sur son territoire. Je regrette mais les musulmans et les juifs de France sont français et même s'ils suivent l'actualité du Moyen-orient ou d'ailleurs, ils ne sont pas syriens ou palestiniens . D'ailleurs, pas mal de juifs ont quitté la France ces dernières années parce qu'ils avaient peur. Maintenant, ça va peut-être être le tour des musulmans d'avoir peur. Tout ça est ridicule.

  • Denise Lauzon - Inscrite 12 janvier 2015 01 h 18

    Et les autres victimes...

    Les rassemblements qui ont eu lieu cette fin de semaine étaient vraiment impressionnants et sûrement très réconfortants pour les proches des victimes. Cependant, il ne faut pas oublier les centaines de morts en Syrie et les milliers d'autres au Nigéria, au Yémen, au Soudan, en Irak et ailleurs. Il y a aussi ces masses de gens qui ont fui leur pays pour se retrouver dans des camps de réfugiés et d'autres qui ont péri dans leur traversée de la Méditerrannée.

    Je pense que le temps est venu pour une convocation d'urgence de tous les chefs d'États à l'ONU pour tenter de trouver des solutions concrètes par rapport aux attrocitées commises par les groupes extrémistes religieux (Boko Haram, Al Qaïda, État Islamique).

    • François Ricard - Inscrit 12 janvier 2015 08 h 19


      Nous constatons que de vastes régions d’Asie et d’Afrique, tombées sous le contrôle de l’islamisme le plus obscurantiste et le plus sanglant, sont devenues les bases arrière où se forment et d’où nous reviennent les commandos d’élite du terrorisme. Les interventions maladroites, mal pensées, mal conduites et malvenues de l’Occident ont semé au Moyen-Orient le désordre et récolté le chaos, né de la destruction d’États et de régimes dont on s’aperçoit un peu tard qu’ils étaient un rempart efficace contre les entreprises des fous de Dieu.
      Il faut agir.
      Dans un premier temps, nous devons sommer la Turquie, le Pakistan, les Émirats et l’Arabie saoudite de choisir clairement et définitivement leur camp.
      Dans un deuxième temps, les États-Unis et l’Union européenne doivent unir leurs forces et constituer avec l’Iran des mollahs, avec la Russie de Poutine et même avec la Syrie de Bachar la grande coalition qui balaiera l’insurrection mortifère et rétrograde qui implante et exporte le règne de la peur.
      Dans un troisième temps, la garantie solennelle, par tous les membres de la coalition, de l’existence d’Israël à l’intérieur des frontières que lui a reconnues l’ONU doit amener le gouvernement israélien à évacuer les territoires qu’il occupe sans droit et qu’il a annexés de fait et, en crevant l’abcès qui empoisonne tout le Moyen-Orient, priver la contre-révolution islamiste de l’alibi et de l’argument qui la justifient et qui assurent le recrutement de ses troupes.
      Le monde libre a vaincu le totalitarisme nazi. Le monde civilisé a les moyens d’en finir avec ces fantoches sanglants que sont Daech, Boko Haram, Al-Qaïda au Yémen et de les faire disparaître comme un mauvais cauchemar. Il s’agit de le vouloir.

  • David Boudreau - Inscrit 12 janvier 2015 01 h 53

    J'espère que pour l'enseignant Patrick Touzet, les homos ont le droit de se payer la tête des hétéros sexistes, machos et homophobes.

    • Paul Gagnon - Inscrit 12 janvier 2015 10 h 10

      Et ils ne s'en privent pas :-)

      N'oublions pas les trans-sexes et les trans-genres... de même que les trans-trances!

    • Guy Lafond - Inscrit 12 janvier 2015 14 h 11


      Les gais, les LGBTQ, peuvent railler quelqu'un ou quelque chose. La majorité des hétéros ont le sens de l'humour et sont capables d'encaisser, cela va sans dire. Après tout, nous sommes au Canada, non?

      Toutefois, je serais très curieux de savoir quand exactement les gais, les LGBTQ, seront officiellement recensés dans ce pays? Quand pourra-t-on les désigner avec un nom, un prénom et un genre lorsqu'une plainte est déposée à la Commission canadienne des droits de la personne pour un acte répréhensible commis par un membre de la communauté LGBTQ?

