Ukraine - L’opposition reçoit des appuis de taille

Le ministre des Affaires étrangères de l’Allemagne a visité les manifestants mercredi à Kiev.
Photo: Agence France-Presse (photo) Genya Savilov Le ministre des Affaires étrangères de l’Allemagne a visité les manifestants mercredi à Kiev.

Le chef de la diplomatie allemande, Guido Westerwelle, s’est rendu mercredi à Kiev auprès des manifestants ukrainiens partisans de l’intégration à l’Union européenne qui ont aussi reçu le soutien de trois ex-présidents et du secrétaire d’État américain, John Kerry.

 

Arrivé mercredi soir dans la capitale ukrainienne, qui accueille jeudi et vendredi une réunion de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), M. Westerwelle a aussitôt rencontré les dirigeants de l’opposition dont les deux frères Klitschko, champions du monde du boxe qui s’entraînent en Allemagne.

 

« Nous sommes ici en tant qu’Européens chez les Européens. Les portes de l’Union européenne restent ouvertes. L’Ukraine doit être à bord de l’Europe et les propositions européennes restent d’actualité », a-t-il déclaré après la rencontre avec l’opposition. Accompagné des frères Klitschko, le chef de la diplomatie allemande est ensuite descendu à pied sur la place de l’Indépendance, haut lieu de la Révolution orange de 2004, où ils ont pris un bain de foule.

 

Mercredi matin, le premier ministre ukrainien, Mykola Azarov, a mis en garde l’opposition contre la poursuite de la mobilisation, suscitée par la suspension la semaine dernière du processus d’intégration à l’UE, au profit de la coopération avec Moscou.

 

Solidarité

 

Mais les trois ex-présidents qui se sont succédé à la tête de l’Ukraine depuis son indépendance en 1991 — Léonid Kravtchouk, Léonid Koutchma, parrain politique de l’actuel chef de l’État, et Viktor Iouchtchenko — ont apporté un soutien de poids à la contestation en exprimant dans une lettre ouverte commune leur « solidarité avec les actions pacifiques de centaines de milliers de jeunes Ukrainiens ». Le mouvement « a un soutien sans précédent » dans la société, ont écrit les trois ex-présidents. « Leur attachement au choix européen, aux valeurs démocratique, suscite le respect », ont-ils souligné à propos des manifestants.

 

De son côté, le secrétaire d’État américain, John Kerry, a déclaré en Moldavie que les Ukrainiens devraient avoir « la possibilité de choisir [leur] avenir ». Il a félicité les Moldaves d’avoir paraphé un accord d’association avec l’UE, avant d’ajouter : « Au peuple ukrainien, nous disons la même chose : vous méritez vous aussi [d’avoir] la possibilité de choisir votre avenir. »

 

Le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, a pour sa part soutenu que l’engagement du Canada en faveur du développement démocratique en Ukraine ne se démentira pas.

 

La confiance du parlement

 

Le premier ministre ukrainien a mis en garde mercredi matin contre l’aggravation des tensions à Kiev. Le Parlement a exprimé hier sa confiance dans le gouvernement. C’est un fait que l’opposition et nos partenaires à l’étranger doivent accepter », a déclaré M. Azarov, en ouvrant le Conseil des ministres, le premier depuis la mobilisation de l’opposition dans les rues de Kiev.

 

« J’appelle à arrêter l’escalade de la tension politique », a-t-il déclaré, alors que des manifestants avaient encore tenté mercredi matin de bloquer les accès au siège du gouvernement, en plein centre de Kiev, et continuaient d’occuper la place de l’Indépendance, sur laquelle ont été érigées des barricades.

 

Mardi, le Parlement, dominé par le Parti des régions, a rejeté une motion de défiance dont l’examen avait été imposé sous la pression de la rue.

 

Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères de la Russie, a de son côté dénoncé l’ingérence des pays de l’Alliance atlantique dans les affaires intérieures de l’Ukraine, au lendemain de leurs critiques publiques de l’attitude du pouvoir à Kiev. La déclaration de l’OTAN « envoie un mauvais message » en créant « une vision déformée de la réalité », a-t-il dit à Bruxelles.

 

Le président ukrainien se trouvait quant à lui mercredi en Chine pour une visite officielle qu’il a choisi de ne pas annuler, invoquant les intérêts économiques de l’Ukraine. A Donetsk, ville du bassin houiller de l’est de l’Ukraine et fief de M. Ianoukovitch, quelque 10 000 personnes ont manifesté pour le soutenir. La plupart ont été amenées en car de toute la région, a constaté une journaliste de l’AFP.

 

Dans la capitale, plusieurs milliers de manifestants restaient mercredi sur la place de l’Indépendance où des tentes et des braseros étaient installés pour faire face au froid.

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