Hollande dit non aux gaz de schiste

Paris – Le président François Hollande a annoncé hier la fermeture de la plus vieille centrale nucléaire française fin 2016 et le rejet de sept permis d’exploration d’hydrocarbures pouvant déboucher sur l’exploitation de gaz de schiste, des annonces attendues par les écologistes.


«La centrale de Fessenheim, qui est la plus ancienne de notre parc, sera fermée à la fin de l’année 2016 dans des conditions qui garantiront la sécurité des approvisionnements de cette région, la reconversion du site et la préservation de tous les emplois », a expliqué le chef de l’État en ouverture d’une conférence de deux jours sur l’avenir énergétique et environnemental de la France.


Il a rappelé son objectif de réduire la part du nucléaire dans l’électricité produite de 75 % actuellement à 50 % à l’horizon 2025, une de ses promesses de campagne.


Les associations antinucléaires ont salué une décision qui « va dans le bon sens » tout en regrettant une date de fermeture trop tardive. La droite (opposition) a accusé le président de « vouloir mettre à bas » l’atout du nucléaire, par la voix d’un responsable de l’UMP (Union pour un mouvement populaire) Sébastien Huyghe.


Concernant les gaz de schiste, un autre sujet de polémique, le chef de l’État a tranché alors que le premier ministre Jean-Marc Ayrault était resté plus évasif fin août.


«J’ai demandé à Delphine Batho, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, de prononcer sans attendre le rejet de sept demandes de permis déposés auprès de l’État et qui ont légitimement suscité l’inquiétude dans plusieurs régions », a-t-il dit.


«Dans l’état actuel de nos connaissances, personne ne peut affirmer que l’exploitation des gaz et huiles de schiste par fracturation hydraulique, seule technique aujourd’hui connue, est exempte de risques lourds pour la santé et l’environnement », a souligné François Hollande.

 

Aux États-Unis


L’eurodéputé écologiste José Bové s’est réjoui que le président a « sans ambiguïté fermé la porte au gaz de schiste ». « Ca met fin à une cacophonie à la suite des déclarations des industriels, ça met un point final » aux explorations, a-t-il dit.


La méthode dite de fracturation hydraulique consiste à injecter de l’eau et des produits chimiques en grande profondeur, processus accusé de nuire à l’environnement et aux nappes phréatiques. Certains pays l’ont interdite.


Depuis 2008, cette technique combinée au forage à l’horizontale a permis d’exploiter les immenses réserves d’hydrocarbures contenues dans les vastes gisements de schiste aux États-Unis, déclenchant un véritable boom gazier et pétrolier. Selon une étude du cabinet SIA Conseil, l’exploitation des gaz de schiste pourrait permettre de créer au moins 100 000 emplois en France d’ici à 2020.


François Hollande a aussi indiqué que la France était « disponible » pour accueillir la conférence de l’ONU sur le climat en 2015, date à laquelle doit être conclu le futur accord global pour tenter de contenir à +2˚C le réchauffement global de la planète.


«La crise écologique, ce n’est pas une crise de plus, elle s’inscrit dans la crise globale », a-t-il dit.


Environ 300 personnes participent à la conférence sur l’environnement à Paris dont plusieurs ministres, des industriels, des élus et des figures de l’écologie française comme Nicolas Hulot.


Qualifié de « vrai test » par Greenpeace, ce rendez-vous doit relancer le dialogue environnemental entre gouvernement, ONG, syndicats, employeurs et élus. Et fixer une nouvelle feuille de route « verte », cinq ans après une exercice similaire appelé le « Grenelle de l’environnement ».


La table ronde sur l’énergie s’annonce comme électrique avec au menu des sujets particulièrement sensibles comme le nucléaire, les gaz de schiste ou les forages pétroliers offshore.

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