      Ce jour-là, ils, elles, railleraient-ils (elles) moins? Quand pensez-vous, M. Boudreau et M. Gagnon?

    • Djosef Bouteu - Inscrit 12 janvier 2015 15 h 24

      Je vous rassure, il y a amplement de farces concernant certains hétérosexuels ayant peur de se faire draguer par une personne de même sexe, qui se font répondre qu'ils n'ont rien à craindre et qu'ils sur-estiment fortement leur pouvoir d'attraction.

      Imaginez donc s'il était interdit de critiquer la rhétorique homophobe de certains religieux! Ou interdit de critiquer la misogynie érigée en dogme, etc, au nom du politiquement correct pour ne surtout pas vexer aucun intégrisme. Ça nous ferait une société incapable d'évoluer.

    • Guy Lafond - Inscrit 12 janvier 2015 16 h 48

      Merci M. Bouteu,

      J'aimerai bien, malgré tout, pouvoir examiner des données objectives collectées par les recensements et parfois par les formulaires longs du recensement. Je serais curieux de voir dans quelles mesures l'économie au Canada est stimulée par les femmes, les hommes, les LGBTQ.

  • Jacques Thibault - Inscrit 12 janvier 2015 02 h 40

    Parler des vraies affaires...comme disait l'autre

    Pas drôle du tout d'entendre notre premier ministre Couillard nous entretenir du même discourt de surface et lénifiant qui ne fait référence qu'au droit de parole, à la liberté, au vrai Islam et patati et patata. S'il était un vrai chef d'état digne du peuple québécois, il devrait dépasser cette limite et aller vers les sources de cette réaction de haine nommé Jihad et qui a été instrumentalisé et si habilement mis en marché par les théoriciens américains du soi-disant inévitable "Choc des civilisations". Une autre formule de mise en boîte et prise au lasso par le cowboy Bush pour justifier le bouleversement de tout le Moyen Orient, entrainant des centraines de milliers de morts musulman.

    Je vous invite à écouter un vrai débat dans cette excellente émission de Kiosque...à écouter et à réécouter.
    On sent presque que trop de vérités commençaient à se dire sur le plateau au goût de l'animatrice qui semblait avoir peur des mots dans ce débat qui dépassait de loin la liberté de parole.

    Est-ce que la France retrouvera enfin la parole? Je sens que ce n'est qu'un début.
    PLUS DE COMPROMIS! Encore faudra t'il que sa télé se libère elle-même.

    Je donne des points aux journalistes, sauf à l'américain qui revient avec les mêmes conneries mille fois entendues sur le vrai islam et qui refusait le regard en arrière qui s'impose faisant lien aux agissements des US après le 911, notamment sur le financement des terroristes qui reviennent nous hanter aujourd'hui.

    • François Ricard - Inscrit 12 janvier 2015 08 h 22

      Voici ce que l'un des assassins déclarait à un joiurnaliste quelques heures avant sa mort:
      "J’ai été envoyé, moi, Chérif Kouachi, par Al-Qaïda au Yémen. Je suis parti là-bas, et c’est le cheikh Anouar al-Aoulaki qui m’a financé."
      Et ce dernier est un prédicateur américain.

  • Gilbert Talbot - Abonné 12 janvier 2015 05 h 03

    Le droit de blasphémer

    Il y a longtemps qu'au Québec, on s'est approprié ce droit: autrefois blasphèmer était un péché mortel, alors on passait par la confesse pour laver sa conscience. On s'en tirait avec trois «jevoussaluemaries» pour les sacres et un chapelet complet pour les blasphèmes. Ça c'était avant la Révolution tranquille. Aujourd'hui, les sacres et les blasphèmes sont vus plutôt comme une originalité culturelle langagière. Il faudrait que la religion musulmane connaisse le pouvoir magique du sacrement de pénitence. Peut-être faudra-t-il pour cela une révolution tranquille dans leurs pays pour s'adapter à la laïcité moderne!

    • Raymond Labelle - Abonné 13 janvier 2015 07 h 57

      Diantre!