Scandale des écoutes téléphoniques - David Cameron se dit «vraiment désolé»

«Il a quitté le pays?!» Au fil de l'après-midi hier, la rumeur a gonflé dans les couloirs de Westminster, avant que les images du décollage du jet privé du magnat australo-américain, diffusées à la télévision, n'apportent une confirmation. Rupert Murdoch s'est bien envolé du Royaume-Uni pour rentrer aux États-Unis.

David Cameron était lui rentré, un peu précipitamment, de son voyage officiel en Afrique. Et, au lieu de partir à la plage comme prévu — le premier jour des vacances parlementaires était officiellement hier — les députés au grand complet se pressaient sur les bancs étroits de la Chambre des communes pour l'écouter tenter de se dépêtrer du scandale Murdoch.

«Je ne savais pas.» Cette phrase est devenue la devise de cette extraordinaire saga, tant elle a été répétée au cours des derniers jours et, curieusement, à chaque fois par des personnes occupant de très hauts niveaux de responsabilités. Sir Paul Stephenson et John Yates, ex-numéros un et deux de Scotland Yard, «ne savaient pas» qu'une partie de leur force était corrompue par News of the World. Rupert et James Murdoch, Rebekah Brooks «ne savaient pas» que les journaux qu'ils dirigeaient usaient à grande échelle de pratiques illégales.

Et le premier ministre n'a pas fait exception. Lui non plus «ne savait pas» qu'Andy Coulson, son chargé de communication, embauché en 2007 et resté à ses côtés jusqu'à sa démission en janvier dernier, pourrait avoir joué un rôle déterminant dans les écoutes illégales pratiquées par News of the World, lorsqu'il dirigeait le journal, entre 2003 et 2007.

Il ne savait pas non plus que Neil Wallis, l'ancien numéro deux de NoW et employé l'an dernier par Scotland Yard comme consultant en communication, avait conseillé «gratuitement et volontairement» Andy Coulson pendant la campagne électorale l'an dernier.

Il ne savait vraiment pas, et ce, en dépit de mises en garde de plusieurs membres de son entourage, mises en garde qui, semble-t-il, ne l'ont jamais atteint. Et pour ne pas savoir, il est «vraiment désolé», a-t-il assuré.

«Si j'avais su...»


Qui plus est, a coquettement expliqué le premier ministre, «j'ai une conception un peu désuète de la présomption d'innocence» et, jusqu'à preuve du contraire, Andy Coulson n'a pas été inculpé (juste arrêté et libéré sous caution) et la qualité de «son travail au 10 Downing Street n'est pas en question».

En revanche, a-t-il assuré aux 648 députés pendus à ses lèvres et qui ponctuaient chacune de ses phrases d'onomatopées diverses et variées quand ce n'était pas de francs hululements, «avec le recul, si j'avais su ce que je sais aujourd'hui, je n'aurais pas embauché Andy Coulson». Et s'il s'avérait que ce dernier ait menti, alors «je présenterai mes plus profondes excuses» au parlement.

Au cours de ce débat, qui a duré plus de sept heures, David Cameron jouait en partie son avenir. Sa position s'est fragilisée jour après jour avec le «torrent de révélations», comme il l'a lui-même qualifié, sur l'ampleur du scandale des écoutes illégales de News of the World, sur les relations douteuses qu'ont entretenu pendant des années les médias, le monde politique et la police.
1 commentaire
  • François Dugal - Inscrit 21 juillet 2011 08 h 49

    Imputabilité

    Y a-t-il quelqu'un d'imputable dans la salle?