Élections législatives françaises - La candidate socialiste fait campagne à Montréal

La campagne électorale française s’est transportée au Canada, n’en déplaise à Ottawa. À cinq mois des élections législatives, Corinne Narassiguin, la candidate du Parti socialiste (PS) dans la 1re circonscription des Français de l’étranger, a échangé hier avec des dizaines de sympathisants dans un restaurant montréalais.

Le gouvernement de Stephen Harper ne digère toujours pas que le Canada fasse partie de l’une des 11 nouvelles circonscriptions extraterritoriales françaises, en l’occurrence la «1re» qui embrasse l’Amérique du Nord. L’ambassadeur de France à Ottawa a été convoqué il y a trois semaines par des représentants canadiens afin qu’il prenne acte de «la déception [du gouvernement fédéral] quant à la décision du gouvernement français d’ignorer cette politique canadienne».

Ottawa refuse ainsi de permettre aux 70 000 citoyens français établis au pays — dont 40 000 dans la métropole québécoise — d’élire leur propre député au nom du sacro-saint principe de la souveraineté du Canada, ce qui n’a toutefois pas empêché la spécialiste du risque à la banque Citigroup de faire campagne hier pour une quatrième fois en territoire canadien.

Corinne Narassiguin estime que la position canadienne «risque» de freiner le taux de participation des électeurs établis au Canada aux législatives de juin. «J’espère que les négociations [entre la France et le Canada] se dérouleront le mieux possible, mais surtout qu’on arrivera à communiquer au maximum de gens le fait qu’ils peuvent voter à distance», a-t-elle affirmé, faisant allusion au vote par correspondance et par Internet.

La New-Yorkaise d’adoption a fait remarquer que des élus français «habitent déjà au Canada», des membres du Sénat et de l’Assemblée des Français de l’Étranger, sans que le moindre cas d’ingérence dans les affaires canadiennes ait été porté à l’attention du public.

Si elle est élue, la candidate socialiste se gardera de sauter dans l’arène politique canadienne. Elle prendra à bras-le-corps les «questions qui relèvent vraiment de la législation française, qui peuvent être à négocier avec le Canada», a-t-elle assuré, aux côtés de son candidat suppléant, Cyrille Giraud, d’Europe Écologie Les Verts. Corinne Narassiguin a notamment cité en exemples l’accès à l’éducation française, l’accès à la culture française, la mobilité des étudiants entre l’Amérique du Nord et l’Hexagone et l’arrimage des systèmes de retraite canadien et français pour des personnes ayant travaillé des deux côtés de l’Atlantique.

L’Union pour un mouvement populaire (UMP) a quant à elle désigné le secrétaire d’État au commerce, Frédéric Lefebvre, pour arracher la 1re circonscription des Français de l’étranger.
6 commentaires
  • tohi1938 - Inscrit 31 janvier 2012 08 h 59

    Nul ne peut servir deux maîtres!

    Le mieux, dit-on est l'ennemi du bien. Encourager et ou autoriser des étrangers à participer à leur milieu de vie est tout à fait correct, par exemple pour les élections municipales ou scolaires.
    Mais là où le bât blesse, c'est lorsque ces droits touchent une composante internationale, comme la souveraineté d'un état.
    Par conséquent, la seule façon de régler les ambiguïtés posées par une double allégeance, est de n'avoir qu'une nationalité et une seule.
    La situation actuelle permettant même à des élus au fédéral et au provincial d'avoir une double citoyenneté (française et canadienne) comme Louise Baudouin, Thomas Mulcair, Stéphane Dion parmi les plus connus est une aberration à laquelle il importe de mettre fin.
    Que des Français dont la seule nationalité est française votent dans le cadre de leurs élections nationales, bien sûr, il n'y a rien de plus normal, ne serait-ce que par le biais de l'internet.
    Et, réciproquement, si le fédéral souhaite faire des économies qu'il cesse de contribuer au bien-être des bi-nationaux qui ne se réclament du Canada que pour tenter de se tirer d'un mauvais pas comme ce fût le cas avec tous les Libanais qu'il a fallu rapatrier à grands frais et qui sont repartis chez eux au plus vite par la suite.
    La citoyenneté canadienne ne devrait pas être accordée s'il n'y a pas renonciation à la citoyenneté d'origine.

  • Gérard Lépine - Inscrit 31 janvier 2012 10 h 46

    bi-national?

    Il y a toujours eu des bi-nationaux, j'ai moi-même voté au Consulat un dimanche pour un certain François Mitterand qui se présentait contre Giscard d'Estaing (qui nous avait visité à la Chambre de Commerce bi de Montréal). So WHAT?
    Et Jacques Parizeau et Bernard Landry, qui possèdent chacun une propriété en France, sont-ils moins souverainistes???
    Certains pays, comme les USA et l'URSS, les ont longtemps refusés, mais la Charte des Nations-Unies le permet expressément, alors?
    Je signale que les Canadiens vivant à l'étranger n'ont pas le droit de vote au Canada, et encore moins au Québec, parce qu'Ottawa refuse obstinément de mettre en place la paperasse nécessaire. C'est CELA qui est anormal!

  • camelot - Inscrit 31 janvier 2012 11 h 42

    À mon sens

    Tous les Québécois de souche sont français de facto. Ils devraient tous posséder le passeport français.

  • Gilles Théberge - Abonné 31 janvier 2012 13 h 49

    Monsieur Lépine est bien chanceux...

    Oui monsieur Lépine est bien chanceux de pouvoir voter. J'échangerais allègrement mon droit de vote pour l'élection fédérale canadienne (dont je n'ai rien à cirer), pour la capacité de voter à l'élection présidentielle de la république.

    Comme le dit Camelot, à son sens, et au mien itou, en tant que Québécois avec dans mon cas comme dans celui de bien d'autres possédant un arbre généalogique franco/français de la racine au bout des feuilles, je devrais avoir le droit de posséder un passeport français...

    Et nous sommes plusieurs à penser ainsi. On peut en avoir un aperçu en suivant le lien : http://www.notrehistoire.net/accueil1.htm

    Est-ce que la candidate sait, qu'il y a des milliers de Québécois qui se réclament de la nationalité française ?

  • NagawiKa - Inscrit 2 février 2012 08 h 50

    Faux débat

    Cette "circonscription est à la base virtuelle et n'a d'autre but que celui de pouvoir faire voter les français (dont je suis) aux élections. C'est tout. C'est virtuel. Il n'est aucunement question de porter atteinte à la souveraineté du Canada. Nous sommes des démocrates de Droite et de Gauche, pas des voyous.
    J'espère sincèrement que nos frères québécois abonderont dans le sens de cet enjeu démocratique.

    Ces critiques d'Ottawa me paraissent complètement aberrantes voire décourageantes quant la vision démocratique du Canada (mais peu surprenantes venant de Harper).

    Beaucoup d'entre nous sont venus vivre ici pour ne pas subir 5 ans durant la politique violente, soumise et alignée du sieur Sarkozy. Si l'on ne peut pas voter, on ne peut pas exister.

    Pourquoi empêcher la démocratie de s'exercer ? En quoi participer à la vie démocratique de sa patrie d'origine constituerait une menace ou un questionnement ?
    Qui veut museler le peuple ?

    C'est ça la vraie question.