L’extrême droite «aux portes du pouvoir», selon Valls

Des militants antifascistes ont manifesté à Calais, au Nord, dimanche, en riposte à un rassemblement de 300 partisans de l’extrême droite venus dénoncer la présence d’immigrants dans la ville.
Photo: Michel Spingler Agence France-Presse Des militants antifascistes ont manifesté à Calais, au Nord, dimanche, en riposte à un rassemblement de 300 partisans de l’extrême droite venus dénoncer la présence d’immigrants dans la ville.

Bologne — Marine Le Pen et l’extrême droite sont « aux portes du pouvoir » en France, a averti dimanche le premier ministre Manuel Valls, en s’inquiétant publiquement d’un sondage plaçant la dirigeante du Front national en tête à l’élection présidentielle de 2017.

 

« Nous devons agir autrement. Et parler autrement. Pour être écoutés, et entendus. Nous savons quel serait le prix terrible de notre échec. En France, l’extrême droite et Marine Le Pen sont aux portes du pouvoir ! », a lancé M. Valls dans un discours prononcé à la Festa de l’Unita à Bologne (centre nord de l’Italie).

 

« Et moi, comme homme de gauche, je ne pourrai jamais me résigner à cela. Car ce sont les plus faibles qui seraient les premiers à en souffrir. Et ce serait aussi un coup terrible, peut-être fatal, porté à l’Europe », a-t-il poursuivi à la tribune, selon la traduction officielle de son discours, prononcé en italien.

 

Quelques minutes plus tard devant les journalistes qui l’interrogeaient sur le scénario d’une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale (Parlement) face à la crise politique actuelle en France, le premier ministre a appelé « chacun à se hisser à la hauteur de la responsabilité » pour éviter « une crise institutionnelle ».

 

« Quand, dans les enquêtes d’opinion, même si [l’élection présidentielle] est dans trois ans, Marine Le Pen est créditée de 32 % au premier tour de l’élection présidentielle. Quand dans une hypothèse [en cas de 2e tour contre François Hollande] elle pourrait même l’emporter, on a besoin d’une crise institutionnelle pour faire en sorte que demain le Front national soit aux portes du pouvoir ? », s’est alarmé le chef du gouvernement.

 

« Ou a-t-on au contraire la nécessité de redresser le pays ? », a-t-il interrogé.

 

Le premier ministre français, qui a prononcé son discours aux côtés de dirigeants politiques sociaux-démocrates, dont le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a assuré que la « gauche moderne » avait « la bonne réponse pour nos pays ».

 

Les déclarations de M. Valls ont immédiatement suscité des réactions au FN, qui récuse le qualificatif « d’extrême droite ». « L’extrême nullité est-elle déjà en plein au coeur du pouvoir, M. Valls », a ainsi répondu sur Twitter le vice-président du FN, Florian Philippot. Louis Aliot, autre vice-président du parti, a quant à lui jugé sur le réseau social « totalement irresponsable et indigne d’un dirigeant français » la déclaration de M. Valls.

Medhi Nemmouche, djihadiste européen

Le cas du Français Medhi Nemmouche, geôlier d’otages en Syrie accusé d’attentat à Bruxelles, illustre la menace que font peser sur l’Europe les djihadistes européens ralliés à l’État islamique (EI). L’assassinat de quatre personnes le 24 mai au Musée juif de Bruxelles, pour lequel ce Français d’origine algérienne de 29 ans est incarcéré en Belgique, est « le premier acte terroriste réussi sur le sol européen provenant des filières syriennes », relève Jean-Charles Brisard, consultant, expert des questions liées au terrorisme. Et comme Nemmouche, des centaines d’Européens sont rentrées de Syrie où ils ont mené le djihad, et des centaines d’autres candidats continuent à partir grossir les rangs de l’État islamique (EI) ou du Front al-Nosra.
3 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 8 septembre 2014 08 h 09

    Proverbe latin

    "Vox populi, vox Dei" (la voix du peuple est la voix de Dieu).
    Si le FN est élu, ce sera là la volonté des français.

    • Daniel Bérubé - Abonné 9 septembre 2014 09 h 50

      "La voix du peuple est la voix de Dieu"

      À la condition que le peuple cherche la voix de Dieu...

      Il y a aussi certaines phrases "antiques" qui auraient à être revues, car pour moi, après qu'un peuple se soit prononcé, c'est le peuple qui l'a fait. Il ne faut mélanger un tas de choses pour terminer en faisant dire à Dieu ce que l'on veut...

      La voix de Dieu ne se manifeste pas sur des cartes électorales (sauf pour la droite religieuse), mais dans la conscience de chancun.

  • Étienne Duclos-Murphy - Inscrit 8 septembre 2014 11 h 54

    la bonne vieille stratégie!

    Y'a pas plus hypocrite que le gouvernement socialiste¸ et y'a pas plus classique que cette fameuse stratégie de l'extrême droite dangereuse. Le problème c'est que moins en moins de personnes se laissent prendre au jeu...

    Bonne chance au FN, ils ont une bonne équipe!