Déraillement de train meurtrier en France

Le train est sorti de sa trajectoire à la gare de Bretigny-sur-Orge, au sud de Paris. Le bilan des victimes s’élève jusqu’à maintenant à six personnes.
Photo: Agence France-Presse (photo) Kenzo Tribouillard Le train est sorti de sa trajectoire à la gare de Bretigny-sur-Orge, au sud de Paris. Le bilan des victimes s’élève jusqu’à maintenant à six personnes.

Paris – Un train transportant des centaines de passagers à la veille d’un important congé national a déraillé dans une station au sud de Paris, vendredi.

Au moins six personnes auraient perdu la vie et des dizaines d’autres auraient été blessées. Neuf d’entre eux se trouvaient dans un état critique, a annoncé vendredi le ministre français de l’Intérieur.


Cet accident, qui a eu lieu à Bretigny-sur-Orge, est le plus meurtrier que la France a connu depuis de nombreuses années. Le président François Hollande a d’ailleurs chamboulé son horaire à Paris pour se rendre sur les lieux.


Quelques wagons auraient glissé vers la gare, arrachant une partie du toit métallique qui protège le quai d’embarquement. Des images de la scène diffusées par les chaînes de télévision françaises montrent du métal déformé et des éclats sur le quai, ainsi que des débris provenant de l’impact qui bloquent l’escalier menant sous le quai.


« Le train était méconnaissable. Il n’y avait plus que des débris de tôle », a raconté à l’Associated Press Ben Khelifa, un apprenti en comptabilité de 19 ans. Son train se trouvait sur la voie ferrée adjacente.


« Le train s’est effondré sur le côté, juste comme ça… Il y avait du sang », a-t-il confié. Il a ajouté que lui et d’autres passagers du train voisin sont allés aider les survivants à sortir des wagons accidentés. « Les gens criaient et demandaient où étaient leurs enfants. »


Un autre témoin, Bazgua el-Mehdi, 19 ans, a raconté ce qu’il a vu au journal Le Parisien. « J’ai entendu un gros bruit. Tout s’est perdu dans un nuage de sable. La poussière s’est dissipée. Je pensais que c’était un train de marchandises, mais nous avons alors aperçu les premières victimes. […] Beaucoup de passagers pleuraient dans le train. »


Les autorités n’ont pas confirmé les rumeurs rapportées par certains médias selon lesquelles des passagers seraient toujours coincés à l’intérieur du train. On ignore si toutes les victimes étaient dans le train ou si quelques-unes se trouvaient sur le quai. La vitesse à laquelle roulait l’engin n’est toujours pas connue.


Le directeur de la Société nationale des chemins de fer (SNCF) a parlé d’une « catastrophe » pour décrire l’événement.


Des enquêteurs tentent de déterminer la cause de l’accident. Selon le président de la SNCF, Guillaume Pepy, les troisième et quatrième wagons ont déraillé, puis ont poussé d’autres wagons hors des rails. « Certains wagons ont simplement déraillé, d’autres sont penchés et d’autres ont basculé », a-t-il affirmé.


Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a déclaré que sept personnes étaient considérées comme mortes et que des dizaines d’autres étaient blessées. Il a précisé que le bilan des victimes était en « constante évolution », ce qui laisse croire qu’il pourrait augmenter.


Le train transportait environ 385 passagers quand il a déraillé vendredi vers 17 h 15, heure locale, près de la gare de Bretigny-sur-Orge, à environ 20 kilomètres au sud de Paris.


Le train se dirigeait vers Limoges, située à 400 kilomètres de Paris, soit un trajet d’environ trois heures. Tous les trains en provenance de la gare d’Austerlitz, à Paris, ont été suspendus après l’accident.