Affaire «Ruby» - L'opposition réclame la démission de Berlusconi

Rome —Des dirigeants de l'opposition de centre gauche ont réclamé hier la démission de Silvio Berlusconi, aux prises avec des affaires de moeurs impliquant des prostituées, dont une qui était mineure au moment des faits.

«Etant donné que la vie privée de Berlusconi est aussi intense, il devrait s'y consacrer exclusivement», a déclaré Pierluigi Bersani, dirigeant de la plus importante formation de l'opposition italienne, le Parti démocrate.

D'autres voix font chorus avec celle de Bersani pour appeler le président du Conseil à démissionner, à la suite de la communication au parlement d'un rapport dans laquelle la justice affirme qu'il a eu des relations sexuelles tarifées avec «un nombre important» de jeunes femmes. «Si le président du Conseil a une once de dignité, il devrait démissionner et se présenter devant les enquêteurs pour répondre de ces accusations infamantes», a déclaré Dario Francheschini, chef du groupe parlementaire du Parti démocrate, devant les députés.

Pour les chefs de file de l'opposition, l'ampleur des accusations et les détails sordides concernant les «soirées» organisées chez Silvio Berlusconi rendent la position du chef du gouvernement intenable et portent sévèrement atteinte à l'image de l'Italie dans le monde.

«Même le grand poète Dante, lorsqu'il dépeignait l'Enfer, n'allait pas aussi loin», s'est indigné Leoluca Orlando, porte-parole du petit Parti des Valeurs (opposition). «Prostitution, mineurs, abus de pouvoir: c'est à vous rendre malade», a résumé Oliviero Diliberto, de la Fédération de gauche.

Les procureurs cherchent à déterminer si Silvio Berlusconi a payé pour avoir des relations sexuelles avec une danseuse de cabaret d'origine marocaine, Karima el Mahroug, alis «Ruby», alors qu'elle était encore mineure au début de l'année dernière.