Moody's rend son verdict - L'Irlande subit une sévère décote

Le premier ministre de l’Irlande, Brian Cowen, photographié le 24 novembre, au moment de présenter son plan d’austérité, censé assurer l’avenir du pays.<br />
Photo: Agence France-Presse (photo) Le premier ministre de l’Irlande, Brian Cowen, photographié le 24 novembre, au moment de présenter son plan d’austérité, censé assurer l’avenir du pays.

Dublin — Moody's Investors Service a annoncé hier avoir abaissé de cinq crans sa note souveraine attachée à l'Irlande, qui passe ainsi de Aa2 à Baa1, tout en disant que d'autres abaissements pourraient suivre si Dublin ne parvient pas à stabiliser les paramètres de sa dette.


Le montant de la dette irlandaise a quadruplé depuis la fin de 2007, notamment en raison de l'effondrement du secteur bancaire du pays.

La décision de l'agence de notation Moody's intervient une semaine après celle de Fitch Ratings, qui avait été la première à ne plus accorder de «A» au pays. L'agence Standard & Poor's est désormais la seule à maintenir la note de l'Irlande dans la plus haute catégorie, mais elle a toutefois déjà placé cette note sous surveillance en vue d'un éventuel abaissement.

«Un abaissement était attendu, mais sa sévérité est surprenante. L'Irlande se situe désormais à deux crans de la catégorie spéculative», commente Glas Securities dans une note. Cette décision a fait grimper les rendements de dette irlandaise à 10 ans de 7,5 points de base à 8.522%, et les écarts de dette irlandaise par rapport aux obligations allemandes se sont également creusés de 10 points pour atteindre 551 points de base.

Dans la foulée, les écarts portugais se sont également creusés à 364 points et le franc suisse a touché un plus haut historique contre l'euro, qui s'est par la suite repris.

Moody's avait annoncé jeudi avoir placé la note souveraine de la Grèce sous surveillance avec implication négative, évoquant les incertitudes entourant la capacité du pays à réduire son endettement à des niveaux supportables, et avait évoqué la veille un possible abaissement de la note espagnole.

Standard & Poor's avait de son côté estimé mardi que la note souveraine de la Belgique pouvait être abaissée dans les six mois si la situation de blocage politique persistait et si l'état de la dette ne s'améliorait pas.

Cette série d'abaissements ou d'avertissements lancés par les agences de notation intervient au moment où s'achevait hier un sommet européen de deux jours consacré à la crise de la dette de la zone euro.

Au sujet de l'Irlande, Moody's a souligné que l'abaissement de sa note était la conséquence du passif du secteur bancaire, des incertitudes entourant les perspectives économiques du pays et d'une diminution des marges de manoeuvre financières de l'État.

Alors que l'Irlande a évité la récession au troisième trimestre, affichant une croissance de 0,5 %, Moody's estime que son plan de réduction du déficit de 15 milliards d'euros sur quatre ans devrait peser sur la demande intérieure et sur les perspectives économiques du pays. Le Parlement irlandais a approuvé mercredi le plan de sauvetage de 85 milliards d'euros monté par l'Union européenne et du FMI.

L'Irlande est le deuxième pays de la zone euro qui a dû se tourner cette année vers l'UE et le FMI, la Grèce s'étant vu octroyer un plan d'aide de 110 milliards d'euros en mai dernier.