L’impasse politique est totale en Italie

Rome — Le président italien Giorgio Napolitano a jugé indispensable vendredi une collaboration entre les partis pour débloquer la crise politique alors que gauche et droite sont lancées dans des pourparlers serrés pour choisir un nouveau chef d’État de « consensus ».

M. Napolitano, 87 ans, a confirmé, en recevant des rapports commandés il y a dix jours à deux groupes de « sages », que sa mission s’achève et que « la parole passe maintenant aux forces politiques et à [son] successeur ».
 
Son septennat arrive à échéance le 15 mai et l’élection du nouveau président est programmée à partir du 18 avril. En Italie, le chef de l’État est élu par une assemblée de grands électeurs (1007 parlementaires et représentants des régions). En général, les partis essayent de s’entendre au préalable sur un candidat qui plaise à tous.
 
Cette semaine, le chef du centre gauche, Pier Luigi Bersani, a rencontré son ennemi juré Silvio Berlusconi, patron de la droite, puis Roberto Maroni, chef de la Ligue du nord et allié du Cavaliere et en coulisses, les contacts sont incessants. Objectif : trouver la perle rare, proche de la gauche (majoritaire en nombre d’électeurs) et pas trop hostile au Cavaliere, qui redoute des condamnations judiciaires dans les prochains mois et pourrait ainsi espérer une grâce présidentielle.
 
« L’élection du président est un passage décisif dans cette phase de crise », a expliqué, le politologue Roberto D’Alimonte, de l’Université LUISS à Rome. Car cette présidentielle coïncide avec une vacance à la tête de l’exécutif, les législatives de fin février n’ayant pas permis de dégager une majorité claire. Dès sa prise de fonction, le président devra s’atteler à la formation d’un gouvernement, après une tentative ratée de M. Bersani fin mars.
 
La coalition de centre droit de Silvio Berlusconi l’emporterait en cas de nouvelles élections si l’impasse politique actuelle débouchait sur une dissolution du Parlement, selon un sondage publié vendredi. Elle récolterait 32,4% des voix, contre 30 % pour la coalition de centre gauche de Pier Luigi Bersani, affirme ce sondage de l’institut SWG. Le Mouvement 5 Etoiles de l’ex-comique Beppe Grillo obtiendrait 24% des suffrages.

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