Le grand déballage de Valérie Trierweiler

L’ex-première dame française, Valérie Trierweiler, était la cible jeudi de critiques virulentes à gauche, après la sortie de son livre vengeur sur François Hollande, dans lequel elle dresse un portrait peu flatteur du président socialiste, qui a enflammé les réseaux sociaux.

 

Le gouvernement français a appelé jeudi à «la dignité», Ségolène Royal, ministre et ex-compagne du président citée dans l’ouvrage, dénonçant du «n’importe quoi».

 

Ce livre arrive au pire moment pour un président au plus bas dans les sondages de popularité (19 % d’opinions positives alors que 77 % des Français n’ont pas confiance en lui, selon le baromètre CSA-Les Échos publié jeudi) et affaibli dans son propre camp après avoir opéré un virage social-libéral.

 

«Il faut de la dignité», a réagi le premier ministre, Manuel Valls, tandis que la présidence s’est abstenue jusqu’à présent de tout commentaire. «J’en appelle au respect de la vie de chacun et à la dignité de ce débat public», a-t-il ajouté, alors que lui-même est en forte baisse dans les sondages (31 % d’opinions favorables, au plus bas depuis sa prise de fonction en avril). «Par des attaques outrancières, par le mélange de la vie publique et de la vie privée, on abaisse le débat.»

 

Dans son livre Merci pour ce moment, publié jeudi, Valérie Trierweiler raconte comment elle a appris en janvier l’existence d’une liaison entre le chef de l’État et l’actrice Julie Gayet et présente le président socialiste comme étant «déshumanisé» par le pouvoir et se moquant des pauvres. «Il s’est présenté comme l’homme qui n’aime pas les riches. En réalité, le président n’aime pas les pauvres. Lui, l’homme de gauche, dit en privé : Les sans-dents, très fier de son trait d’humour», assène l’ex-première dame dans son ouvrage.

 

«C’est n’importe quoi !», s’est exclamée son ancienne rivale, mère des quatre enfants de M. Hollande et actuelle ministre de l’Écologie, Ségolène Royal. «C’est le contraire du sens de l’engagement politique d’un grand responsable de gauche, socialiste», a-t-elle fait valoir.

 

Mais la phrase attribuée au président français a fait un tabac sur Twitter, qui les boutades et les photomontages ont été nombreux. Le mot-clic #sansdents s’est rapidement retrouvé en tendance (Trending Topics) avec au moins 20 000 twitts envoyés.

 

«Comment un président de gauche, déjà abandonné dans les urnes par l’électorat populaire, peut-il se remettre d’une telle anecdote ?», écrit le quotidien conservateur Le Figaro dans un éditorial.

 

La formule des «sans-dents» attribuée au président est «abjecte», a estimé la présidente du Front national, Marine Le Pen. «Si elle a été prononcée, elle révèlerait une face qui ruinerait définitivement son image.»

 

Pour de nombreux éditorialistes, Valérie Trierweiler porte «le coup de grâce» au président dans cet ouvrage aux allures de «grand déballage». «Pathétique», estime le quotidien populaire Le Parisien. «L’intime éclabousse le politique», ajoute Libération . «Trierweiler torpille la rentrée de Hollande», titre Le Figaro.

 

Autre membre socialiste du gouvernement, le secrétaire d’État aux relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, a déploré que l’exécutif soit «pris en otage». «Si nous parlons pour dire ce qui pourrait être notre répulsion devant cette impudeur, nous alimentons et si nous ne parlons pas, évidemment la réponse est un peu courte.»

 

«Tout cela va sonner le glas de cette Ve République», a commenté de son côté le sénateur écologiste Jean-Vincent Placé.

 

Le livre de l’ex-première dame pourrait en tout cas accentuer la disgrâce du président auprès de l’opinion, d’autant qu’il promet d’être un bestseller: à la mi-journée, il avait enregistré 15 000 ventes dans les magasins Fnac, soit un démarrage trois fois plus fort que le bestseller des cinq dernières années Fifty Shades of Grey, selon le groupe.

 

Imprimé à 200 000 exemplaires dans le plus grand secret en Allemagne, il était en tête des ventes du site Amazon France pour son premier jour de sortie.

 

L’ex-compagne de François Hollande publie un livre jugé «vengeur» par ses critiques.

À voir en vidéo