L'ancien premier ministre de France entretient le suspens sur sa candidature à la présidence - De Villepin dévoile son projet

Dominique de Villepin<br />
Photo: Agence France-Presse (photo) Patrick Kovarik Dominique de Villepin

Paris — L'ancien premier ministre français, Dominique de Villepin, a fait un pas de plus vers une candidature à l'élection présidentielle de 2012 en présentant hier son projet pour la France , dont la proposition majeure est un revenu citoyen mensuel.

S'il entend «assumer et incarner» ce projet, Dominique de Villepin, qui a quitté récemment le parti majoritaire UMP et fondé son propre mouvement «République solidaire», n'a pas annoncé une candidature à l'Élysée, estimant que le moment n'était pas venu.

«Le véritable paysage politique va se clarifier au fil des mois», a-t-il déclaré dans un discours de 50 minutes prononcé au Press Club, à Paris. «J'estime que pour être crédible, il faut un projet fort, un projet qui serve les idées de la France.»

«Viendra le temps de l'élection présidentielle. Ce temps n'est pas venu. Les Français ne sont pas au stade de la sélection des joueurs pour le match, donc respectons ce temps», a-t-il ajouté, comparant l'actuelle éclosion de candidatures à une «kermesse de printemps».

À 13 mois du scrutin, Dominique de Villepin, qui a fondé en juin dernier son mouvement République solidaire, doit partager son espace politique avec d'autres candidats potentiels comme le président du Mouvement démocrate, François Bayrou, et l'ancien ministre Jean-Louis Borloo, qui a comme lui décidé de quitter l'UMP pour fédérer le centre. Des appétits que les observateurs regardent se creuser dans le sillage de l'impopularité dans les sondages d'un président Nicolas Sarkozy pas encore candidat à sa propre succession.

Le revenu citoyen

La principale proposition de son programme est la création d'un revenu citoyen de 850 euros par mois pour tous ceux qui ne disposent pas de ressources. Coût du projet: 30 milliards d'euros, financés par la croissance et une hausse des impôts pour les 3 % de Français les plus riches.

Dans son programme présenté comme une alternative à la politique actuelle, Dominique de Villepin juge «pas réaliste» de ramener le déficit public à 3 % du PIB en 2013, comme le prévoit le gouvernement. Il avance la date de 2017.

Le volet économique de son plan prévoit une TVA «3E» (emploi, environnement, exportation) calculée «en fonction des critères écologiques de production». Est prévu en outre un grenelle de l'énergie débouchant sur un référendum consacré à la place des énergies, notamment nucléaire, à l'horizon 2030.

Dominique de Villepin entend par ailleurs créer un statut du citoyen avec obligation de voter, de payer des impôts même de façon symbolique et un service citoyen pour les jeunes de 18 à 25 ans qui effectueront des tâches d'intérêt général.

Sa «refondation des pouvoirs» passe par un gouvernement réduit «à huit ou dix ministères capables d'assumer des décisions fortes et une certaine continuité de l'action», un Parlement réduit d'un tiers, la création de huit grandes régions métropolitaines avec à leur tête un président élu au suffrage universel direct et la création, dans les grandes villes, d'un nouvel échelon de décision, la métropole.

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Avec Reuters