Une camionnette fonce dans un marché de Noël à Nantes

Paris — Onze personnes ont été blessées, dont cinq grièvement, quand une camionnette s’est précipitée dans un marché de Noël à Nantes, dans l’ouest de la France, ont indiqué les autorités lundi.

Une responsable du département de la Loire-Atlantique a déclaré, sous le couvert de l’anonymat, que cinq victimes avaient été grièvement blessées, dont le conducteur de la camionnette.

Des images diffusées à la télévision française montrent une camionnette Peugeot blanche dans le marché de Noël, qui se tient dans le centre de la ville.

Selon les premiers éléments de l’enquête, il s’agit d’«un acte isolé» et «on ne peut pas parler d’un acte terroriste», a déclaré la procureur Brigitte Lamy.

L’automobiliste a foncé dans la foule, faisant 10 blessés avant de se poignarder, a-t-elle précisé. Le pronostic vital est engagé pour l’une des victimes.

Il n’y a pas «de revendication particulière», a-t-elle dit. «Un carnet a été découvert à côté de la camionnette. On est en train de l’étudier», a-t-elle rapporté.

«C’est un acte volontaire», a-t-elle ajouté, précisant que l’homme était «connu des services» mais sans pouvoir dire pour quels faits.

Le conducteur a foncé sur un chalet qui servait du vin chaud et devant lequel se trouvaient plusieurs personnes, a précisé un témoin à une correspondante de l’AFP.

«C’est un acte volontaire. Ca ressemble, sous réserve de vérifications, à un acte du même genre que ce qui s’est produit à Dijon» (centre-est) dimanche soir, a ajouté la procureur.

Plus tôt lundi, les autorités françaises avaient appelé à la vigilance tout en évitant de sauter aux conclusions après deux attaques survenues au cours du week-end.

À Dijon

Dimanche, un automobiliste a blessé 13 passants en les percutant volontairement à plusieurs endroits de la ville de Dijon.

L’incident est survenu un jour après une attaque perpétrée contre la police française à Joué-lès-Tours, dans le centre du pays. Deux policiers ont été grièvement blessés et l’assaillant a été tué.

Le suspect de l’attaque de dimanche, un homme de 40 ans originaire d’Afrique du Nord, a été arrêté, a indiqué le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve. Les motifs de l’assaillant sont inconnus pour le moment, selon le gouvernement.

M. Cazeneuve a toutefois indiqué que l’homme était connu des policiers pour des délits mineurs commis dans les années 1990. Il aurait aussi été hospitalisé à 157 reprises pour des problèmes psychiatriques depuis 2001, le plus récemment cet automne.

Le président du syndicat des policiers, Michel Bonnet, a indiqué en entrevue à la station de télévision BFM que des témoins avaient entendu l’homme crier «Allahou Akbar» (Dieu est grand). Il aurait aussi parlé des «enfants de la Palestine».

La procureure Marie-Christine Tarrare a indiqué que l’homme, qui a admis sa responsabilité, avait lancé ce cri pour se donner du courage, plutôt que par conviction religieuse. Il aurait voulu dénoncer les sévices infligés aux enfants tchéchènes.

Certains Français craignent de plus en plus les attentats terroristes à la suite de plusieurs menaces proférées par des groupes islamistes.

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