Grande-Bretagne - Référendum sur une réforme du mode de scrutin

Londres — Les Britanniques se prononçaient hier par référendum sur une réforme du mode de scrutin, où le Non devrait largement l'emporter selon les sondages, la seule inconnue étant l'ampleur des dégâts sur la coalition au pouvoir qui s'est déchirée sur la question.

Quelque 46 millions d'électeurs ont à choisir entre le maintien du scrutin majoritaire à un tour pour l'élection des députés ou l'adoption d'un mode de scrutin qui autorise une plus large représentation des petites formations. Au moins 60 % des électeurs devraient voter pour le statu quo, selon deux sondages réalisés cette semaine et publiés dans la presse britannique hier.

Le dépouillement aura lieu aujourd'hui et les résultats seront connus en début de soirée.

Cependant, près d'un an après les législatives qui ont débouché sur le mariage de raison entre conservateurs et libéraux-démocrates dans un gouvernement de coalition, les partenaires au pouvoir se sont entre-déchirés sur le référendum. Les conservateurs faisant campagne pour le Non et les «lib-dém», troisième force politique du pays, défendant le Oui.

Le vice-premier ministre libéral-démocrate, Nick Clegg, a accusé le camp du non de colporter des mensonges.

Le premier ministre conservateur, David Cameron, qui défend le maintien du système actuel «simple, juste et clair», a tenté de minimiser la querelle au sein du gouvernement.

M. Cameron a été contraint d'organiser le référendum conformément à la promesse faite aux «lib-dém» qui en faisaient une condition sine qua non pour participer au gouvernement, après les législatives de mai 2010, où les conservateurs n'étaient pas parvenus à décrocher la majorité absolue.

Si la réforme électorale était adoptée, elle pourrait modifier quelque peu la composition de la Chambre des députés, dominée depuis des décennies par les conservateurs et les travaillistes. Ces derniers, relégués dans l'opposition, sont divisés entre le Non et le Oui.

Dans un système dit alternatif — différent d'un scrutin à la proportionnelle —, l'électeur classe les candidats par ordre de préférence. Si personne ne décroche la majorité absolue, on répartit les voix du candidat le moins bien placé au profit des autres, en effectuant la même opération jusqu'à ce que quelqu'un recueille la majorité absolue. En revanche, dans le système majoritaire à un tour, actuellement en vigueur, le candidat qui obtient le plus de voix est élu.

Ce référendum est le premier organisé au Royaume-Uni depuis 1975, année où les Britanniques étaient appelés à se prononcer pour le maintien ou non dans la communauté économique européenne.