Premier affrontement avec des insurgés

Des activistes pro-Russes s’en sont pris lundi au général Vassyl Kroutov, numéro deux des services de sécurité ukrainiens (SBU) et commandant de « l’opération antiterroriste » (au centre), après que ce dernier eut pris la parole à l’extérieur de l’aéroport de Kramatorsk, près de Slaviansk, dans l’est de l’Ukraine, où des échauffourées auraient fait des blessés.
Photo: Associated Press Sergueï Grits Des activistes pro-Russes s’en sont pris lundi au général Vassyl Kroutov, numéro deux des services de sécurité ukrainiens (SBU) et commandant de « l’opération antiterroriste » (au centre), après que ce dernier eut pris la parole à l’extérieur de l’aéroport de Kramatorsk, près de Slaviansk, dans l’est de l’Ukraine, où des échauffourées auraient fait des blessés.

Des échauffourées ont fait mardi un nombre indéterminé de blessés dans un aéroport de l’est de l’Ukraine, cette région où des militants armés pro-Russes occupent depuis le 7 avril les principaux bâtiments publics dans au moins neuf villes, menaçant le pays d’éclatement.

 

Deux jours avant une importante rencontre internationale prévue à Genève, l’affrontement entre les forces de sécurité ukrainienne et des insurgés à l’aéroport de Kramatorsk semble constituer la première des opérations « d’envergure » que les autorités de Kiev promettent depuis quelques jours.

 

Kramatorsk est située à quelque 160 kilomètres de la frontière avec la Russie, qui a selon l’OTAN massé jusqu’à 40 000 hommes dans la région. Elle se trouve près de Slaviansk, une ville de 129 000 habitants dont les militants pro-Russes semblent avoir presque totalement pris le contrôle samedi dernier.

 

Dans l’espoir de désamorcer la crise, le président par intérim de l’Ukraine, Oleksandre Tourtchinov, a annoncé lundi qu’un référendum allait se tenir le 25 mai, en même temps que l’élection présidentielle. La question portera sur la répartition des pouvoirs entre le gouvernement central et les régions, proposant un genre de fédéralisme décentralisé susceptible d’être acceptable tant pour les russophones de la région que pour Moscou, que les chancelleries occidentales accusent d’être responsable de la crise.

 

Tandis que le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU soulignait l’urgence de « mettre fin à la désinformation, à la propagande et aux incitations à la haine en Ukraine », le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a dit voir la main de Moscou dans l’agitation qui secoue l’est de ce pays.

 

À l’issue d’une réunion des ministres de la Défense de l’Alliance mardi, M. Rasmussen a appelé Moscou à « faire baisser la tension, à retirer ses troupes de la frontière ukrainienne, à cesser de déstabiliser […] l’Ukraine et à dire clairement qu’elle ne soutient pas les actes de violence des séparatistes pro-Russes ».

 

Même si Moscou qualifie d’« absurdes » les affirmations voulant que ce soit la Russie qui déstabilise l’est de l’Ukraine, de nombreux témoins ont signalé la présence d’hommes armés vêtus d’uniformes sans insignes, exactement comme ceux qu’on avait vus en Crimée dans les jours ayant précédé le détachement de cette péninsule d’avec l’Ukraine.

 

Lundi, le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a reproché aux nouvelles autorités au pouvoir à Kiev de vouloir régler la crise par la force sans avoir essayé de dialoguer avec les populations de l’est. Il a affirmé que la Russie voulait que l’Ukraine demeure « unie ».

 

Les ministres des Affaires étrangères européens, ainsi que ceux des États-Unis et de la Russie, doivent se rencontrer jeudi à Genève. Il s’agira des premières négociations internationales sur la crise ukrainienne.

 

Les milices pro-Russes ont pris samedi le contrôle des points stratégiques de Slaviansk. Malgré les menaces de lancement d’une « opération d’envergure », ils se sont emparés lundi d’une nouvelle localité du Dombass, Gorlivka, qui compte quelque 280 000 habitants.

 

La Maison-Blanche a donné mardi son accord tacite à une éventuelle action militaire ukrainienne contre les activistes pro-Russes, qualifiant la situation d’« intenable » pour les autorités de Kiev.

 

Obama et Poutine se sont rejeté la responsabilité de la crise lundi lors d’un entretien téléphonique qualifié de « franc » par la Maison-Blanche.

 

Timochenko appelle à la résistance

 

« La Russie a lancé une véritable guerre dans l’est de l’Ukraine », a lancé mardi l’ex-première ministre ukrainienne, Ioulia Timochenko, appelant à la formation d’un « mouvement de résistance ».

 

L’Union européenne a étendu lundi ses sanctions à de nouvelles personnalités russes et ukrainiennes. Washington et Ottawa envisagent d’en faire autant.

 

La société gazière allemande RWE AG a annoncé mardi qu’elle fournira prochainement du gaz naturel à l’Ukraine pour réduire la dépendance de ce pays à la Russie.

 

Le Canada a boycotté une réunion du Conseil de l’Arctique organisée à Moscou pour protester contre « l’occupation illégale de l’Ukraine » par les troupes russes, selon un communiqué publié mardi. Ce forum rassemblant les pays riverains de l’Arctique (Canada, Danemark, États-Unis, Finlande, Islande, Norvège, Russie et Suède) tenait lundi et mardi dans la capitale russe une réunion de son groupe de travail consacré au réchauffement climatique.


Avec l’Associated Press, l’Agence France-Presse et La Presse canadienne

1 commentaire
  • Nicole Bernier - Inscrite 16 avril 2014 09 h 36

    Encore une fois Harper utilise une autre niveau de conflit pour faire avancer ses chevaux de bataille

    Quelle belle excuse... pour ne rien faire au niveau climatique...

    Des journalistes sur le terrain en Ukraine affirment qu'il y a une nette différence entre les hommes qui ont pris le contrôle (ou protéger les institutions) de la Crimée ou ceux de l'est de l'Ukraine. Il semble que la réaction dans l'est est beaucoup plus désorganisée, il y a moins de discipline, il y a toute une variété de vieux équipements dont les gens semblent peu habilles à manipuler... Il semble que la population dénonce le fait que Kiev n'a fait aucune approche pour réellement indiquer aux Ukrainiens de culture russe (les Québécois du Canada) qu'ils allaient respecter leur spécificité...

    En d'autres mots, encore une fois, comme en Égypte, on parle de terrorisme à tort et à travers...