Biélorussie - La police arrête des dizaines de manifestants

Les protestataires ont répondu à un appel lancé plus tôt sur des réseaux sociaux, qui consistait, pour cette journée anniversaire, à se rassembler et à applaudir à l'unisson, pour symboliser le mécontentement face au régime de Loukachenko.
Photo: Agence Reuters Les protestataires ont répondu à un appel lancé plus tôt sur des réseaux sociaux, qui consistait, pour cette journée anniversaire, à se rassembler et à applaudir à l'unisson, pour symboliser le mécontentement face au régime de Loukachenko.

Minsk — De nouvelles manifestations hostiles au président Alexandre Loukachenko ont eu lieu en Biélorussie dimanche, jour anniversaire de la fête nationale du pays, où plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées.

Les protestataires ont répondu à un appel lancé plus tôt sur des réseaux sociaux, qui consistait, pour cette journée anniversaire, à se rassembler et à applaudir à l'unisson, pour symboliser le mécontentement face au régime de Loukachenko.

En raison du grand nombre d'effectifs policiers mobilisés et du fait que certains d'entre eux étaient habillés en civil, les forces de l'ordre ont même failli se charger entre eux, symbole de la confusion qui régnait en début de soirée à Minsk.

Poigne de fer

Au pouvoir depuis 1994 dans cette ancienne république soviétique, Alexandre Loukachenko a vigoureusement réprimé le mouvement de contestation contre sa réélection, jugée frauduleuse par ses opposants, en décembre.

Les appels à manifester se sont toutefois multipliés ces dernières semaines sur internet en raison de la profonde crise économique que traverse la Biélorussie du fait de la baisse spectaculaire de sa monnaie.

«Nous voulons que notre pays avance. Nous voulons des élections libres [...] Tous ces manifestants sont pacifiques et ils sont traités avec une grande cruauté», a confié une jeune mère de famille.

Surnommé jadis par l'administration Bush «le dernier dictateur d'Europe», Loukachenko a estimé lors de son discours d'hier que certains habitants tentaient de déstabiliser le pays.

«Des gens essayent de répéter le scénario déjà-vu d'une 'révolution colorée», a-t-il lancé à la foule, en faisant référénce aux mouvements populaires qui ont contribué en 2003 et en 2004 au changement de dirigeants en Ukraine et en Géorgie.

«Ils veulent nous mettre à genoux. Cela n'arrivera pas», a-t-il prévenu.