Le camp du Oui gagne du terrain

Le premier ministre d’Écosse, Alex Salmond
Photo: Andy Buchanan Agence France-Presse Le premier ministre d’Écosse, Alex Salmond

La poussée du Oui à l’indépendance de l’Écosse — longtemps distancé par le non — dans deux récents sondages est de nature à «électriser» la campagne, à un peu plus de deux semaines du référendum d’autodétermination, estimaient mardi les experts.

 

L’institut Survation avait envoyé un premier signal vendredi en suggérant que 47 % des électeurs écossais voteraient désormais pour le oui et plus que 53 % en faveur du non.

 

À la lecture du résultat, les commentateurs ont préféré rester prudents. Parce qu’il s’agissait d’un virage spectaculaire par rapport à la moyenne des sondages qui accordaient jusque-là une avance d’environ douze points aux partisans du non. Mais aussi à cause de la tendance jugée optimiste de l’institut Survation en faveur du Oui.

 

La publication d’une étude YouGov arrivant exactement à la même conclusion, mardi, date limite en Écosse pour s’inscrire sur les listes électorales, a définitivement revigoré les séparatistes. Non seulement valide-t-elle la tendance du premier sondage. Mais en plus YouGov est «l’un de ceux qui ont toujours avantagé le non», insiste Gerry Hassan, chercheur en politique. Un sondage du même institut à la mi-août avait de fait donné une avance de 14 points, soit plus du double, aux partisans de l’union.

 

«C’est à la fois une surprise et, pour le camp du Non, au moins un choc», estime John Curtice, professeur en sciences politiques à l’Université de Strathclyde.

 

«Il ne faut, bien sûr, pas tirer de conclusions excessives d’un sondage et on attend toujours le premier sondage qui placerait le Oui en tête. Mais il semble y avoir peu de doute sur le fait que ce sondage va électriser la campagne», ajoute l’universitaire sur son blog qui propose une synthèse de tous les sondages.

 

En prenant en compte les dernières études, la moyenne proposée par John Curtice accorde désormais 45 % au oui et 55 % au non. Les unionistes gardent donc l’avantage. Mais la dynamique semble clairement pencher du côté des indépendantistes depuis la nette victoire de leur champion, le premier ministre écossais, Alex Salmond, sur Alistair Darling lors de leur ultime débat télévisé le 25 août.

 

«Elle a offert au camp du oui un nouvel élan», note Magnus Linklater dans son analyse pour le Times. Le chroniqueur politique fait remarquer que le Parti national écossais, locomotive du oui, est toujours bon lorsqu’il s’agit de faire campagne, alors que «Better Together» délivre un «message usé» et trop «négatif».

 

John Curtice voit, lui, quatre raisons au frémissement du oui: une percée chez les classes défavorisées. Des arguments qui portent sur l’économie. Une meilleure réponse aux incertitudes concernant la monnaie. Et une capacité à convaincre sur la menace qui pèserait sur le système de santé publique dans une Grande-Bretagne unie.

 

Magnus Linklater insiste également sur un aspect «souvent négligé par les commentateurs»: l’enthousiasme. «L’atmosphère, dit-il, est électrique à travers l’Écosse. Des jeunes de 16 ou 17 ans, dotés du droit de vote, aux retraités, qui prennent conscience qu’ils vont faire le choix politique de leur vie, le débat sur l’indépendance est devenu incandescent. Le camp du oui a capitalisé sur cet état d’esprit pour réduire son retard dans des proportions inédites.»

 

De là à renverser complètement la table et faire voler en éclats le Royaume-Uni le 18 septembre, il reste cependant un pas que Gerry Hassan se refuse de franchir. «Il faudrait une participation record et que le camp du non continue à marquer des buts contre son camp», estime l’analyste qui n’accorde que 10 % de chances au Oui. Mais un score serré permettrait aux indépendantistes «de prendre date pour organiser un nouveau référendum dans les dix ans et l’emporter cette fois».

 

 

7 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 3 septembre 2014 09 h 59

    Le pétrole

    Un mouvement qui vient de la volonté de certains de ne pas partager les bénéfices du pétrole de la Mer du Nord...et d'enrichir ainsi plus l'Écosse..

    Avant le pétrole le mouvement était moindre.

  • Gilles Teasdale - Abonné 3 septembre 2014 11 h 56

    OUI

    Je souhaite vraiment à L'Écosse de redevenir un pays.

    Gilles Teasdale

  • Gilbert Talbot - Inscrit 3 septembre 2014 12 h 36

    Quel pourcentage déterminera le gagnant?

    Est-ce qu'il est clair en Écosse et en Angleterre que le pourcentage de vote nécessaire pour gagner est 50% +1 ou est-ce laissé à une clarté confuse comme ici au Canada? Au Royaume-uni ont-ils améliorer leur forme de scrutin pour faire en sorte que les gouvernements aient la majorité absolue des votes - 50% +1 - pour gouverner ? Ou est-ce encore une majorité simple de circonscriptions, comme chez nous ? Voyez là encore l'absurdité de notre système de votation qui se satisfait d'une élection à 40% de votes pour déterminer le parti gagnant, mais qui demande plus de 50% +1 pour trancher un référendum national, sans préciser ce que serait selon eux, une majorité claire ? Vraiment la clarté ici est variable, comme la température. Je souhaite vraiment que les Écossais et les Anglais se soient entendu au départ sur cette question cruciale, ce qu'on avait pas fait au Canada, pays de la démocratie claire et distincte!

  • Raymond Saint-Arnaud - Inscrit 3 septembre 2014 13 h 13

    OUI à l'Écosse maître de son destin

    En tant que descendant d'Écossais, je souhaite vivement que l'Écosse devienne un pays indépendant, comme toute nation normale dans le monde.

  • Louise Poulin - Abonnée 3 septembre 2014 15 h 03

    Le juste retour.

    Les écossais avaient une langue une culture qui a été interdites durant des décennies, ont a essayé de leur faire croire qu'ils étaient anglais et on leur a demandé d'oublier leur histoire...je souhaite que le 18 septembre la peuple écossais redevienne un pays.