Ukraine - Le président défend la sécurité nationale

Le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, a dénoncé mardi les appels à la révolution de l’opposition pro-européenne, les qualifiant de « menace à la sécurité nationale », avant de participer à une tentative de médiation de l’UE et des États-Unis.

 

Après une nuit marquée par des heurts ayant fait des blessés entre manifestants et policiers dans le centre de Kiev, M. Ianoukovitch a reçu ses trois prédécesseurs à la tête de l’État dans ce qu’il a présenté comme un premier pas en vue de pourparlers avec l’opposition.

 

« Les appels à la révolution constituent une menace à la sécurité nationale », a martelé le président au cours d’une rencontre, dans une ambiance feutrée, avec Léonid Kravtchouk, Léonid Koutchma et Viktor Iouchtchenko.

 

Dans un geste en direction des manifestants, il a annoncé avoir demandé la mise en liberté de certains d’entre eux arrêtés après des accrochages avec les forces de l’ordre le 1er décembre et affirmé que son gouvernement continuait de négocier un accord d’association avec l’Union européenne.

 

Une délégation dirigée par le premier vice-premier ministre Sergueï Arbouzov doit se rendre dès mercredi à Bruxelles pour y discuter du partenariat économique que la direction ukrainienne avait refusé d’approuver fin novembre, y préférant un rapprochement avec Moscou et provoquant ainsi la plus forte mobilisation de l’opposition depuis la Révolution orange de 2004.

 

Il a dit espérer un accord avec l’UE « avant mars », tout en estimant que cela dépendait « aussi de la Commission européenne ».


Fermeté

 

Mais M. Ianoukovitch est resté ferme face aux manifestants, qui réclament depuis plus de deux semaines sur la place de l’Indépendance dans la capitale ukrainienne un nouveau pouvoir, jugeant que l’Ukraine, en grave crise économique et financière, avait besoin de stabilité.

 

La nuit de lundi à mardi a été marquée par de nouveaux heurts entre les manifestants et la police qui enlevait les barricades installées dans le quartier gouvernemental pour bloquer le fonctionnement de la présidence et des services du premier ministre.

 

Selon le parti d’opposition Svoboda, dix manifestants ont été blessés par les forces antiémeutes qui ont fait usage de leurs matraques.

 

Dans cette atmosphère tendue, Catherine Ashton, qui dirige la diplomatie européenne, est arrivée à Kiev pour y rencontrer le président, puis, dans la soirée, des représentants de l’opposition.

À voir en vidéo