France - Martine Aubry dévoile ses intentions

Paris — Bientôt la fin du suspense pour Martine Aubry, annoncera aujourd'hui dans sa ville de Lille sa participation à une primaire socialiste dont elle est l'une des favorites.

Fidèle au calendrier fixé sous son égide, la première secrétaire du Parti socialiste s'adressera aux Français le jour de l'ouverture de la période de dépôt des candidatures pour le scrutin qui désignera en octobre le candidat du PS à l'élection présidentielle de 2012.

La fille de Jacques Delors, qui avait lui-même renoncé à briguer l'Élysée en 1995, parlera gare Saint-Sauveur, symbole de la transformation d'anciens sites industriels en lieux culturels à l'initiative de la mairie de Lille, qu'elle dirige depuis 11 ans.

Martine Aubry rejoindra François Hollande, Ségolène Royal, Arnaud Montebourg et Manuel Valls dans un bal des prétendants où le député de Corrèze est pour l'heure le favori des sondages. Martine Aubry avait fait le choix, sans totalement exclure sa propre candidature, de soutenir Dominique Strauss-Kahn, jusqu'à son arrestation à New York le mois dernier pour tentative de viol et son assignation à résidence.

Sa candidature remet en question la gestion de la direction du PS, qui fera l'objet d'un conseil national jeudi. «Si elle est candidate, elle a dit qu'elle se mettrait en retrait de son poste», a dit hier le porte-parole du parti, Benoît Hamon.

Aux yeux de cet «aubryste», l'ambition de Martine Aubry est liée au sort des Français, pas à un désir de puissance. «Martine Aubry a envie, pour les Français, de régler leurs problèmes et pas de jouir du pouvoir comme Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et quelques autres l'ont fait dans le passé», a-t-il dit. «Ce n'est pas une affaire de bonheur personnel, mais la capacité, ou pas, à répondre aux problèmes des Français».

Coïncidence d'agenda, François Hollande sera aujourd'hui dans le Pas-de-Calais, dans le cadre de sa campagne entamée en mars. Mais pas question pour autant de profiter de cette proximité géographique. «On fera ce déplacement, mais il n'y aura pas un mot sur Martine Aubry», dit l'un de ses proches.

À l'orée de la bataille de la primaire, les partisans de François Hollande s'inquiètent de voir un PS prompt à soutenir sa première secrétaire, à l'image du conseil politique où les «aubrystes» sont, selon eux, surreprésentés.

Candidate malheureuse du PS dans la course à l'Élysée en 2007, Ségolène Royal a confirmé dimanche son acte de candidature en assurant avoir compris les erreurs de sa précédente campagne. «Oui, j'ai compris mes erreurs. J'ai appris que je n'ai pas toujours su me faire comprendre, 2012 ne sera pas 2007», a-t-elle dit à Arçais, dans sa région de Poitou-Charentes.