Le style du président Hollande est nouveau

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	François Hollande mardi, lors de sa conférence de presse</div>
Photo: Agence France-Presse (photo) Martin Bureau
François Hollande mardi, lors de sa conférence de presse

Pour qui voulait écouter l’intégrale de la conférence de presse du 13 novembre donnée par le président François Hollande après son déroulement, l’entreprise tenait de la gageure. Sur les sites d’information français, les fragments et commentaires abondaient, mais impossible de réécouter la totalité des déclarations du chef de l’État français. Elle n’était présente ni sur les sites d’information, ni même sur le site officiel de la présidence de la République: dans la fenêtre vidéo où la conférence avait été retransmise en direct jusqu’à 19 heures (13 heures à Montréal), le curieux tombait sur une publicité suivie par quatre minutes de logo officiel, sans son, ni message écrit. À croire que les techniciens de la Présidence ne savent pas mettre en ligne l’intégrale des déclarations de leur patron. 

Alors qu’en Amérique du Nord, il est possible de consulter l’intégrale des conférences de Barack Obama, il semble que la conception de l’information à la française soit plutôt celle du saucissonnage et de la fragmentation: deux heures après les faits, il était possible de connaître (à peu près) les grands points de l’intervention du chef de l’État français, à condition de s’intéresser plutôt aux petites phrases qu’aux faits (il y en avait peu, à vrai dire), et à condition aussi d’oublier que François Hollande répondait à des questions - car ces questions ne sont pas reprises sur les sites d’information. 
 
Que les questions aient été impertinentes — celle sur le « president bashing » des débuts du quinquennat — ou plus orientées — la question soupçonneuse d’un journaliste de Mediapart sur la part prise par la présidence français dans l’arrestation et l’extradition d’une militante basque, Aurore Martin —, les réponses de M. Hollande sont restées calmes. Les déclarations se sont portées sur plusieurs sujets «spectaculaires» qui agitent la société française. Le président français déclare ainsi que le vote des étrangers ne justifie pas de référendum pour le moment; que la loi sur le mariage gay est une «loi de liberté»; il s’engage à assurer, d’ici à la fin de son quinquennat, la disparition du cumul des mandats politiques, la fin de l’immunité du chef de l’État, mais aussi l’indépendance (depuis longtemps souhaitée) de la justice. 

L’importance accordée par François Hollande à l’économie a également fait l’objet de plusieurs déclarations. Le président français dit préparer une loi qui, a-t-il promis, «séparera les activités de dépôt, de crédit, que les Français connaissent, qui les rassurent, de celles liées à la spéculation, qui les inquiètent». On peut entendre dans cette déclaration la volonté affirmée de recloisonnement des institutions bancaires, décloisonnées par Reagan et Mulroney dans les années 80 avec les effets que l’on sait de la spéculation sur l’économie mondiale. Il est remarquable qu’un chef d’état européen s’engage aujourd’hui de manière aussi claire sur une voie aussi lourde de signfication sur le plan économique.
4 commentaires
  • Guy Gressens - Inscrit 14 novembre 2012 06 h 06

    Conférence de presse du Président Français

    Pas étonnant que le Canada na pu suivre la conférence, le COCO RICO Français un seul pays au monde la France
    Bien a vous le Canada

    • Christian Fleitz - Inscrit 14 novembre 2012 11 h 39

      Contribution incompréhensible, d'autant que M. Hollande a innové dans l'exercice en ne faisant surtout pas de triomphalisme, mais en faisant preuve de sérieux, de modestie et de la hauteur d'un président qui innove un mode de gouvernance qui tranche avec la politique spectacle de la dernière décennie.

    • Franklin Bernard - Inscrit 14 novembre 2012 18 h 50

      Et ça yest! Mine de rien, voilà le petit cliché francophobe qui refait son apparition.