L'ex-président veut revenir au Kremlin dans six mois - Le camp de Poutine puise dans les références à l'URSS

Moscou — Union eurasiatique aux relents d'URSS mardi, éloge du dirigeant soviétique Leonid Brejnev hier: le camp de Vladimir Poutine puise dans les références issues de l'Union soviétique, à six mois de la présidentielle russe qui doit marquer son retour au Kremlin.

L'homme fort du pays se défend, dans un texte publié mardi par le journal Izvestia, de vouloir récréer «l'Union soviétique sous une autre forme», 20 ans après sa disparition, mais sa proposition semble bien le contredire.

Dans cette même tribune, Vladimir Poutine appelle les anciennes républiques à rejoindre l'Union douanière Russie-Kazakhstan-Biélorussie pour former une nouvelle alliance avec une «intégration étroite sur de nouvelles valeurs, politiques et économiques».

«Nous proposons un modèle d'unification puissante et supranationale, capable de devenir l'un des pôles du monde contemporain, écrit-il. Nous avons un but plus ambitieux: aller vers un autre niveau, plus élevé, d'intégration: l'Union eurasiatique», explique-t-il.

La catastrophe

Vladimir Poutine, un ancien officier du KGB qui qualifia en 2005 la chute de l'URSS de «plus grande catastrophe géopolitique» du XXe siècle, est un nostalgique avoué de la puissance de son pays sur la scène internationale et se vante régulièrement de lui avoir redonné une place dans le monde. Et ces discours trouvent un écho certain en Russie, où, selon un sondage au printemps 2011 de l'Académie russe des sciences, seuls 3 % de la population considèrent la disparition de l'Union soviétique comme «un événement positif».

Le camp de l'homme fort de la Russie semble bien assumer un certain héritage soviétique. Jusqu'à déclarer qu'il n'y a aucune honte pour M. Poutine à être comparé, après sa décision de revenir au Kremlin en 2012, à Leonid Brejnev. Le numéro un soviétique, resté au pouvoir pendant 18 ans, jusqu'à sa mort et malgré sa sénilité, est resté pour beaucoup de Russes le symbole d'une période de stagnation.

Ayant accompli deux mandats consécutifs (2000-2008), M. Poutine est devenu premier ministre, laissant le Kremlin à Dmitri Medvedev, un homme de confiance qui s'effacera en 2012. Il est désormais libre de rester à la tête de la Russie pour deux nouveaux mandats de six ans, jusqu'en 2024, et battra la longévité de Brejnev au pouvoir dès 2018.

Le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, n'y voit pas de mal. «On entend souvent "pourquoi revient-il?" En effet, nombreux sont ceux qui parlent d'une brejnevisation de Poutine», a-t-il expliqué, à la chaîne télévisée en ligne Dojd. «Vous savez, Brejnev, ce n'est pas une période négative dans l'histoire de notre pays. C'est un grand plus. Il a posé les fondements de notre économie», a-t-il dit. Selon lui, l'erreur de Brejnev a été de ne pas quitter à temps le pouvoir, alors qu'il était miné par la maladie et la vieillesse.

Dans ce contexte, l'ambition de «modernisation» économique, de lutte contre la corruption, et le penchant libéral affichés depuis son élection en 2008 par le président Dmitri Medvedev semblent relégués au second plan.
3 commentaires
  • Kris13104 - Inscrit 6 octobre 2011 10 h 36

    Vladimir le Terrible....

    L'histoire de la Russie/URSS démontre une constante absolue depuis le 15ème siècle: l'autocratie du pouvoir. Chaque peuple à son génie politique, peut-être que le peuple de Russie a besoin de cette référence, même tempérée par des formes de démocratie.
    Quant au regret de l'URSS, c'est quand même la période pendant laquelle le pays/sous-continent est passé tès rapidement de l'obscurité d'un pays moyen-âgeux au statut de grande puissance mondiale, avec des progrès considérables en matière d'éducation, de santé, de confort.
    Certes, au regard des critères occidentaux de démocratie et de mode de vie, on évoquera les goulags, la dictature du parti unique, le faible niveau des salaires, la pression politique centrale, mais les résultats ne peuvent être éludés- «les faits sont têtus»-.
    De plus, malgré la faiblesse des revenus, chaque citoyen pouvait faire des études supérieures s'il en avait la capacité (même si c'était pour être ensuite récupéré par le système), avoir un emploi et manger à sa faim, bénéficier d'une cohésion sociale, ce qui n'était plus le cas après la libéralisation du pays. La nostalgie se justifie donc et le retour de V. Poutine à la présidence du pays ne va pas modifier ce sentiment.

  • camelot - Inscrit 6 octobre 2011 13 h 55

    Lenninisé

    Il fallait voir Poutine lors de son discours où il s'est fait flatter par le premier ministre. Rides effacées, sourcils épilés, botox sur les lèvres, on croirait voir le frère d'Anne-Marie Losique. Mais il a mieux : les thanathologues qui ont gardé Lénine comme une statue de cire vieille de cent ans.

  • oscar Fortin - Inscrit 7 octobre 2011 08 h 06

    Poutine rebienvenu

    Je suis bien content de voir Poutine reprendre la Présidence de la Russie. C'est un homme au leadership fort qui saura faire un contrepoids politique aux ambitions guerrières de Washington et de l'OTAN. Il m'inspire plus confiance que tous les visages qui se trouvent sur la photo du dernier G8.