France - Hollande est confronté à son premier scandale

François Hollande (au centre) mercredi à l’Élysée
Photo: Agence France-Presse (photo) Patrick Kovarik François Hollande (au centre) mercredi à l’Élysée

Le pouvoir de François Hollande fait face à son premier scandale d’ampleur avec la démission contrainte du ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, tandis que les mauvais sondages se multiplient pour l’exécutif qui a été soumis en outre mercredi à une motion de censure de l’opposition.


Cote de popularité en berne, mauvais indicateurs économiques et sociaux avec un chômage touchant plus de 10 % de la population active, couacs de communication en série.... la démission de Jérôme Cahuzac, l’un des piliers du gouvernement, tombe au plus mal.


Même si l’intéressé a de nouveau protesté de son innocence (il est soupçonné d’avoir possédé un compte en Suisse, ce qui va désormais faire l’objet d’une enquête judiciaire), les accusations portées contre lui égratignent sévèrement l’image d’un gouvernement «exemplaire», revendiquée par François Hollande.


Le président français avait annoncé mardi avoir accepté la démission de Jérôme Cahuzac, trois heures après l’annonce par le parquet de l’ouverture d’une information judiciaire pour blanchiment de fraude fiscale sur cette affaire. La police a notamment estimé que Jérôme Cahuzac était bien la personne évoquant la détention d’un compte dans une banque suisse dans un enregistrement téléphonique diffusé en décembre par le site d’information Mediapart.


En agissant vite, le chef de l’État, qui a souligné le «talent et la compétence» de l’ancien ministre, a voulu éviter le pourrissement. À la table du Conseil des ministres mercredi matin, Bernard Cazeneuve, nouveau titulaire du portefeuille, a pris la place de Jérôme Cahuzac.


Bernard Cazeneuve, ancien ministre des Affaires européennes, n’hérite pas d’une mission facile: il devra rapidement reprendre les douloureuses discussions entamées par son prédécesseur avec chacun de ses collègues pour trouver les économies à réaliser afin de continuer à réduire le déficit public alors que la croissance est au point mort.


Dans l’après-midi mercredi, le gouvernement a affronté sa première motion de censure déposée par l’UMP (opposition de droite), requinquée par les déboires de l’exécutif. Sans surprise, elle a été rejetée, les socialistes disposant à eux seuls de la majorité absolue, et n’a obtenu que 229 voix sur 573. Mais cela a permis au président de l’UMP, Jean-François Copé, très affaibli par sa bataille de leadership avec l’ancien premier ministre François Fillon à la fin de l’année dernière, de se positionner en premier opposant à la gauche.


«Quatre engagements pour 2013. Quatre renoncements. Quatre échecs», a-t-il accusé, en reprenant les engagements de François Hollande sur le chômage, la croissance, le déficit public et la relance européenne.


«L’heure de vérité a sonné : ou bien nous refondons notre modèle pour le rendre compétitif dans la guerre économique mondiale en cours, ou bien nous sortirons de l’Histoire», a affirmé M. Copé, accusant le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, de marcher «avec détermination vers l’abîme».

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