Ukraine - Échec d’une motion de défiance contre le gouvernement

L’opposition ukrainienne restait mobilisée mardi malgré le rejet d’une motion de défiance à l’encontre du gouvernement, tenu pour responsable de l’échec de l’intégration européenne et de la répression sans précédent de manifestations pro-européennes.

 

Après le vote, entre 20 000 et 30 000 manifestants se sont réunis sur la place de l’Indépendance, haut lieu de la Révolution orange de 2004. « Je vous appelle à ne pas baisser les bras. Il nous faut un nouveau pouvoir », a lancé le boxeur Vitali Klitschko, l’un des leaders de l’opposition, devant les manifestants.

 

Plus tôt mardi, une motion de défiance contre le premier ministre, Mykola Azarov, et son gouvernement, accusés par l’opposition d’être personnellement responsables des violences policières contre les manifestants et d’avoir « vendu l’Ukraine à la Russie », a été rejetée.

 

Seuls 186 députés ont soutenu la motion proposée par trois groupes de l’opposition, alors qu’une majorité de 226 voix était requise.

 

« Vous avez besoin de bouleversements et l’Ukraine n’a pas besoin de vous. L’Ukraine a besoin de stabilité », a déclaré avant le vote le député partisan du pouvoir en place Volodymyr-Oliïnyk en s’adressant à l’opposition.

 

S’exprimant devant les députés avant le vote, M. Azarov a « demandé pardon » pour les violences policières contre des manifestants samedi à Kiev qui avaient fait des dizaines de blessés.

 

Contrairement à 2004, certaines manifestations ont été violemment réprimées ces derniers jours, ce qui a fait plus de cent blessés dont des policiers, des étudiants et des journalistes.

 

L’ex-président ukrainien Viktor Iouchtchenko, porté au pouvoir par la Révolution orange, a appelé mardi le pouvoir à « engager un dialogue » avec les manifestants dans un entretien avec la télévision russe Dojd. Autrement, « la situation pourrait devenir incontrôlable dans les jours qui viennent », a-t-il prévenu.

 

Le président, Viktor Ianoukovitch, a choisi de quitter l’Ukraine mardi pour une visite d’État de trois jours en Chine où est prévue la signature d’accords économiques.

 

« La situation dans le pays n’est pas très propice aux visites à l’étranger, mais si j’y renonce, c’est l’économie de l’Ukraine qui en souffrira », a-t-il déclaré la veille dans un entretien avec les télévisions ukrainiennes.

 

Cette visite doit être suivie par un déplacement en Russie, pays qui a joué un rôle décisif pour dissuader l’Ukraine de signer l’accord d’association avec l’UE, afin d’y signer une feuille de route de coopération.

 

Le président ukrainien a une nouvelle fois expliqué lundi sa décision. « À quoi nous sert un accord quand on nous accueille et on nous rabaisse ? Je pense que nous ne devons pas céder, nous devons défendre nos propres intérêts. »

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