France - La candidature de Villepin est accueillie avec scepticisme

Paris — Des réactions sceptiques, voire hostiles ont accueilli hier la candidature de Dominique de Villepin à l'élection présidentielle de 2012 en France, à l'image du socialiste François Hollande, qui se demande s'il ira jusqu'au bout.

L'ancien premier ministre a annoncé dimanche soir sa candidature à l'élection présidentielle du printemps, mu par le désir de «rassembler» ses concitoyens autour d'«une certaine idée de la France».

«Il a surpris son monde», a estimé sur RTL le candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande. «Je ne sais pas exactement si cette candidature ira jusqu'au bout. C'est un homme de conviction, on verra si sa conviction est aussi forte que les pressions qu'il a en ce moment sur son dos», a-t-il souligné.

Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, y voit la marque du vent d'«antisarkozysme» qui souffle à droite et au centre.

À droite, le scepticisme semble l'emporter sur la surprise. «Ses moyens ont réduit comme peau de chagrin. Je ne vois pas comment il pourra aller au bout de sa candidature», a déclaré le ministre des Relations avec le Parlement, Patrick Ollier. «Son parti a fait flop. Ses moyens financiers et humains semblent limités. Et c'est très compliqué de recueillir 500 signatures. Je ne pense pas qu'il puisse mener cette opération à son terme. Cela risque d'être plus dommageable pour son image que d'avoir un vrai impact sur la vie politique française», a-t-il ajouté.

L'un des anciens fidèles de l'ex-premier ministre, le député UMP Jacques Le Guen, est tout aussi féroce. «Sa décision constitue une faute politique et il se disqualifie dans sa capacité à rassembler les Français», a-t-il déclaré. «La crise économique que nous traversons impose à la majorité de se rassembler autour du président de la République.»

Alain Minc, conseiller officieux de Nicolas Sarkozy, a joué les Cassandre sur France Info. «Tout ça se terminera de manière un peu pitoyable pour lui», a-t-il prédit. «Je pense vraiment qu'il sera sur la trajectoire de Michel Debré en 1981: 1 % [des voix].»