Sarkozy s'emporte - « Amis pédophiles, à demain ! »

Nicolas Sarkozy hier au congrès des maires de France.<br />
Photo: Agence Reuters Philippe Wojazer Nicolas Sarkozy hier au congrès des maires de France.

Paris — Le président français, Nicolas Sarkozy, s'est récemment emporté face à des journalistes, provoquant l'un d'eux en le taxant de pédophile pour montrer qu'on ne peut mettre en cause quelqu'un sans preuve, dans un contexte de soupçons de corruption autour d'un marché d'armement.

L'échange entre le président français et la presse, relayé depuis lundi soir par plusieurs sites Internet, a eu lieu en marge du sommet de l'OTAN à Lisbonne vendredi soir.

Au même moment, l'ex-premier ministre Dominique de Villepin venait de relancer, après d'autres, les soupçons de rétrocommissions vers des personnalités de la droite en 1995 dans le cadre d'un contrat de vente de sous-marins au Pakistan. À l'époque, Nicolas Sarkozy était ministre du Budget et porte-parole de la campagne présidentielle du premier ministre d'alors, Édouard Balladur, sur laquelle planent des soupçons de financement illégal potentiellement lié à ces rétrocommissions.

«On est dans un monde de fous», a déclaré le président qui répondait à une question sur le sujet lors de ce briefing off, pour lequel le président ne doit en principe pas être cité comme tel si les journalistes répercutent ses propos. «Il n'y a pas un seul parmi vous qui croit que je vais organiser des commissions et des rétrocommissions sur des sous-marins au Pakistan, c'est incroyable.»

Puis il s'est adressé à un journaliste, dans une démonstration par l'absurde: «Et vous, j'ai rien du tout contre vous. Il semblerait que vous soyez pédophile... Qui me l'a dit? J'en ai l'intime conviction. [...] Pouvez-vous vous justifier?»

Le président a employé encore le mot deux ou trois fois, preuve de sa colère. «Amis pédophiles, à demain!», lance-t-il en quittant les journalistes qu'il allait retrouver le lendemain en conférence de presse.

Depuis qu'il est président, Nicolas Sarkozy s'est laissé aller à quelques insultes inhabituelles dans la bouche d'un chef d'État, la plus célèbre étant le «casse-toi, pauvre con» lancé à une personne qui refusait de lui serrer la main lors d'une visite au salon de l'agriculture.