Salmond tire sa révérence

Après la déception, la surprise : le premier ministre de l’Écosse Alex Salmond a annoncé sa démission, vendredi, une douzaine d’heures après la proclamation des résultats référendaires.

Même si les 44,7 % obtenus par le Oui constituaient en soi une impressionnante mobilisation en faveur de l’indépendance, et malgré les concessions du gouvernement de Londres en vue de conférer des pouvoirs accrus aux quatre nations constitutives du Royaume-Uni, Alex Salmond a annoncé de manière inattendue qu’il quitterait la tête de son parti en novembre. « Mon temps comme leader est presque terminé. Mais pour l’Écosse, la campagne continue et le rêve ne mourra jamais », a déclaré le champion du Oui, ému.

M. Salmond avait été élu premier ministre de l’Écosse en 2007, en promettant d’organiser un référendum sur l’indépendance. Il avait alors prédit une victoire du Oui d’ici dix ans, un scénario qui paraissait saugrenu à l’époque. Le chef du Parti national écossais a indiqué qu’il resterait en poste en attendant l’élection d’un nouveau leader et qu’il continuerait par la suite à siéger comme simple député.

« Ce fut le privilège de ma vie de servir l’Écosse comme premier ministre, a-t-il dit. Mais comme je l’ai souvent déclaré pendant la campagne référendaire, ce n’est pas à propos de moi ou du parti. »

Sa déception tranchait avec le soulagement du premier ministre britannique David Cameron, qui n’aurait pu, lui, survivre à une victoire des indépendantistes.

M. Cameron est apparu aux environs de 7 h devant les caméras, affirmant que le résultat du scrutin règle la question de l’indépendance « pour une génération », soulignant la nécessité d’une réconciliation entre les deux camps.

Il s’est engagé à respecter ses promesses de prérogatives supplémentaires faites aux Écossais, et s’est même engagé à les étendre aux Anglais, aux Gallois et aux Nord-Irlandais, suscitant la grogne de certains, qui voient d’un mauvais oeil cet « affaiblissement » du gouvernement central.

Évitant d’aborder le résultat référendaire, la reine n’en a pas moins invité ses sujets « à se rassembler à nouveau dans un esprit de respect et de soutien mutuels », dans un communiqué diffusé depuis Balmoral, sa résidence en Écosse.

À Ottawa, la décision a été saluée par les principaux partis. Le chef bloquiste, Mario Beaulieu, a pour sa part déclaré que les militants du camp du Oui pouvaient sortir la tête haute de la campagne. « Ce que ça démontre, c’est que la bataille pour l’autodétermination des peuples est très présente à travers le monde », a déclaré le leader en entrevue avec La Presse canadienne.