Après la Grèce, un plan de secours pour l'Irlande

Le premier ministre irlandais, Brian Cowen, a confirmé l’aide de l’UE et du FMI, hier, à Dublin.<br />
Photo: Agence Reuters Cathal McNaughton Le premier ministre irlandais, Brian Cowen, a confirmé l’aide de l’UE et du FMI, hier, à Dublin.

Après la Grèce, voici l'Irlande. L'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) ont accepté de participer à un plan de sauvetage de l'économie irlandaise, après la demande du ministre des Finances, Brian Lenihan, formulée hier midi et approuvée plus tard par le gouvernement.

La rumeur courait depuis quelque temps au sujet de cette demande de l'Irlande, pays de 4,5 millions d'habitants où la crise économique a lourdement affaibli les banques. Une bulle immobilière a éclaté, lors de la crise financière mondiale, et le gouvernement irlandais a déjà dégagé 50 milliards d'euros pour soutenir les institutions financières, ce qui n'a visiblement pas été suffisant. Au contraire, c'est Dublin qui s'est ajouté à l'impasse, faisant grimper son déficit à 32 % de son produit intérieur brut en 2010. La limite prescrite par l'Union européenne est de 3 %. Cette limite devient un objectif du plan d'aide à l'Irlande financé par l'UE, auquel le FMI a ensuite accepté de participer. D'ici 2014, le gouvernement irlandais devra rétablir son économie.

Le ministre des Finances, Brian Lenihan, a reconnu hier qu'il négociait l'entente avec l'UE et le FMI déjà depuis quelque temps, ce que le gouvernement niait encore il y a quelques jours.

En conférence de presse hier soir, le premier ministre, Brian Cowen, a confirmé la réponse positive des organisations, sans préciser les chiffres. «Cette entente devrait se conclure bientôt, au cours des prochaines semaines», a-t-il dit. Des diplomates ont confié à Reuters que les prêts qui seront accordés devraient représenter entre 80 et 90 milliards d'euros. La Grèce, qui est passée par le même chemin au printemps dernier, a bénéficié d'un programme de 110 milliards d'euros. Le premier ministre a ensuite expliqué que le plan de sauvetage visait une réduction du déficit de l'État tout autant qu'une restructuration des banques.

Question de stabilité


La réponse positive des organisations «est justifiée afin de sauvegarder la stabilité financière de l'UE et de la zone euro», ont déclaré les ministres des Finances de la zone euro et de l'UE, par voie de communiqué. On craignait notamment que l'Espagne et le Portugal, deux économies en difficulté depuis plusieurs mois, souffrent à terme de la mauvaise santé économique de l'Irlande.

Le FMI a quant à lui indiqué être prêt à accorder un prêt sur plusieurs années à l'Irlande, saluant la réponse rapide de l'UE. «L'équipe du FMI, qui est actuellement en Irlande pour des entretiens techniques, va maintenant commencer à tenir des discussions rapides sur un programme économique avec les autorités irlandaises, la Commission européenne et la Banque centrale européenne», a dit le directeur général de l'organisation, Dominique Strauss-Kahn. Des prêts bilatéraux pourraient aussi être accordés par des États européens. La Grande-Bretagne et la Suède, bien que non-membres de l'UE, ont déjà indiqué leur volonté de contribuer au plan de relance.

Certains observateurs doutent que le sauvetage de l'Irlande assure plus de stabilité aux économies européennes. «Je pense que cela veut dire que le Portugal sera le prochain [à demander de l'aide], a dit l'économiste portugais Filipe Garcia. J'ignore si cela se produira avant la fin de l'année ou après.» «À court terme, cela devrait être favorable aux prises de risque», prédit quant à lui Peter Chatwell, stratégiste au Crédit Agricole à Londres. «Je ne pense pas que cela permette en aucune manière au Portugal ni peut-être à l'Espagne de sortir de la ligne de mire.» Néanmoins, l'euro était en hausse ce matin à Tokyo.

Signe que la situation inquiète à l'échelle internationale, les plus grandes puissances économiques du monde, les membres du G8, dont le Canada fait partie, se sont rencontrés hier soir pour discuter de la crise irlandaise.

Gouvernement critiqué

Des mesures d'austérité accompagneront le plan de sauvetage, et le gouvernement Cowen a d'ailleurs annoncé que les détails seraient rendus publics demain. Les Irlandais protestent déjà contre cette idée, qui permettra au gouvernement d'économiser 15 millions d'euros, selon les prévisions. Selon les médias irlandais, les mesures pourraient comprendre une réduction du salaire minimum, des allocations familiales et des indemnités aux chômeurs. Les critiques dirigées vers le gouvernement de Brian Cowen sont plus importantes que jamais. Le Sunday Independent titrait en une: «Vous avez menti, vous nous avez laissés tomber. Pour le salut de l'Irlande, partez maintenant.» Le leadership du premier ministre a été remis en question par des membres de son parti hier.

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D'après The Irish Times, l'Agence France-Presse et Reuters
2 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 22 novembre 2010 00 h 50

    C'ÉTAIT LE PARADIS SELON LE DÉPUTÉ BERNIER...

    pas d'impôt pour les compagnies Aie. Je viens de lire un article sur Buffet. Il devrait venir parler à Bernier te ses confrères de l,extrême droite. Mourant le bonhomme Buffet.