Quelles seront les contreparties au plan d'aide?

C'est tout l'enjeu de la négociation qui a commencé jeudi, à Dublin, entre les experts de la Commission, de la Banque centrale européenne et du FMI et le gouvernement irlandais. Sur le plan budgétaire, on ne voit pas très bien ce qu'ils pourraient exiger de plus. D'autant que l'Irlande a exclu d'augmenter son impôt sur les sociétés, l'un des plus bas d'Europe, en dépit des pressions de ses partenaires, la France et l'Allemagne au premier rang.

Tout l'effort irlandais devrait donc porter sur la réorganisation en profondeur du secteur bancaire. Il s'agit de «faire en sorte que le système bancaire soit viable et dégraissé», a ainsi expliqué Brian Lenihan, le ministre des Finances irlandais. Certains, en Europe, pensent qu'il faudra aller jusqu'à une nationalisation des banques, ce qui permettrait au moins de «faire prendre une tôle» aux actionnaires. Mais leurs actions ne valent déjà plus grand-chose.

La vraie contrepartie à ce plan d'aide serait, en fait, une restructuration de la dette bancaire, seul moyen de faire supporter une partie des pertes à ceux qui ont prêté de l'argent aux banques et qui sont donc aussi responsables de l'emballement bancaire irlandais. À Bercy, on fait valoir que cette dette étant couverte par la garantie de l'État, cela reviendrait en réalité à restructurer la dette publique. «Et si on commence à jouer avec la dette publique, on prend le risque de la panique et de la contagion», souligne un haut fonctionnaire. Bref, l'Union va sans doute devoir endosser le choix du gouvernement Cowen de sauver sans contrepartie ses banques, pour le plus grand bonheur des détenteurs internationaux d'obligations bancaires...