Nicolas Sarkozy: en coup de vent et à huis clos

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Photo: Jacques Nadeau -Le Devoir Nicolas Sarkozy (photo d'archives)

Nicolas Sarkozy est un homme très occupé, encore très public mais également très … privé. Au moment où ses avocats plaidaient à Bordeaux pour faire annuler sa mise en examen pour abus de faiblesse au dépens de l'héritière de l'empire L'Oréal, l'ancien président français, qu'un retour en politique semble intéresser, donnait jeudi midi une conférence devant un public payant au Palais des congrès de Montréal, avant de s’envoler vers New York, puis vers Londres.

Ses auditeurs avaient déboursé entre 225 $ et 795 $ pour le privilège de l’entendre discuter avec l’ancien ministre canadien Michael Fortier de «l’état de l’économie mondiale», des «perspectives pour l’Europe» et des «nouveaux équilibres qui caractérisent la gouvernance mondiale», comme l’indiquait le site Internet de la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain, organisatrice de l'évènement.

«C’est quand même un leader international qui est toujours très animé, qui s’est bien entouré. Il sera intéressant d’entendre ses prévisions économiques», a dit sous le couvert de l’anonymat un auditeur qui détient la double citoyenneté, canadienne et française. «Je suis venu par curiosité et aussi pour avoir accès à un leader», a dit pour sa part le publicitaire Gaston Aubin.


Richard Nantel, qui oeuvre dans le domaine de la philanthropie, a été attiré par le thème de la conférence: «On n’entend pas très souvent parler de l’économie mondiale. M. Sarkozy a été un observateur privilégié».«C’est un grand homme politique, reconnu comme un bon conférencier, a fait valoir Kristin Gable. Il m’est difficile de dire si je suis une admiratrice. Il a des points de vue controversés, très forts. Il divise l’opinion publique: c’est ce qui rend la vie intéressante.»«Quand des Français viennent ici, ça m’intéresse. Et M. Sarkozy a quelque chose à m’apprendre», considère Fred Arly Kaya, dirigeant d’une entreprise française établie à Montréal.


La presse n'était pas admise dans la salle de conférence à moins de payer le prix d'un des billets restants ($325$), ce que Le Devoir et plusieurs autres médias ont refusé de faire. Comme l'a expliqué une responsable de la sécurité du Palais de congrès, le septième étage de l'établissement était devenu jeudi midi un «espace privé appartenant au client» qui l'avait loué. Nul ne pouvait y demeurer à moins d’avoir fait tchik-a-tchik avec sa carte de crédit. Et ceux qui avaient payé pour voir et entendre l’ancien président français n'avaient le droit d'emporter avec eux ni appareils-photos, ni caméras, ni téléphones intelligents.


Depuis l’automne dernier, Nicolas Sarkozy prononce des conférences devant divers publics. On ne connaît pas la rémunération exigée par l’ex-chef d’État, mais on sait que les personnalités ayant un profil comparable peuvent recevoir plus de 100 000 $ pour une conférence.


Le commanditaire principal de celle de jeudi midi était la Banque Royale. C’est une autre institution financière, la Goldman Sachs de New York, qui devrait organiser le prochain rendez-vous de l’ancien homme politique, lundi à Londres, selon le journal en ligne français Médiapart. Entre-temps, Nicolas Sarkozy devrait rencontrer le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, vendredi dans la métropole américaine.


Nicolas Sarkozy fait l’objet de plusieurs enquêtes en France. Outre l’affaire d’abus de faiblesse au dépens de Liliane Bettencourt, celles-ci portent sur un présumé financement illégal dont sa campagne aurait bénéficié de la part de Mouamar Kadhafi en 2007 et sur le financement de la campagne d’Édouard Balladur en 1995, à laquelle a travaillé Nicolas Sarkozy.


 

Le Devoir



 
3 commentaires
  • Éric Turenne - Inscrit 25 avril 2013 17 h 50

    Le Costard

    Vous nous montrez une photo d'archives j'aimerais voir le costard qu'il portait aujourd'hui lors de son allocution.
    Ca dit tout le costard.

  • Anne-Marie Allaire - Abonnée 25 avril 2013 20 h 39

    CV

    Faut-il rappeler que le Nouvel Observateur indiquait que le cv de l'ancien président, présenté par la Chambre de commerce de Montréal, comportait quelques erreurs dont des ''mentions avec honneur''....C'est tout dire de l'homme et de ceux qui l'emploie.

  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 25 avril 2013 22 h 49

    Conclusion

    "Who care's" ?