France - Marine le Pen choque les musulmans

Paris — Marine le Pen, dont la comparaison entre les musulmans qui prient dans la rue et l'Occupation a créé la controverse, a exigé hier l'arrêt de tout financement public pour la construction de mosquées.

La vice-présidente du Front national, qui était l'invitée du Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro, a rejeté l'appel à la construction de mosquées par l'État pour mettre fin à cette pratique.

«Aucun financement public d'une mosquée ni directement, ni indirectement, comme c'est trop souvent le cas», a dit Marine Le Pen, qui brigue la succession de son père à la tête du parti d'extrême droite et espère être présente au second tour de l'élection présidentielle en 2012, forte de bons sondages d'opinion.

«Je pense que les fidèles doivent financer leurs propres mosquées, dont je réclame qu'elles soient modestes et qu'elles ne soient pas ostensibles avec des minarets qui s'élèvent de plus en plus haut», a-t-elle ajouté.

Marine Le Pen a également demandé que soit interdit le financement de la construction de mosquées par des pays «qui ne respectent pas sur leur territoire la liberté religieuse», en faisant référence à l'Arabie saoudite.

Elle a maintenu que les prières dans la rue constituaient une forme d'occupation de l'espace public qui est, selon elle, illégale au regard des lois françaises sur la laïcité.

La majorité et l'opposition ont unanimement dénoncé ces propos qui semblent faire un lien entre les prières de rue et l'Occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale.
4 commentaires
  • Claire-Emilie De Castellane - Inscrite 22 décembre 2010 05 h 39

    Quelques précisions ne sauraient nuire... (1)

    Je suis quelque peu surprise de trouver des informations erronées sur un site comme ledevoir.com que je considère comme intègre.

    Aussi, vais-je apporté quelques précisions (aisément vérifiables sur la toile).

    La polémique concernant les prières islamiques publiques sur le sol de France débute par l'intermédiaire d'un historien du nom de Daniel Lefeuvre sur le plateau de l'émission "C dans l'air" diffusée sur France 5 il y a approximativement un an et demi.

    L'historien y dénonce la confiscation de la rue Myrha située dans le XVIIIe arrondissement de Paris tous les vendredi par des musulmans pour y tenir leur prière.

    Le jour même, l'information est reprise par le "premier blog politique de France" classé à l'extrême-droite.

    La semaine suivante, un adhérent du parti "Debout la République" (parti gaulliste-souverainiste classé à droite) filme la prière en question et diffuse ses images sur un site de partage de vidéos français.

    Quelques jours plus tard, d'autres vidéos seront diffusées par "Riposte laïque" une association d'enseignants classée à gauche démontrant 2 choses importantes:

    -la 1e, les fidèles viennent de toutes la région comme en atteste les plaques d'immatriculation de leurs voitures.

    -La 2e, la préfecture de police de Paris (dépendant du Ministère de l'Intérieur et de la Mairie de Paris) participe au blocage de la rue en apposant des "barrières de sécurité".

    La classe politique française, gênée, s'applique à demeurer silencieuse et la polémique s'éteint avant même d'être née dans les médias "officiels".

    Elle sera même nier par Razzi Hammadi, Secrétaire national du Parti Socialiste au services publics au mois de novembre 2009. Plus que nier, Mr Hammadi qualifiera de mensonge les propos de Marine Le Pen, présente sur le plateau.

    Pourtant, Riposte laïque et le "premier blog politique de France" démontreront par la suite que ce type de prière sont courantes dans plusieurs villes de France.

  • Claire-Emilie De Castellane - Inscrite 22 décembre 2010 05 h 40

    Quelques précisions ne sauraient nuire... (2)

    Enfin, la semaine dernière, Marine Le Pen, actuellement en campagne pour la présidence du Front National, lors d'une réunion publique à Lyon considère les prières publiques comme (je cite, j'y étais!) "une forme d'occupation".

    Je répète: "comme une forme d'occupation" (article indéfini "o" minuscule) et non comme s'en indigne la classe politique française à "l'Occupation" (article défini "o" majuscule en référence aux années troubles que nous connaissons...)


    Pour ce qui concerne le financement des mosquées, Marine Le Pen a intellectuellement encore raison, n'en déplaise.

    La loi de 1905 relative à "la séparation des Eglises et de l'Etat" est claire et sans ambiguïté.

    "La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte" (article 2)

    ...

    Je pense n'avoir rien à ajouter, la loi est limpide!

    Cordialement à toutes et tous,

    CEDC, étudiante franco-québécoise en Science Politique à Lyon, proche du Front National.

  • Claire-Emilie De Castellane - Inscrite 22 décembre 2010 05 h 45

    @MARC TREMBLAY

    Je vous encourage à chercher sur la toile les vidéos relatives aux prières musulmanes de rue (notamment celles de la rue Myrha à Paris) et aussi la dernière conférence de presse de Marine Le Pen sur le sujet disponible sur le site du Front.

    Cordialement,

    CEDC

  • Vladislav Kivepe - Inscrit 22 décembre 2010 11 h 27

    La République Française est une nation démocratique et laïque.

    C’est aux croyants de spiritualités diverses de l’accepter et pas à la république de négocier des aménagements au nom des spécificités de chacune des religions.

    Les massacres des guerres de religions en France font partie d’un héritage collectif douloureux et il est impensable que les futures générations subissent à nouveau ce type de catastrophe sociétale à cause de croyances comme celles des chiites et les sunnites, tout honorable que soient leurs approches spirituelles respectives.

    Est-il besoin de rappeler que l'état actuel des deux courants de l'Islam, le chiisme et le sunnisme, est comparable à ce que le royaume de France a connu entre le 16ème et 17ème siècle entre le Christianisme protestants et catholique.

    Individuellement, les citoyens,( personnes physiques), immensément riches des pays musulmans producteurs de pétrole pourraient aider leurs coreligionnaires à financer des lieux de culte décents et dédiés à l'islam, qu'il soit Chiite ou Sunnite.

    Les financements des états peuvent prêter à la confusion des genres, en particulier en ce qui concerne une éventuelle ingérence au travers l'interprétation d'une extra territorialité des lieux de cultes.

    En attendant pour éviter les prières dans la rue, les églises chrétiennes peuvent partager l'usage des monuments historiques, propriété de la République française, dont l’usage est toléré actuellement pour des cérémonies spirituelles chrétiennes depuis la séparation de l’Eglise et de l’Etat du début du 20ème siècle.

    En plus ça tombe bien, les jours de pratique religieuse ne sont pas les même.