Affirmation du ministre de l'Intérieur - La France accueille trop d'«étrangers»

Paris — La France accueille chaque année 200 000 étrangers en situation régulière, et c'est «trop», a estimé hier le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, rappelant son objectif de diminuer en un an de 10 % cette immigration.

«Nous acceptons sur notre sol chaque année 200 000 étrangers en situation régulière. C'est l'équivalent d'une ville comme Rennes [Bretagne], c'est deux fois Perpignan [sud]», a dit le ministre dans l'émission Le Grand rendez-vous Europe 1/I-télé/Le Parisien.

«Moi aussi, je trouve que c'est trop», a dit Guéant auquel on rappelait le point de vue à cet égard de la présidente du Front national (extrême droite), Marine Le Pen. «Pourquoi est-ce trop ? Parce que je souhaite comme le gouvernement, comme le président de la République [Nicolas Sarkozy], que les étrangers qui viennent chez nous soient intégrés, adoptent nos lois, adoptent notre mode de vie», a dit le ministre.

Il a rappelé son «objectif de diminuer en un an de 10 %», de 20 000, cette immigration légale. Et «nous allons tenir cet objectif», a-t-il ajouté. «La France n'est pas fermée, la France n'est pas un pays xénophobe», a dans le même temps martelé M. Guéant.

Par ailleurs, il a dit être opposé à des élections de maires étrangers. Le ministre a critiqué «l'accord du Parti socialiste et des Verts» (opposition), qui «devient le programme du Parti socialiste [et] va plus loin que la proposition de loi qui va être discutée au Sénat puisque cet accord prévoit l'éligibilité».

«Cela veut dire que nous pourrions avoir des maires étrangers. Très franchement, je n'ai pas envie de voir dans le département de la Seine-Saint-Denis [banlieue parisienne] qui a une forte population étrangère, la majorité des maires devenir étrangers», a-t-il dit.

Sur le droit de vote des étrangers, Guéant a rappelé que ce droit était «depuis 1789 indissociable de la nationalité».

«J'ai une autre raison pour être contre ce droit de vote [des étrangers] qui est de circonstance : il y a des sujets plus importants aujourd'hui que celui-là qui se posent à notre pays», a-t-il dit. «C'est un sujet qui peut diviser et le Parti socialiste joue avec le feu», a poursuivi le ministre.

Selon un sondage réalisé par BVA à paraître aujourd'hui dans Le Parisien/Aujourd'hui en France, 61 % des Français sont favorables au vote des étrangers. Cette enquête a été réalisée au téléphone les 25 et 26 novembre sur un échantillon de 980 personnes représentatif de la population française de 18 ans et plus.

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