France - Villepin dévoile son projet

Paris — Hypothétique candidat à la présidentielle de 2012 en France, l'ancien premier ministre Dominique de Villepin dit vouloir «incarner» le projet qu'il élabore dans cette perspective, sans se prononcer clairement. Le président du mouvement République solidaire présente son projet politique lors d'une conférence de presse ce matin à Paris.

Dans un entretien aux Échos, Dominique de Villepin, qui a décidé de quitter l'UMP, a laissé planer un doute hier sur sa présence dans la course à l'Élysée. «Quand on présente un projet, on a vocation à l'incarner», a-t-il répondu à la question de savoir si sa candidature «est inéluctable».

Dominique de Villepin repousse l'idée de primaires, un système en vigueur au Parti socialiste et à Europe Écologie-Les Verts. «Nous sommes dans une période où fleurissent toutes sortes de précandidatures ou de fausses candidatures. Ce ballet politique n'a pas grand-chose à voir avec la réalité de ce que sera la présidentielle», dit-il.

«Moi, je suis gaulliste et n'ai donc pas vocation à participer à des primaires», poursuit-il. «Laissons tout cela se décanter et faisons les choses dans le bon ordre. Faire les choses dans le bon ordre, c'est affirmer son indépendance — c'est mon cas —, organiser un parti politique — c'est mon cas —, présenter et défendre un projet — c'est mon cas».

Parmi les idées-forces de son programme, Dominique de Villepin propose l'instauration d'un «revenu citoyen garanti à un niveau de 850 euros pour tout Français qui ne dispose pas de ressources et dégressif au-delà jusqu'à 1500 euros». Ce revenu serait financé par la croissance et une hausse de l'impôt sur le revenu des classes les plus aisées.

L'ancien premier ministre de Jacques Chirac préconise que tous les citoyens participent au paiement de l'impôt, «ne serait-ce que de manière symbolique», et propose l'instauration d'un «service citoyen» obligatoire «pour une période de 12 mois, fractionnable, pour les jeunes, mais aussi ouvert à tous, quelque soit l'âge, afin de remplir des tâches d'intérêt général».

Partisan d'une «véritable refondation», de la politique, il propose aussi un gouvernement limité à une «dizaine de ministères stratégiques» et une réduction du nombre de parlementaires «à 400 députés et 200 sénateurs».