France - Polémique sur l’espionnage des communications

Paris — Le gouvernement français a assuré que ses services n’interceptaient pas la totalité des communications en France, démentant une enquête du quotidien Le Monde publiée au moment où Paris exige des explications des États-Unis après les révélations d’Edward Snowden.


« Il n’y a pas que l’État américain qui a développé un gigantesque appareil permettant d’espionner l’ensemble de ses ressortissants, et au-delà. Paris fait de même », écrit encore vendredi Le Monde, au lendemain de révélations selon lesquelles les services secrets français interceptent et stockent pendant des années, en dehors de tout contrôle, la totalité des communications en France.


Les services du premier ministre Jean-marc Ayrault ont qualifié les affirmations du quotidien d’»inexactes ».


« Plusieurs services font des interceptions de sécurité. L’ensemble de ces interceptions sont régies par la loi de 1991. C’est une décision du premier ministre [de procéder à des interceptions] après avis de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité [CNCIS] qui a ensuite le pouvoir de contrôler et de vérifier les interceptions », ont-ils expliqué.


« Il y a une traçabilité de toutes les requêtes », ont assuré les services du premier ministre, tandis que le député socialiste Jean-Jacques Urvoas, co-rapporteur de la mission d’évaluation sur le cadre juridique applicable au services de renseignements, assurait que « les citoyens français ne sont pas soumis à un espionnage massif et permanent en dehors de tout contrôle ».


La mise en cause par Le Monde des services secrets français intervient alors que l’ex-consultant de l’Agence de la sécurité américaine Edward Snowden a donné matière à la publication le week-end dernier de nouvelles informations sur l’espionnage des communications de l’Union européenne par Washington, provoquant la colère des Européens, France et Allemagne en tête.


Selon le Monde, la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) « collecte systématiquement les signaux électromagnétiques émis par les ordinateurs en France, tout comme les flux entre les Français et l’étranger : la totalité de nos communications sont espionnées ».


Le fruit de cette collecte (courriels, SMS, relevés d’appels téléphoniques, Facebook, Twitter…) est ensuite stocké « pendant des années » dans un supercalculateur au siège de la DGSE à Paris.

1 commentaire
  • Jean Martinez - Inscrit 6 juillet 2013 08 h 53

    Et le Canada?

    Pourquoi ces débats se font-ils en toute transparence en France et en Grande-Bretagne, alors que nous ne savons absolument rien de l'activité des services secrets aux Canada?