14 juillet - Hollande veut combattre le «pessimisme» français

François Hollande (à gauche) avec le chef de l'amiral et chef d'état-major des armées françaises Édouard Guillaud lors des célébrations de la fête nationale française.
Photo: Etienne Laurent, Pool AP François Hollande (à gauche) avec le chef de l'amiral et chef d'état-major des armées françaises Édouard Guillaud lors des célébrations de la fête nationale française.

Paris — François Hollande s’est attaché à combattre le « pessimisme » des Français, promettant une reprise économique dans les prochains mois dans un entretien télévisé dimanche après un défilé du 14 juillet qui a célébré la « victoire » au Mali.


Alors que des doutes subsistent jusque dans la majorité sur la ligne politique suivie, le président français, au plus bas dans les sondages, a voulu battre en brèche « le pessimisme » qui caractérise « depuis des années » la France par rapport à ses voisins et même à des « pays en guerre ».


« La reprise, elle est là ! », a assuré le président français, citant notamment « une production industrielle qui repart ». « Il y a l’assurance que le second semestre sera meilleur que le premier », a-t-il fait valoir en dépit du scepticisme général sur l’état de l’économie française.


Pour atteindre son objectif d’inversion de la courbe du chômage d’ici à la fin de l’année (qui touche 11 % de la population active), François Hollande n’a pas présenté de nouvelles mesures, comptant encore sur la montée en puissance des outils mis en place, comme les emplois subventionnés destinés aux jeunes les moins qualifiés.


« Je me bats, je n’invente pas une mesure de plus […] la politique, ce n’est pas de la magie, c’est une volonté, une stratégie, une cohérence », a expliqué M. Hollande qui a appelé ses compatriotes à vaincre leur pessimisme, plus profond que dans « des pays en guerre ».


Ce timide regain de croissance bénéficiera à la France pour relever les défis qui l’attendent « dans les dix ans », avec en premier lieu, gage aux partenaires écologistes, la « transition énergétique ».


Celle-ci ne passera pas par l’exploitation des gaz de schiste, réclamée par l’industrie qui la voit comme un nouvel eldorado, qui est exclue « tant qu’il sera président ».


Interrogé sur un éventuel match retour en 2017 face à Nicolas Sarkozy, qui a remis cette semaine un pied dans l’arène politique, le socialiste a dit ne pas craindre le retour de l’ancien président qui « peut parfaitement être de nouveau candidat ».


La montée du Front national suscite en revanche chez lui une vive inquiétude. Le fait que le parti d’extrême droite se voit comme le « centre » de la vie politique française est d’une « extrême gravité », a-t-il estimé.


Le président français avait commencé la journée de la Fête nationale en présidant le traditionnel défilé militaire sur les Champs-Élysées, à Paris, en présence d’une foule nombreuse.


Soldats maliens et drapeaux des 12 pays africains engagés aux côtés de la France au Mali en tête, panache tricolore de la patrouille de France dans le ciel : le défilé 2013 a été dense et bariolé pour célébrer ce que François Hollande a appelé une « victoire » au Mali.


La France compte encore 3200 soldats dans ce pays, six mois après le début de son intervention.


La foule s’est pressée pour applaudir les troupes françaises de l’opération Serval, mais aussi les avions Rafale, les hélicoptères Tigre, qui se sont illustrés au Mali ou en Afghanistan, et le nouvel avion de transport d’Airbus, l’A400M, vedette du défilé aérien.


Un détachement de la brigade franco-allemande, le général allemand Gert-Johannes Hagemann en tête, a également descendu la célèbre avenue parisienne pour le 50e anniversaire du traité de l’Élysée. Dernier pays à avoir intégré l’Union européenne, la Croatie a participé aux festivités avec un petit détachement derrière des soldats en costumes traditionnels rouge vif.


Invités d’honneur du 14 juillet, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, le président croate, Ivo Josipovic, le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, ont ensuite déjeuné avec François Hollande au palais de l’Elysée, siège de la présidence.

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