France - Hollande se fait pourfendeur des paradis fiscaux

François Hollande
Photo: Télé-Québec François Hollande
François Hollande a tenté mercredi de rétablir son autorité présidentielle, mise à mal par le scandale Jérôme Cahuzac, en annonçant une lutte intraitable contre les contribuables fraudeurs et sa volonté d’éradiquer les paradis fiscaux « en Europe et dans le monde ».

Il y a la « nécessité d’une lutte implacable contre les dérives de l’argent, la cupidité et la finance occulte ». « Les paradis fiscaux doivent être éradiqués en Europe et dans le monde parce que c’est la condition pour préserver l’emploi », a déclaré lors d’une conférence de presse impromptue le chef de l’État, à l’issue du Conseil des ministres hebdomadaire.

Au plus bas dans les sondages en France, confronté à des demandes répétées de l’opposition d’un remaniement gouvernemental après les aveux de son ex-ministre du Budget sur sa détention d’un compte bancaire à l’étranger depuis une vingtaine d’années, le président socialiste a voulu afficher sa fermeté.

Le chef de l’État a annoncé que les banques françaises allaient à l’avenir devoir publier la liste de leurs filiales à l’étranger, avec la nature de leurs activités. Il veut que « cette obligation soit également appliquée au niveau de l’Union européenne et demain étendue aux grandes entreprises ».

Sur la moralisation de la vie politique française, François Hollande a exclu tout retour à l’Assemblée nationale de Jérôme Cahuzac comme la loi l’y autorise et comme ce dernier en caresse l’idée selon des sources parlementaires. « Il y a, je pense, une question de conscience », a dit le président, en évoquant les démentis de son ex-ministre au Parlement.

Lors de sa conférence de presse, François Hollande a annoncé « la création d’un parquet financier » pour « agir sur les affaires de corruption » et les « grandes fraudes fiscales ». Une Haute autorité contrôlera le patrimoine et les éventuels conflits d’intérêts des ministres, parlementaires et grands élus, a aussi promis le président.

Il a aussi pris la défense de son ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, accusé par l’opposition d’avoir protégé Jérôme Cahuzac, soumis à sa tutelle. Et tapé du poing sur la table au sujet de ses ministres qui se permettent de remettre en cause sa politique.

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