Les Occidentaux restent prudents malgré l’accord

Au terme d’une réunion d’un jour organisée à Genève, les ministres des Affaires étrangères sont arrivés à une entente qui pourrait mener à une possible sortie de crise en Ukraine.
Photo: Agence France-Presse (photo) Jim Bourg Au terme d’une réunion d’un jour organisée à Genève, les ministres des Affaires étrangères sont arrivés à une entente qui pourrait mener à une possible sortie de crise en Ukraine.

Alors que les espoirs étaient très minces, les pays occidentaux et la Russie sont parvenus à s’entendre jeudi à Genève sur une possible sortie de crise en Ukraine. Si le plan prévoit le désarmement des milices prorusses opérant dans l’Est ukrainien, les États membres de l’OTAN ont néanmoins annoncé plus tôt dans la journée un renforcement de leur présence militaire en Pologne et dans les pays baltes.

 

Au terme d’une réunion d’un jour organisée à Genève, les ministres des Affaires étrangères des États-Unis, de l’Union européenne, de l’Ukraine et de la Russie ont convenu que les « groupes armés illégaux » devaient évacuer les bâtiments ainsi que « les rues, les places et autres lieux publics » qu’ils occupent depuis plusieurs jours dans l’est de l’Ukraine.

 

Recours à la force

 

Ils ont également lancé un appel à l’arrêt immédiat des violences en Ukraine. « Toutes les parties doivent s’abstenir d’actions violentes, d’actes d’intimidation ou d’actions provocatrices », affirme la déclaration commune des ministres des Affaires étrangères. Le texte prévoit en outre l’amnistie pour tous les manifestants qui quitteront les lieux occupés, à moins qu’ils aient commis des « crimes capitaux ».

 

Les ministres des Affaires étrangères ont également exigé la mise en oeuvre d’un processus constitutionnel s’accompagnant d’un « large dialogue national » et se sont entendus sur l’envoi d’observateurs de l’Organisation pour la sécurité et de la coopération en Europe (OSCE).

 


Ce plan qui, sur papier, s’attaque aux principaux volets de la crise paraissait hors d’atteinte au début de la journée de jeudi. Avant son adoption, le président russe avait reçu de la Chambre haute le droit d’utiliser ses forces armées en Ukraine. Néanmoins, tant Vladimir Poutine que son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, ont répété que la Russie ne souhaite pas envoyer des troupes chez son voisin du sud-ouest.

 

Le Parlement européen avait quant à lui proposé que l’Union européenne renforce ses sanctions contre des personnalités russes et prépare un train de mesures punitives visant plus directement l’État et l’économie russes.

 

L’annonce d’un accord a été accueillie avec beaucoup de scepticisme par le président américain, Barack Obama. « Je ne pense pas qu’on puisse être sûr de quoi que ce soit à ce stade. La possibilité existe que la diplomatie puisse conduire à une désescalade de la situation », a-t-il déclaré à la Maison-Blanche, ajoutant : « J’espère que nous verrons une application [de l’accord] dans les prochains jours, mais je ne pense pas qu’on puisse compter là-dessus, étant donné ce qu’on a vu dans le passé. »

 

Les bâtiments publics tels que mairies et casernes de police, ainsi que d’autres lieux stratégiques, sont entre les mains de miliciens favorables à un rattachement à la Russie dans plusieurs villes de l’est de l’Ukraine. Cette situation persiste malgré les menaces répétées d’intervention de la part des autorités ukrainiennes et l’envoi de blindés et de chars dans la région. Selon des sources surtout prorusses, plusieurs membres des forces armées auraient changé d’allégeance et se seraient joints aux séparatistes.

 

Appel de l’OTAN

 

Pour sa part, le Canada a annoncé jeudi l’envoi d’avions de combat en Pologne, dans le cadre d’un renforcement des capacités de l’OTAN dans la région de la mer Baltique. Les États-Unis, la Grande-Bretagne, le Danemark, la Pologne, le Portugal et l’Allemagne ont déjà indiqué qu’ils prévoient fournir, par étapes jusqu’à l’automne, des avions de combat afin d’y augmenter le nombre de patrouilles aériennes.

 

La rencontre de Genève constituait la première du genre depuis le début de la crise ukrainienne, fin novembre 2013.

 

En adhérant à l’accord, la Russie peut faire valoir que, contrairement aux soupçons entretenus en Occident, elle ne cherche ni à fomenter des troubles en Ukraine ni à annexer d’autres parties de ce pays, après l’avoir fait avec la Crimée.

 

Pour les pays européens, le plan de sortie de crise adoptée à Genève, s’il tient, a le mérite de rendre inutile l’imposition, contre la Russie, de nouvelles sanctions qui pourraient affecter par ricochet leurs économies.



Avec l’Agence France-Presse, Associated Press et La Presse canadienne

1 commentaire
  • Carole Jean - Inscrite 18 avril 2014 07 h 39

    Harper & Cie nous prépare une belle guerre !


    Le gouvernement Harper qui envoie des avions militaires en Europe, l’OTAN qui veut s’agrandir jusqu’aux frontières de la Russie, des tensions entre les Ukrainiens de l’ouest et ceux de l’est tenus à l’écart du pouvoir (des élections sont prévues pour le 25 mai) dans ce pays unitaire et des négociations entre la Russie et les États-Unis, tout cela peut facilement déraper au cours de l’été.

    Après avoir provoqué le renversement du gouvernement élu en Ukraine en février dernier, en finançant et en encourageant un putsch armé, et par leur agressivité à l'endroit de la Russie en tentant d'isoler ce pays et de l'entourer de missiles, les pays de l'OTAN nous préparent une guerre hégémonique en Europe, laquelle deviendra mondiale quand des pays comme la Chine s'en mêleront.

    Quand l'économie va mal, comme c'est le cas présentement, vous pouvez être certains que les capitalistes financiers vont recourir à ce moyen, maintes fois utilisé dans le passé, pour se sortir du pétrin dans lequel ils nous ont plongés depuis la crise qu'ils ont créée en 2008.
    Préparez-vous en conséquence.