Présidentielle française: les derniers grands rassemblements

Le président sortant Nicolas Sarkozy a lancé un appel au «sursaut national», confiant de remporter la victoire dimanche malgré les sondages défavorables, alors que le candidat socialiste François Hollande a affirmé que  «la gauche est là, prête à diriger le pays».

Les deux hommes tenaient aujourd'hui leur dernier grand rassemblement de campagne.

Pour sa part, le candidat centriste François Bayrou a annoncé qu'il votera socialiste dimanche, à titre personnel, sans en faire une consigne auprès de ses partisans.

Sarkozy veut faire mentir sondeurs et médias

Lors de son dernier rassemblement de campagne à Toulon, le président sortant a appelé à un "sursaut national" pour lui permettre d'accéder à "la plus belle victoire qui soit".

Le président-candidat a rendu hommage à "la France qui travaille", adressant un avertissement aux sondeurs et aux médias, qui donnent son adversaire socialiste François Hollande gagnant du scrutin de dimanche.

"Messieurs les observateurs, observez-la bien, elle est souterraine mais je la sens monter, parce que la France qui travaille, au moment des élections, elle se déplace en masse pour faire son devoir, et elle ne se laissera pas faire, la France qui travaille", a-t-il clamé.

"Voici le temps du sursaut national qui, partant des profondeurs du pays, va permettre au peuple de France de s'élancer vers l'avenir", a espéré Nicolas Sarkozy.

"Nous, le peuple français, nous avons rendez-vous avec l'histoire, nous avons rendez-vous avec l'avenir, voilà ce que vous direz dans les urnes le 6 mai", a-t-il lancé à ses partisans, qui ont alors entonné "On va gagner, on va gagner!".

"Nous allons construire l'immense vague qui va submerger tous ceux qui ne connaissent rien au peuple de France", a-t-il promis.

Hollande: une «mobilisation sans retenue»

Pour sa part, François Hollande a tenu son dernier grand rassemblement à Toulouse, affirmant que "la gauche est là, prête à diriger le pays".

François Hollande a rendu hommage à cette "ville souffrante", évoquant l'explosion de l'usine AZF en septembre 2001, mais aussi la série de meurtres perpétrée en mars contre des militaires et dans une école juive.

L'ex-premier ministre Lionel Jospin, éliminé au premier tour de la présidentielle en 2002, a précédé François Hollande sur scène.

Saluant l'action de M. Jospin à la tête du gouvernement de la gauche plurielle de 1997 à 2002, M. Hollande a souhaité que sa possible victoire, dimanche prochain, lave l'affront du 21 avril 2002, où Jean-Marie Le Pen, du Front national, avait recueilli plus de voix que Lionel Jospin, se qualifiant ainsi pour le second tour.

"Si nous l'emportons, et nous l'emporterons le 6 mai, je veux que ça efface le souvenir cruel du 21 avril 2002", a lancé François Hollande.

"Nous avons toutes les conditions pour l'emporter et en même temps rien n'est fait, rien n'est acquis, rien n'est conquis, rien n'est décidé", a mis en garde le favori des sondages, en appelant à "une mobilisation sans retenue".

Évoquant "des électeurs indécis encore trop nombreux", il a dit espérer que le débat télévisé de la veille les ait convaincus.

"Quand on a été un président de l'échec, on ne peut pas être un candidat de l'espoir", a asséné le candidat socialiste. François Hollande a exhorté ses partisans à lui "exprimer bien en face" ce qu'ils ont à lui dire en se rendant aux urnes en grand nombre dimanche. "La victoire, vous allez l'arracher des mains de la droite pour l'offrir au peuple tout entier!" a-t-il lancé, se posant une nouvelle fois en rassembleur.

Bayrou: le refus de l'indécision

Pour sa part, le candidat centriste au premier tour, François Bayrou, a annoncé qu'à titre personnel, il voterait pour le socialiste François Hollande au second tour.

"Je ne veux pas voter blanc, cela serait de l'indécision", a déclaré le président du MoDem, au cours d'une conférence de presse au quartier général de campagne de son parti, à l'issue d'une réunion de son comité stratégique de campagne.

"Reste le vote pour François Hollande; c'est le choix que je fais", a-t-il affirmé, tout en refusant de donner une "consigne générale de vote" à ses partisans. Il a invité ses électeurs à s'exprimer selon leur conscience.

M. Bayrou a justifié son choix par la ligne "violente" adoptée par Nicolas Sarkozy entre les deux tours pour attirer les voix des électeurs du Front national.

Le président-candidat "s'est livré à une course-poursuite avec l'extrême droite dans laquelle nous ne retrouvons pas nos valeurs", a expliqué M. Bayrou.

Argent versé à la campagne de Sarkozy: l'ex premier ministre libyen confirme

Enfin, l'ancien premier ministre libyen Baghdadi Mahmoudi a confirmé le financement de la campagne électorale de 2007 du président français Nicolas Sarkozy par le régime de Mouammar Kadhafi, a déclaré son avocat aujourd'hui.

Lors d'un entretien téléphonique avec l'Associated Press, l'avocat Béchir Essid a déclaré que cette question avait été évoquée avec son client depuis déjà quatre mois, lorsqu'il lui a rendu visite en prison pour examiner les moyens d'assurer sa défense.

Incarcéré depuis plus d'un an dans la prison de Mornag, près de Tunis, pour "franchissement illégal de la frontière", l'ancien premier ministre libyen est sous le coup d'une extradition décidée par la justice tunisienne. Selon son avocat, il craint d'être livré aux nouvelles autorités libyennes "en raison probablement des secrets qu'il détient".

"M. Mahmoudi était peiné et perplexe de voir M. Sarkozy s'en prendre au régime libyen (déchu) et être l'instigateur de l'offensive de l'OTAN contre son pays, alors que, disait-il, nous l'avons aidé et contribué à sa réussite" électorale, a relaté l'avocat.

Baghdadi Mahmoudi a déclaré à son avocat que "l'opération (de financement) a bien eu lieu", confirmant l'existence d'un document signé par l'ancien chef du renseignement libyen, Moussa Koussa, dans le cadre de "la valise africaine", en notant que le montant se situait aux environs de 50 millions d'euros.