Nicolas Sarkozy mis en examen pour corruption active

Selon ce que rapportent certains médias français, c’est la première fois dans l’histoire de la Ve République qu’un ancien chef de l’État est en garde à vue. En l'occurrence, Nicolas Sarkozy.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Archives Selon ce que rapportent certains médias français, c’est la première fois dans l’histoire de la Ve République qu’un ancien chef de l’État est en garde à vue. En l'occurrence, Nicolas Sarkozy.

L’ex-président français Nicolas Sarkozy a été mis en examen dans la nuit de mardi à mercredi pour corruption active, trafic d’influence actif et recel de violation du secret professionnel, a annoncé le parquet national financier.


Cette décision est intervenue à l’issue d’une garde à vue d’une quinzaine d’heures, mesure coercitive inédite pour un ancien chef de l’État.


Nicolas Sarkozy avait déjà été mis en examen dans le cadre de l’affaire dite Bettencourt, mais avait bénéficié d’un non lieu dans ce dossier.


L’avocat de Nicolas Sarkozy, Me Thierry Herzog, et le haut magistrat Gilbert Azibert l’avaient précédé dans le bureau des juges, qui leur avaient signifié leur mise en examen dans ce dossier.


«À l’issue de leur garde à vue, MM. Nicolas Sarkozy, Gilbert Azibert et Thierry Herzog ont été présentés aux deux magistrats instructeurs chargés de l’information ouverte contre X le 26 février 2014 des chefs de trafic d’influence et de violation du secret de l’instruction», selon un communiqué à l’AFP du parquet national financier.

«Conformément aux réquisitions du parquet, ils ont été mis en examen. Nicolas Sarkozy, des chefs de recel de violation du secret professionnel, de corruption active, de trafic d’influence actif», selon le communiqué.

«Gérard Azibert, des chefs de recel de violation du secret professionnel, trafic d’influence passif et corruption passive; Thierry Herzog, des chefs de violation du secret professionnel, recel de violation du secret professionnel, corruption active, et trafic d’influence actif», a poursuivi le parquet national financier.

 


La justice cherche à déterminer si Nicolas Sarkozy, via Thierry Herzog, a cherché à obtenir des informations couvertes par le secret dans une décision attendue de la Cour de cassation dans l’affaire Bettencourt. En échange aurait été promise à Gilbert Azibert une intervention pour lui obtenir un poste de prestige à Monaco.


La garde à vue de M. Sarkozy est intervenue au moment où des rumeurs sur la volonté de l’ex-président de renouer avec la vie politique, et notamment de prendre à l’automne la tête du parti conservateur UMP, se font de plus en plus précises.


L’ancien chef de l’État était arrivé tôt mardi matin dans une voiture noire aux vitres teintées, qui s’est engouffrée sous les objectifs des caméras dans le parking de la direction centrale de la police judiciaire à Nanterre, dans la banlieue ouest de Paris.


Une source judiciaire a ensuite indiqué à l’AFP que l’ex-président avait été placé en garde à vue. M. Sarkozy, et avant lui l’ancien président Jacques Chirac, ont pu être inculpés dans des affaires judiciaires, mais jamais une garde à vue n’avait été organisée.