Tueries de Toulouse et Montauban - Pouvoir et police français se défendent devant les critiques

Minute de silence observée hier place du Capitole, à Toulouse.<br />
Photo: Agence Reuters Jean-Philippe Arles Minute de silence observée hier place du Capitole, à Toulouse.
Le renseignement intérieur est accusé de n'avoir pas été en mesure de prévenir les actes de Mohamed Merah, ce jeune Français de 23 ans, connu de leurs services pour avoir effectué un voyage en Afghanistan en 2010 et un au Pakistan en 2011, où s'entraînent les candidats au djihad.

Son chef, Bernard Squarcini a assuré au journal Le Monde qu'il était «impossible» d'aller plus vite pour l'arrêter et empêcher au moins la troisième série d'assassinats, celle de l'école juive de Toulouse le 19 mars, où un adulte et trois enfants ont péri.

Au début de l'enquête sur les meurtres de trois militaires quelques jours plus tôt par le même homme se déplaçant en scooter, «tout le monde est dans le brouillard» et le nom de Merah n'apparaît pas, a-t-il expliqué.

Les services de renseignement avaient pourtant placé le jeune homme sous surveillance après ses séjours en Afghanistan et au Pakistan, effectués hors de toute filière connue.

Convoqué en novembre 2011 pour s'expliquer sur ses voyages, il avait su tromper la vigilance du policier qui l'interrogeait, selon Bernard Squarcini. «C'est un Janus, quelqu'un qui a une double face», a-t-il estimé. Son parcours «relève davantage d'un parcours médical et de fanatisme que d'un simple parcours djihadiste».

Mohamed Merah, d'origine algérienne, avait eu affaire à la justice pour des faits de petite délinquance, ce qui lui vaudra 18 mois de prison en 2008-2009.

Selon ses déclarations faites à un policier pendant le siège, il «s'est autoradicalisé en prison, tout seul, en lisant le Coran [...] Il n'y a aucune appartenance à un réseau», rapporte M. Squarcini.

Salafisme

Quelques personnes de son entourage se réclamaient cependant du salafisme, la branche la plus rigoriste de l'islam. «Le fait d'appartenir à une organisation salafiste n'est pas en soi un délit», a souligné le premier ministre François Fillon.

Mohamed Merah a aussi affirmé avoir été formé par al-Qaïda au Waziristan en 2011. Un entraînement qui, selon lui, aurait été délivré «par une seule personne. Et pas dans les centres de formation», rapporte Bernard Squarcini.

François Fillon a encore indiqué que Mohamed Merah, qui figurait sur la liste noire des personnes interdites de vol aux États-Unis, était aussi inscrit en France sur la liste des personnes à surveiller en cas de déplacement. Mais «il ne s'est pas déplacé», a-t-il fait valoir.

Un assaut précipité?

Autre front pour l'exécutif et la police, les médias s'interrogeaient aussi hier sur la gestion de l'assaut de Toulouse par la police, qui a échoué à capturer le suspect vivant, malgré les 30 heures de siège dont elle a disposé, afin qu'il puisse être jugé comme le voulait le gouvernement.

«Stupidité»

Pourquoi l'ordre «politique» a été donné d'intervenir jeudi matin? Pourquoi était-il devenu si urgent de ne plus attendre? Les conditions de cet assaut par l'unité d'élite de la police, le RAID, sont aussi critiquées par l'ancien chef de l'unité de gendarmerie rivale, le GIGN, Christian Prouteau, qui a critiqué une opération «menée sans schéma tactique précis».

En Israël, où ont été inhumées quatre victimes du tueur, d'ex-responsables de la sécurité ont fait la leçon à leurs homologues français. «Qui attend 30 heures quand il n'y a pas d'otages ? Toute l'opération ressemble à une démonstration de stupidité», assène Alik Ron, ancien chef de l'unité d'intervention de la police israélienne dans le quotidien Maariv.

«C'est une opération qui est à l'honneur de nos services», a répondu hier Amaury de Hauteclocque, le chef du RAID. Il a dit son soulagement de ne déplorer que quatre blessés dans ses rangs, au vu de l'intensité des tirs.

À Toulouse, l'enquête se poursuivait pour déterminer d'éventuelles complicités.
2 commentaires
  • M. Miclot - Inscrit 25 mars 2012 10 h 56

    Vive le terrorisme !!

    Le terroirsme a bon dos en Occident, Le prix de l'essence atteint des sommets , c'est la faute au terrorisme. L'économie bat l'aile , encore la faute au terrorisme. Et pendant ce temps les boni pleuvent sur les favorisés, les banques font des affaires d'or. Si le terrorisme n'existait pas , il faudrait l'inventer. Mais à bien y penser peut-être que...

  • André Michaud - Inscrit 25 mars 2012 11 h 52

    Le terrorisme existe

    Le terrorisme existe bel et bien. Pas besoin de l'Inventer..

    Il est dû aux croyances de certains qui n'ont aucun doute sur leur mission.

    Ils croient tous se sacrifier pour le bien du troupeau d'inconscients que sont pour eux leurs concitoyens..quel mépris!

    que ce soit les islamistes, les felquistes, l'IRA etc... Pour eux poser des bombes ou assassiner est la voie à suivre parce que la démocratie n'est pas de leur bord, et que les citoyens refusent de les suivre..

    Il ne faut pas voir des terroristes partout, mais il ne faut pas non plus nier que c'est un grave problème..et qu'il faut agir.