L’UMP face au poison des affaires

La gauche engluée dans l’une des plus graves crises économiques que le pays ait connue, l’occasion était trop belle ! Le 25 janvier, les ténors de l’UMP avaient conclu un pacte, une trêve qui devaient les conduire à se présenter unis. Rien ne devait perturber la campagne des élections municipales des 23 et 30 mars présentée comme le début de la reconquête du pouvoir.

 

Jean-François Copé en avait fixé l’enjeu : un gain maximum dans les villes moyennes afin de mailler à nouveau le territoire et de préparer au mieux les élections régionales de 2015. Le président de l’UMP comptait au passage redorer son blason et asseoir son autorité sur le mouvement.

 

Mais les campagnes électorales se passent rarement comme prévu. Leur brutalité contribue à faire sauter le vernis et mettre à nu les fissures. L’UMP n’est pas, comme le clame son président, dans la reconquête, car elle n’en a pas fini avec le passé. Elle n’est pas tirée vers le haut mais ramenée vers le bas par les remugles de la défaite de 2012.

 

Les affaires Bygmalion et Buisson renvoient toutes les deux au quinquennat de Nicolas Sarkozy. Elles agissent toutes les deux comme un poison, car elles révèlent, chacune à sa façon, un défaut d’éthique, une absence de hauteur. Il y est question d’argent et de duperie.

 

Bygmalion, c’est le soupçon de surfacturations au profit de la société qui avait organisé les meetings de Nicolas Sarkozy en 2012. À sa tête, deux proches de Jean-François Copé, le président de l’UMP qui ne dissimule pas son ambition présidentielle et montre depuis deux ans qu’il est prêt à tout pour l’assouvir.

 

Au milieu, comme pris en otage, les militants et les sympathisants du mouvement qui ont dû mettre la main à la poche pour renflouer les caisses de l’UMP asséchées par l’invalidation des comptes de campagne de M. Sarkozy.

 

À la fois atterrés et intéressés, les poids lourds de l’UMP font le bilan des deux semaines qui viennent de s’écouler. Deux grandes victimes : Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé. En face, le camp Fillon reprend des couleurs et Alain Juppé se tient en embuscade.

 

Sur le terrain, les élus sentent le FN de nouveau à l’offensive alors qu’en février l’UMP semblait avoir repris l’avantage en brandissant l’étendard de la famille.