France - Le couple détenteur d'oeuvres présumées de Picasso clame son innocence

Paris — Le couple détenteur de 271 œuvres présumées du peintre Pablo Picasso saisies par la police le 5 octobre dans leur maison de Mouans-Sartoux, en France, clame son innocence après les révélations du quotidien Libération, confirmées de source policière. Après cette découverte estimée à 60 millions d'euros (près de 81 millions de dollars canadiens), ses héritiers ont déposé une plainte contre X pour «recel».

«Nous ne sommes pas des voleurs, nous n'avons rien à nous reprocher!», a déclaré hier l'épouse de Pierre Le Guennec, l'ancien électricien du peintre, jointe au téléphone par Associated Press. «Il ne faut pas nous accuser de vol.»

«Mes clients sont très surpris d'être accusés de vols», a réagi leur avocate, Evelyne Rees. «Ces oeuvres leur ont été données par Jacqueline Picasso du temps où le couple résidait à Notre-Dame-de-Vie [où l'artiste a résidé à Mougins]». Selon l'avocate, le couple aurait souhaité faire estimer cet ensemble pour «connaître sa valeur». «C'était par rapport à leurs petits-enfants, pour que cela reste dans la famille, ce ne sont pas des experts en art», a-t-elle précisé.

Selon le journal Libération qui a révélé l'affaire, les successeurs de Pablo Picasso ont été contactés en janvier 2010 par un septuagénaire qui avait travaillé comme électricien au domicile du peintre entre 1970 et 1973. Il désire alors faire authentifier un ensemble de collages, de lithographies, de gouaches dont il a envoyé des photos par courrier.

En septembre, cet homme et sa femme rencontrent à Paris Claude Picasso, le fils du peintre et l'administrateur de la succession, et dévoilent 175 pièces inédites qui ne figurent pas à l'inventaire de la succession.

«Claude Picasso était époustouflé, il n'en a pas cru ses yeux, ce qui est le cas de tout le monde», a raconté à l'AP Me Jean-Jacques Neuer, l'avocat des successeurs. «Quand vous avez 271 oeuvres de Picasso jamais vues, jamais inventoriées, c'est quand même quelque chose qui n'est jamais arrivé, c'est complètement invraisemblable!»

Selon Me Jean-Jacques Neuer, les oeuvres auraient été entreposées dans leur garage. «Elles avaient été bien conservées», précise-t-on de source policière. «Cet homme dit que ces oeuvres lui ont été données par Picasso et par sa femme Jacqueline, tout le débat portera là-dessus», a ajouté l'avocat. Selon ses déclarations, l'électricien a travaillé dans plusieurs maisons de l'artiste, y installant même des systèmes d'alarme.

Les oeuvres saisies sont désormais conservées dans les locaux de l'Office central de lutte contre le trafic de biens culturels dans l'attente d'une décision de justice. Celle-ci devra notamment déterminer l'authenticité des oeuvres présumées de l'artiste. «Vu la réaction de la famille, il n'y a pas beaucoup de doutes à avoir», ajoute-t-on de source policière.
3 commentaires
  • jcblao - Inscrit 30 novembre 2010 06 h 54

    Possession vaut propriete

    Les detenteurs de ces oeuvres n'ont pas a prouver leur innocence.D'une il existe une prescription de 30 ans et le droit francais est clair ,sans preuve du contraire , la possession determine la propriete.
    Ceci dit ,il va leur etre difficile de conserver ces "Picasso"
    Plutot que d'imaginer Picasso ou sa femme en faisant cadeau ,on peut croire que familier des residences du peintre ,il soit tombe sur cette manne plus ou moins rangee dans un coin et oubliee.
    Y aura-t-il un arrangement a l'amiable ??

  • clovis simard - Inscrit 30 novembre 2010 07 h 14

    Picasso

    Pour détenir un Picasso il faut être un innoncent ! Il n'a rien à clamer !
    Son geste parle pour lui. Un Picasso: C'est tellement laid !

  • Marc Lemieux - Inscrit 30 novembre 2010 19 h 14

    Picasso inconu?

    N'importent qui sait qu'un Picasso vaut de l'argent à moins d'avoir vécu sur une ile déserte durant 70 ans.

    Ils auraient mieux fait d'avoir eu des Pizarro, c'est moins voyant et plus crédible quand on dit qu'on ne connait rien à l'art =s