Mario Monti dévoile son programme de sortie de crise

Les forces de l’ordre sont intervenues hier à Milan, où des milliers d’Italiens manifestaient.
Photo: Agence Reuters Les forces de l’ordre sont intervenues hier à Milan, où des milliers d’Italiens manifestaient.

Alors que le nouveau premier ministre, Mario Monti, dévoilait hier son programme pour sortir l'Italie du marasme, des milliers de personnes manifestaient dans plusieurs villes italiennes pour protester contre «le gouvernement des banquiers» formé par Monti pour éviter au pays de crouler sous son endettement.

À Milan, la capitale économique du pays, les étudiants ont lancé des pétards pour tenter de briser le cordon de police les empêchant d'avancer vers l'université Bocconi, présidée par Mario Monti et devenue le symbole de son «cabinet de techniciens».

La police a répliqué à coups de matraque. À Turin, des affrontements ont eu lieu entre les forces de l'ordre et certains membres du cortège, fort de plusieurs milliers de personnes.

D'autres manifestations ont eu lieu à Rome, Palerme et Bari. Les étudiants ont défilé devant les universités où certains ministres de Monti enseignaient, des sièges de banques et des centres des impôts.

Le gouvernement Monti est un mélange d'experts universitaires et d'administrateurs d'expérience, tel Corrado Passera, le patron de la première banque de détail italienne, Intesa Sanpaolo. Le fait qu'aucun d'entre eux n'ait jamais été élu au suffrage universel pourrait rendre encore plus injustes, aux yeux de l'opinion publique, les mesures d'austérité promises aux Italiens.

Mario Monti, ancien commissaire européen au Marché intérieur puis à la Concurrence, a présenté hier son programme pour restaurer «la crédibilité» de l'Italie.

Après deux plans d'austérité en juillet et septembre, le nouveau président du Conseil réfléchit d'ores et déjà à de nouvelles mesures de rigueur pour tenir l'objectif d'équilibre budgétaire en 2013. Il pourrait par exemple rétablir la taxe sur l'habitation principale, son absence étant «une anomalie italienne».

M. Monti veut distribuer les efforts de manière «équitable» pour qu'ils soient «mieux acceptés». Il entend donc également réformer le système de retraite qui compte «des privilèges injustifiés», comme les retraites à l'ancienneté (départ à n'importe quel âge après 40 ans de cotisations).

Même démarche pour le marché du travail pour supprimer le fossé entre personnes «trop protégées» et celles qui sont «privées de protections et d'assurance chômage».

Pour l'ex-commissaire européen, l'Italie doit cesser d'être «le maillon faible» de la zone euro et contribuer à éviter une faillite de l'union monétaire à laquelle l'UE «ne pourrait pas survivre».

M. Monti, qui pilotera non seulement le gouvernement, mais aussi le ministère de l'Économie, a promis de tenir les comptes de l'Italie tout en stimulant une croissance, poussive depuis une dizaine d'années. Il a même créé un super-ministère regroupant Développement économique, Infrastructures et Transports.


Avec Reuters

À voir en vidéo